[Tribune] Etienne Fourmont, JA« Jeunes agriculteurs s'oppose fermement à la cessibilité des contrats laitiers»

| par Etienne Fourmont | Terre-net Média

Suite à la publication sur web-agri.fr, du plaidoyer de Jean-Marie Séronie en faveur de la cessibilité des contrats laitiers, le syndicat Jeunes agriculteurs réagit. Contrairement à l'agro-économiste, « Jeunes agriculteurs s'oppose fermement à cette cessibilité », explique Etienne Fourmont, administrateur du syndicat en charge du dossier lait.

La vente de contrats laitiers prend de l'ampleur depuis la fin des quotas laitiers.La vente de contrats laitiers prend de l'ampleur depuis la fin des quotas laitiers. (©Terre-net Média)

« Le syndicat Jeunes agriculteurs s’oppose fermement à la cessibilité des contrats laitiers défendue par l’agro-économiste Jean-Marie Séronie le 29 mars 2015 dans une tribune sur le site de Web-Agri. » 

Le phénomène de vente de contrats entre producteurs laitiers et industriels prend de l’ampleur depuis la fin du système des quotas laitiers et ce nouveau marché devient inquiétant. Ce système d’achat de débouchés freine indéniablement l’installation de jeunes agriculteurs alors qu’il favorise l’agrandissement d’exploitations à forts capitaux.

Etienne Fourmont, administrateur de Jeunes agriculteursInstallé dans la Sarthe depuis 2006 sur une ferme familiale, Etienne Fourmont élève 75 vaches laitières pour une production annuelle de 600 000 l sous contrat avec l'entreprise Bel. Il est adhérent de l'organisation des producteurs Bel Ouest. Administrateur national de Jeunes agriculteurs, il a en charge le dossier lait.

L’expérience de nos voisins européens l’a prouvé : les quotas marchands en Europe du Nord ou en Italie ont considérablement augmenté le coût des installations. C’est d’ailleurs en partie pour cette raison que ces pays étaient favorables à la fin des quotas.

Les organisations de producteurs (OP) regroupées en associations doivent avoir la maîtrise de la production. Les contrats cessibles de gré à gré permettent la structuration de l’amont… aux frais de l’amont ! Ce n’est pas acceptable. Nous ne pouvons plus tolérer que les industriels gèrent les volumes. C’est du rôle des OP qui seront en contact avec leurs clients pour une vision sur la demande en termes de volumes.

Une vision libérale irréaliste

Pour Jean-Marie Séronie, la vente de son contrat laitier est similaire à la vente d’un fonds de commerce et permet de dégager un excédent pour réorienter son activité. Qu’en est-il du point du vue du jeune sans capitaux ? Et que va-t-il se passer  sur le marché de la cession des contrats laitiers quand la génération de baby-boomers partira en retraire ? Autant de questions auxquelles l’économiste ne  répond pas. Enfin, cessibilité des contrats laitiers ou non, le fonds agricole ne fonctionnera pas plus demain qu’aujourd’hui, depuis sa création en 2006.

La vision libérale de Jean-Marie Séronie n’est pas réaliste pour l’avenir de l’agriculture française.

La régulation du marché par le mécanisme offre/demande ne se vérifie que dans la théorie économique. La réalité est bien plus complexe : nous en voulons pour preuve, la bulle spéculative qui se crée autour de la vente des contrats : les prix grimpent car en face, l’accès aux volumes est verrouillé par les entreprises. La réalité, c'est qu'il y a malheureusement en France plus de départ en retraite ou de cessation que d'installation. L’offre en volume est donc largement suffisante pour les jeunes.

Si certaines ventes de contrats se font dans le respect des règles comptable, juridique et fiscal, ne soyons pas candides quant à l’existence des pas de porte. La cessibilité des contrats ne garantit en aucun cas que des « à côté » ne pourront exister.

La confiance aux lois du marché au nom de « relations commerciales saines » est une absurdité et ne permettra pas de maintenir le contrat social entre les générations.

