Pac et Green DealL'eurodéputé B. Biteau veut aller plus loin dans la réduction des pesticides

| par | Terre-net Média

Dans le cadre du Green Deal, la Commission européenne a dévoilé mi-mai ses stratégies Biodiversité et de la Ferme à l'assiette, deux stratégies dont les ambitions respectives ne semblent pas compatibles, estime le député européen Benoît Biteau (EELV), qui défend une suppression totale des pesticides et des engrais de synthèse et milite pour une Pac qui accompagne davantage les transitions.

Pour le député européen Benoit Biteau (EELV), les objectifs de la stratégie Pour le député européen Benoît Biteau (EELV), les objectifs de la stratégie "Farm to Fork" sont insuffisants pour protéger la biodiversité. (©Terre-net Média)

« Les ambitions portées par les stratégies Farm to fork (de la fourche à la fourchette) et Biodiversité ne sont pas toujours en conformité », a expliqué le député européen Benoît Biteau (EELV), lors d’une visioconférence avec les journalistes de l’Afja, le 26 juin. « La réduction de 50 % des pesticides et des engrais de synthèse sont des objectifs parfaitement atteignables sans impacter la productivité agricole, mais qui ne suffisent pas à enrayer la disparition des oiseaux et insectes », estime l’élu, agriculteur en Charente-Maritime depuis 14 ans. Ils ne permettent pas non plus de réaliser les objectifs de la stratégie Biodiversité, pourtant proposée par la même Commission européenne.

Pour Benoît Biteau, réduire la dose ne résout pas les problèmes en matière de biodiversité. « C’est très réducteur de cantonner la problématique des pesticides à un problème de santé publique, il faut que l’on convoque une approche globale », incluant les effets sur le climat et sur l’environnement, ajoute-t-il. « On ne doit pas continuer sur des voies qui menacent les générations futures, et c’est d’autant plus vrai que l’on a des études qui montrent que c’est possible », insiste l’agriculteur.

L'agro-écologie, un élément de compétitivité

Producteur en agro-écologie, l’homme est « favorable à une suppression totale » des pesticides, s’appuyant sur sa propre expérience ainsi que sur les études « qui montrent que quand on retient des solutions agro-écologiques, on peut s’affranchir des phytos et des engrais de synthèse ». « Je n’ai même pas le Certiphyto, car je n’utilise aucun produit même bio », ajoute-t-il.

Pour lui, le débat sur la productivité est un faux débat. « La raison pour laquelle on continue de dire que les productions en agriculture biologique sont moins productives, c’est parce qu’on veut entrer au chausse-pied les pratiques de l’agriculture conventionnelle dans l’agriculture biologique », souligne-t-il, fustigeant « la comparaison technique, qui consiste à vouloir comparer comment se comporte, avec l’agriculture biologique, un blé issu du catalogue officiel et conçu pour être utilisé avec des pesticides et des engrais : évidemment, en bio, il va faire 50 % de sa productivité ». Avec l’agro-écologie, « on n’est plus sur des logiques où l’on se contente de supprimer les engrais et les pesticides pour avoir les certifications sans rien changer d’autre par ailleurs », c’est tout un système de production à mettre en place, témoigne-t-il, fort de son expérience. Il y a 14 ans, Benoît Biteau a repris l’exploitation familiale, en monoculture de maïs, pour y développer des pratiques agro-écologiques, et y cultive désormais 17 à 18 espèces de grandes cultures destinées à l’alimentation humaine, en intégrant dans son système l’agroforesterie et l’élevage.

Mobiliser davantage la Pac pour cette transition

Pour financer la transition agricole, Benoît Biteau milite pour une rémunération des services environnementaux rendus par les agriculteurs. « Les produits de l’agriculture conventionnelle, que l’on dit pas chers, sont en fait très chers quand on y adosse les coûts externalisés et les solutions curatives engagées avec de l’argent public (ndlr : coûts entraînés par exemple pour protection de l’eau ou de l’air). Il faut mettre sur la table tout l’argent public dont on dispose pour accompagner la transition de l’agriculture, et avec des solutions comme ça, on vient au secours de ces agriculteurs qui n’ont que 350 euros par mois pour vivre », développe-t-il, en s’opposant aux affirmations de la présidente de la FNSEA : « c’est justement quand on est dans le rouge qu’il faut aller dans le vert, pour sortir définitivement du rouge, contrairement à ce que dit Mme Lambert ! »

Si les Ecoschemes avaient pour principe initial de contribuer davantage au verdissement de l’agriculture, pour l’eurodéputé, il ne s’agit que « de la validation des pratiques déjà en place, c’est un habillage qui va servir la communication et non pas les agriculteurs ».

Enfin, si l’augmentation du budget Pac récemment proposée va dans le bon sens, il faut selon lui « changer le cœur du réacteur », à savoir passer d’un principe de distribution des aides à l’hectare à un principe d’aides à l’actif, notamment pour favoriser les installations.

