Interview de Bruno Le Maire du 29 octobre 2009 (3ème partie)Une loi de modernisation pour redonner un élan à l'agriculture

| par Frédéric Hénin | Terre-net Média

Indispensable selon Bruno Le Maire, la loi de modernisation en cours d'élaboration ne sera pas suffisante. Elle n'aura de sens que si « on met en place une régulation européenne des marchés voire mondiale. Les trois niveaux se tiennent ! », a déclaré le ministre de l'agriculture à Terre-net Média.


Bruno Le Maire, ministre de l'alimentation, de l'agriculture
et de la pèche (© Terre-net Média)
Bruno le Maire n’a que l’embarras du choix. Les cinq synthèses des « groupes de travail » remises au ministre de l’agriculture et conduites dans le cadre de la préparation du projet de loi de modernisation de l’agriculture et de la pêche contiennent des propositions à foison.

Le ministre n’ayant pas encore arrêté ses choix, il n’a pas indiqué lesquelles seront retenues. Cependant, lundi 2 novembre, Bruno Le Maire a assuré qu’il va rapidement se décider. Le projet de loi sera présenté au bureau du Parlement à la mi-décembre. Il a aussi confirmé qu’il contiendra des dispositions applicables rapidement.

Quelques indications cependant. Le projet de loi sera l’occasion de donner une vision stratégique à l’agriculture, avec des moyens pour « arrêter l’hémorragie de terres agricoles » « en se dotant pour cela d’outils d’analyse et de défense les terres agricoles ». La synthèse des travaux du groupe « Agriculture durable forêt et territoires » comporte justement une dizaine de propositions allant dans ce sens.

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A défaut de trouver un véhicule législatif efficace et rapide pour porter les futurs contrats de production des éleveurs laitiers, il reviendra à cette loi de modernisation agricole de le faire et d’en définir les règles. « Elles devront être précises (volumes, prix), plus justes et plus équitables dans l’intérêt des producteurs », a déclaré le ministre qui a pris comme engagement que tous les éleveurs laitiers seront dotés d’un contrat d’ici le début de l’année prochaine.

Toutes filières confondues, la loi tentera en fait de satisfaire la principale revendication des agriculteurs, à savoir « dégager un revenu décent grâce à des prix rémunérateurs ». Elle les aidera aussi à donner un sens à « la mission qu’ils accomplissent ».

Garantir une nourriture saine, traçable et respectueuse de l’environnement

C’est pourquoi, avant même d’en connaître le contenu, Bruno Le Maire, assure que  le premier chapitre de la Lma portera sur la définition d’une politique publique de l’alimentation. « L’objectif stratégique que l’on demande avant tout à notre agriculture est de garantir une nourriture saine, traçable et respectueuse de l’environnement pour tous les Français », a-t-il assuré. Cet objectif est essentiel pour légitimer les aides publiques versées aux agriculteurs. Et c’est dans un second temps que la loi présentera les moyens nécessaires pour que les agriculteurs remplissent leur missions (compétitivité, coût du travail occasionnel, contrats, organisation des filières …).

Bruno Le Maire a aussi précisé que la Lma comportera des dispositifs assurantiels en étendant les Dap au risque économique. Cette mesure répond à une revendication du syndicat majoritaire. « Il est important que la loi contiennent les éléments pour créer un filet de sécurité », a expliqué le ministre.


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