Journée mondiale du laitApli et EMB dénoncent les coulisses de la filière et les désidératas industriels

| par | Terre-net Média

À l'occasion de la journée mondiale du lait ce vendredi 1er juin 2018, l'Apli critique le sort des éleveurs face « aux désidératas des industriels ». L'European Milk Board dénonce pour sa part l'inéquité du secteur subie par les éleveurs, mais aussi entre pays à l'échelle mondiale.

« Le 1er juin, beaucoup de pays célèbrent la journée mondiale du lait en invitant le public à découvrir les coulisses de cet aliment incontournable. En France les gens sont invités à visiter les usines des laiteries. Pourtant, les véritables coulisses du lait acheté et bu quotidiennement par les consommateurs sont bel et bien les producteurs et leurs élevages ! », explique l’Apli à l’occasion de la journée mondiale du lait vendredi 1er juin.

« En 2017, le nombre d’éleveurs laitiers a chuté à 58 462. Derrière la froideur du chiffre il faut imaginer chaque famille d’agriculteurs licenciant et abandonnant des années de travail, des régions désertées et des terres parfois rachetées pour tout autre chose que de l’agriculture – autant dire gâchées. »

Les acheteurs se basent sur les prix du marché. Marché soumis aux règles d’un libéralisme gourmand de productions intensives : plus d’équipements et plus de vaches, pour moins d’exploitations et moins d’Hommes. Ce prix imposé ne permet pas au producteur de se dégager un salaire. Vous comprenez maintenant pourquoi il y a beaucoup plus de lait, mais beaucoup moins de producteurs », poursuit l’association.

« En coulisses donc, des exploitations soumises aux désidératas industriels, un prix du lait qui s’écroule, des exploitations familiales et des emplois ruraux qui disparaissent ; et des surplus de productions phénoménaux qui s’exportent à des prix au ras des pâquerettes sous forme de poudre de lait, causant la disparition d’autres exploitations familiales, en Afrique cette fois. »

De son côté, l’European Milk Board dénonce l’inéquité de la filière laitière, subie par les éleveurs, partout dans le monde. « Il n’est pas inutile de plaider pour plus d’équité dans le secteur laitier ; au contraire, il s'agit là d'une priorité ! En effet, l’équité des prix revêt une importance cruciale pour nos producteurs de lait dans l’UE, mais aussi pour nos collègues des autres continents. »

« L’équité est l’épine dorsale d’un marché du lait stable et devrait jouer le rôle de fil rouge tout au long de la chaîne alimentaire, de l’exploitation laitière jusqu’au consommateur, de l’étable au réfrigérateur. Nous, les agriculteurs européens, continuerons de nous mobiliser pour des conditions équitables. »

« Un combat de sourd »

« Depuis 2009 l’Apli au niveau français et l’European Milk Board au niveau européen n’ont cessé d’insister auprès des politiques sur l’absolue nécessité d’une régulation des volumes de lait au niveau européen permettant la mise en place d’un prix rémunérateur (450 euros la tonne de lait) incluant un salaire pour le producteur. Si la justesse des calculs et l’idée d’une régulation est reconnue par les responsables politiques, elle peine à se traduire en actes législatifs concrets. »

« En France, et partout dans le monde, des producteurs se rassemblent et créent leurs propres marques équitables. L’Apli a créé Fairefrance. De nouveaux modèles économiques émergent tels que le partage de la valeur ajoutée chez les producteurs américains. De nouvelles marques vendues à un prix rémunérateur pour les producteurs sont régulièrement présentées aux consommateurs. Le 14 juin à Lille se tiendra d’ailleurs la 5e conférence européenne du lait équitable. Étonnamment ce qui devrait être la règle n’est encore aujourd’hui que l’exception dans nos rayons. »


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