Retrouvez nos articles suite aux rencontres précédentes organisées par l'Afja avec des députés européens spécialistes des problématiques agricoles :
>> Irène Tolleret (LReM) : le Covid, un crash test pour l'agriculture européenne ?
>> Anne Sander (LR) : Covid-19 et agriculture - "Il faut un grand plan de financement pour 2021"

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DÉJÀ 47 RÉACTIONS


titian
Il y a 2 jours
Le principal n'est il pas plutôt de bosser pour sa pomme et comme on l'entend dans son fort intérieur ?
La sainte filière ou l'écologisme on est quand même un sacré paquet à s'en carré l'oignon !
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Massol
Il y a 2 jours
Personne ne t’a demandé de laisser une partie de ta surface.je ne sais pas comment tu bosses et si tu bosse nuit et jour ,je m’en fou royal.par contre si tu as une grande surface,j’espère que tu n’as pas intensifié comme un malade et que tu te retrouves pas en manque d’autonomie,ne me dit pas qu’en plus tu loues des hectares en Amérique du Sud parce que pour toi le mais est un fourrage et non un correcteur énergétique .si tel est le cas tu es dans la m... et pour longtemps .par contre toi contrairement à d’autre tu as des solutions lié à ta surface .c’est toi qui voit c’est tou.bosser pour bosser non pas pour moi.je préfère la valeur ajoutée à la matière première bas de gamme et en grand volume.bon ap
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Maxens
Il y a 2 jours
Donc parce que quelques personnes ne veulent pas bosser de trop, et gagner autant que celui qui bosse, je devrais perdre des terres de famille depuis plusieurs generations, ou perdre de l argent avec...pour quelques envieux et jaloux... tu veux compter ton energie c est ton droit mais vient pas reclamer plus d aide pour cela....le social tue la France et on continue comme cela....super! pauvre France
Et vous êtes toujours dans le poncifs: celui qji en fait pas beaucoup le fait bien et celui qui en fait beaucoup le fait mal....c est faux des gougnafiers il y en a partout ...chez les grosses surfaces et aussi chez les petites surfaces... et peut etre plus chez les petites surfaces
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Massol
Il y a 2 jours
Moi ceux qui veulent travailler sans compter en dépensant plus d’énergie qu’ils n’en produisenot je ne les comprends pas et d’autan plus que plus ils travaillent et plus ils perdent de l’argent au détriment de leur santé et de celle des autres.maxens lit ou relit l’article sur les Civam et comme dit Biteau si on prends l’ensemble des coûts directs et indirect d’une production agricole en France ,il y a de quoi ce poser des questions .
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The germs
Il y a 4 jours
Je préfèrerai un vrai prix pour ma production à la place de ces usines à gaz administrative!
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maxens
Il y a 3 jours
Moi, ceux qui veulent gagner autant que leur voisin, sur 2 fois moins de surface, donc en prenant deux fois moins de risque, que ce soit sur l'éventuel achat de foncier, ou sur les charges à l'hectare, et en travaillant donc deux fois moins, cela m'interpelle toujours, sur l'orientation de non mérite que prend notre société... PAUVRE FRANCE, et on s'étonne de se faire tailler des croupières par l'Europe de l'est.... Maintenant, tous les gaucho écolo, nostalgique du régime communiste de l'URRS de la grande époque, défoulez vous sur les pouces rouges....
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titian
Il y a 3 jours
Non mais c'est pas ça le problème avec lui, souvent dans l'outrance c'est juste le défenseur d'une filière, Bio en l'occurrence ici pour lui et ses sbires...
Pour les paysans de base, eh bien comme à l'accoutumée, les miettes au mieux, ou des molards pour les réfractaires ou même les septiques à leurs idéologie.
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Massol
Il y a 4 jours
N’empêche que vouloir réorienter la pac à l’individu plutôt qu’ a l’hectare me semble beaucoup plus judicieux en matière d’aménagement du territoire et de course à l’agrandissement .cf encore article des Civam et vouloir prendre tous les coûts engendrés par une production me semble aussi une bonne mesure .aujourd’hui quand vous achetez de l’électroménager vous payez une taxe pour son recyclage .globalement j’ignore comment il travaille chez lui,mais j’en connais dans le même système qui ont de très bon résultats et je trouve son analyse Plutôt dans le bon sens pour une agriculture familiale .
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grrr
Il y a 4 jours
sauf que le cursus d'exploitation de ce monsieur existe en agricole que par des recours vraiment très massifs à des fonds publics au travers de définitions de plus déconnectées d'un produit agricole. Les gesticulations et les deals médiatiques apportant des "oboles" en plus appréciable
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rural
Il y a 2 jours
Comment fait- il pour gérer les insectes grosse altise etc qui sont de plus en plus problématique ? beau rdt 30 qx. Il doit avoir un très gros élevage de volaille pour fertiliser toute une ferme avec des fientes.
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