Payer pour pouvoir produire du lait ne sera jamais le combat de Jeunes agriculteurs ! C'est une logique destructrice de l'avenir de la production laitière en France. Des producteurs organisés, maîtres de leur volume au sein d'organisations commerciales fortes et ambitieuses,  voilà le travail à accomplir. »


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DÉJÀ 10 RÉACTIONS


esclave de vos agriculteurs
Il y a 1547 jours
Monsieur oui je connais beaucoup d'agriculteurs en activité qui sont retraités, mes parents par exemple ils étaient agriculteurs non déclarés et ils touchaient leurs retraites 900000 euros de retraites alors qu'ils étaient encore agriculteurs 25 % de faux retraités en agriculture soit 3 MILLIARDS d'euros volés au régime des salariés du privé. C'est les salariés du privé qui payent vos retraites ne l'oubliez pas quand le ministre augmente vos retraites c'est avec l'argent du salarié, c'est pas dur d'acheter vos votes avec l'argent des autres véridique.
Si vous n'avez pas encore compris le système d'aide qu'ont mis en place nos hommes politiques surtout Chirac c'est l'achat des votes par des aides voila la réalité, on achète vos votes avec des aides. Vous ne financez car tout vos régimes sociaux en agriculture sont déficitaires donc vous ne financez véridique. Vous pouvez tout vérifier. 70 ANS D AGRICULTURE PAYSANNE 70 ANS DE FAILLITE DE L AGRICULTURE FRANCAISE IL EST TEMPS DE CHANGER DE MODELE JE CROIS .
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bibiche
Il y a 1547 jours
on ne demande que ça de vivre sans aides mais seriez-vous prêtes à payer + au magasin ?? (car il faut bien que les gérants de grande distribution vivent eux aussi, ces pauvres malheureux) je ne le crois pas = quand vous dites que nous sommes des mendiants = avez-vous oublié que nous aussi nous payons des charges ?? nous finançons nous aussi tous les autres assistés qui profitent à fond des aides sociales !! vous ne les avez pas vus dans vos rues : la clope (blonde = + chère) au bec , le dernier mobile à l'oreille et avec une ribambelle de gosses ......= pas de cantines = loyers payés par la commune ou le conseil général , internet, edf, vacances, redevance tv, mobile payés par ces mêmes organismes.... = je n'ai pas de 13è mois ; je n'ai pas de bons vacances ; je n'ai pas de bourses scolaires ; je n'ai pas de prises en charges maladies aussi simples que vous ; je n'ai pas de tickets restaurants avec lequel je paie mes courses pour inviter mes potes le week-end.
quand vous parlez de faux retraités = donnez un ex ; un vrai = car moi les retraités que je connais sont ceux qui touchent misérablement 800 euros par mois !!! évidemment on ne peut comparer avec le système corrompu de ceux qui se prétendent agriculteurs et qui passent leur temps en réunion politique ou syndicaliste car eux touchent des "indemnités" cumulables en +. ils peuvent se permettre de se faire remplacer à moindre coût et bouffe toute la journée aux frais de leurs copains qui eux n'ont pas le temps = ils bossent....
alors, de grâce, ne mettez pas tout le monde dans le même panier et "comme on dit" = tournez la langue 7 fois dans sa bouche avant de parler est un bon adage...
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esclave des agriculteurs
Il y a 1547 jours
Vous savez un contrat c'est au minimum deux personnes ici un vendeur et un acheteur donc il existe deux sortes de contrats un contrat à durée déterminée avec des clauses précises en cas de non respect de ce contrat par l'une des deux parties le responsable de cette rupture doit payer une indemnité à l'autre partie. Et vous avez le contrat à durée indéterminé qui dans ce cas il peut être rompu par l'une des parties en laissant préavis en général si c'est pas marqué dans le contrat c'est six mois en commerce. Une personne qui veut s'installer comme producteur de lait va simplement voir un industriel pour vendre son lait. Il n'a plus besoin de quota évidemment il doit proposer un prix le vendeur et l'acheteur et libre d'accepter ou de refuser. Donc n'importe qui peut désormais devenir producteur de lait sans autorisation de l'Etat. Si un producteur de lait veux acheter un contrat (pas un quota il n'existe plus) il peut le faire mais il risque que ce contrat soit remis en cause par l'acheteur si le prix du lait est trop chère. Si l'acheteur trouve moins il va voir ailleurs et il peut rompre le contrat à durée indéterminée. Ne pas confondre contrat entre deux acteurs de droits privé et les quotas qui n'existe plus qui de plus était l'Etat et le producteur de lait donc de droit publique. Donc oui la libre circulation des marchandises et libre à chacun d'acheter ou pas un contrat. Libre à n'importe qui de s'installer producteur de lait et d'aller vendre son lait a qui il veut. DUR DUR L'ECONOMIE DE MARCHé Bonne journée.
On est à plus d'un € le litre pour le rachat et non à 1 franc juste rapelle.
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digmout
Il y a 1548 jours
JA = JEUNES agri, donc perdreaux de l'année!
Comme les Jeundes Lycéens, ils sont achetés par le syndicat majoritaire... aucune formation, pas de personnalité. Il ne faut pas les soutenir, mais les excuser pour leur naïveté.
La crise est devant nous... seuls ceux qui se responsabilisent, se prennent en main s'en sortiront.
Arrêtons d'espérer de l'Etat, des syndicats... donc des subventions grâce aux contribuables.
Et que les écoles soient à la hauteur d'apprendre aux Jeunes, ce que Chef d'entreprise veut dire...
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tell
Il y a 1551 jours
Tu as la memoire un peu courte etienne!nous n'avons pas achetes nos contracts??? tu es producteur en france ou sur mars?les contracts signaient en 2012 son bien sur la base des droits a produires du regime quota.Et ces fameux quotas etaient bien pendant 30 ans vendu au repreneur d'une façon ou d'une autre.Demain si tu as une exploitation laitiere a vendre et que tu n'as pas de droit a produire tu va ramer pour trouver qq'un. Doit on laisser
notre contract a un industriel ou a une autre structure dont on ne sait pas qui est derriere?Nous avons beaucoup d'exemples dans le passe avec des structures pas toujours net.Et un jour on se reveil avec un patron de la fnsea qui est le grand manitou d'avril (7 millard de ca).et tu pense qu'il va defendre les eleveurs?Tu as beaucoup de chance de croire au bon dieu.
Pour ce qui est de s'organiser les divergences et les interes sont tellement different dans la profession que cela va prendre du temps.mais moi je suis ouvert le jour ou nous serons representes par un eleveur.
Bon courage a tous les eleveurs .
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steph72
Il y a 1552 jours
Pour une fois mr FOURMONT a raison,les quotas ont été aboli par l'europe du nord à cause du cout de rachat trop lourd.et nous on fait des contrats marchands!!!!!
Et cela fini par rebuter les jeunes à l'installation deja qu'ils sont de moins en moins nombreux.
Et ça divise encore plus les producteurs puisque certaines laiteries refusent les contrats marchands ,voire meme certaines op au sein de la meme laiterie
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Thierry16380
Il y a 1552 jours
D accord avec toi Tell et pourtant je n ai que 45ans et je ne sais pas si a ce rythme la je vais finir ma carrière dans l'agriculture et je d pis partir je ne ferai pas de cadeau car on ne m en a pas fais alors les JA arrêter de suivre çes con de la FNSEA
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Étienne Fourmont
Il y a 1552 jours
Personne n'à acheté son contrat aujourd'hui !
Faire payer aux jeunes (ou autres) un droit à faire du lait sur une durée limitée est destructeur.
Faire payé aux jeunes notre manque d'organisation face aux entreprises car le prix durant nos carrières n'est pas suffisant c'est catastrophique pour les générations futures.
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tell
Il y a 1552 jours
est alors?je pense que tous les producteurs qui ont plus de 40 ans ont du acheter directement ou indirectement les quotas dans le cas d'une reprise?
a l'epoque nous etions sur une base de 1 franc du litre soit 150e/1000l aujourd'hui .cette possibilitee de negocier son contract permet a beaucoup
de producteurs de +50ans de pouvoir arreter la production de lait et de faire autre chose.nous n'avons pas a vous faire de cadeau parce que vous voulez vous installer.a la fin de votre carriere vous serrez de l'autre cote de la barriere...
vous pouvez ne pas vous installer sur un projet si vous pensez que cela ne colle pas economiquement alors que les +50ans se demande comment ils vont tenir
jusqu'a la retraite.
je pense que avant tout votre grand fere est vexer de ne pas avoir la main sur les transferts pour arroser les copains....et vous vous suivez comme d'hab.
il faut commencer par faire le menage chez vous pour pouvoir avoir un discours credible et de dire aux autres se qu'ils doivent faire.
un ancien jeune con qui est devenu un vieux con.
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Xavier
Il y a 1113 jours
Monsieur j'ai demandé à Monsieur SIRONI si le fonds rural est un bien immobilier ou mobilier, j'attends toujours sa réponse en droit civil le fonds rural est un immeuble, croire à ce que écrit ce Monsieur Seroni est plus que douteux en droit. La cession des quotas laitiers ne se posent plus car ils n'existent plus donc. Ce Monsieur Seroni écrit pour rien dire. Je suis dans le Nord je connais bien ces pratiques occultes. Je suis du milieu commerciale je suis par contre d'accord pour dire qu'une exploitation agricole doit ce céder à une valeur de chiffre d'affaire et de rentabilité. Le bail rural doit être cessible avec le fonds rural bien immobilier bonne journée. En souhaitant que vous soyez pas une charge pour le consommateur, la suppression des aides permettra de faire baisser la TVA de 25 % BONNE JOURNEE.
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