Future Pac et Green DealLa Coordination rurale s'inquiète des baisses de production potentielles

| par | Terre-net Média

Dans une lettre ouverte envoyée au chef de l'État, aux ministres et commissaires européens concernés par le sujet de la Pac, la Coordination rurale s'inquiète des scénarios prospectifs réalisés pour la commission agriculture du Parlement européen, et par le ministère de l'agriculture américain. Car si l'on se conforme aux stratégies européennes « De la ferme à la fourchette » et « Biodiversité », la baisse de production sera significative, avec potentiellement un impact sur les prix mondiaux.

La Coordination rurale s'inquiète des conséquences en matière de production, d'importations et de prix, de la stratégie européenne La Coordination rurale s'inquiète des conséquences en matière de production, d'importations et de prix, de la stratégie européenne "De la Ferme à la fourchette" (©Pixabay)

La stratégie européenne « De la ferme à la fourchette », qui vise à réduire l’utilisation d’intrants et de pesticides, pousser les pratiques agricoles vers l’agro-écologie et renforcer l’exigence des normes de production part, pour la Coordination rurale, « d’une bonne intention » sous l’angle sanitaire, puisque « cela voudrait enfin dire que les denrées alimentaires importées qui ne sont pas conformes aux normes environnementales de l’Union européenne, ne seraient plus autorisées à rentrer sur les marchés de l’Union », écrit le syndicat dans une lettre ouverte envoyée, entre autres, au président de la République, au Premier ministre, au ministre de l’agriculture, ainsi qu’aux commissaires européens à l’agriculture, au Green Deal, et à la santé.  

Cependant, la Coordination rurale reste sceptique face à une politique de négociation de traités de libre-échange qui reste identique. Par ailleurs, plusieurs études récentes s’avèrent plutôt inquiétantes quant aux conséquences de cette stratégie sur le monde agricole.

Baisse de la production, hausse des importations et hausse des prix

Ainsi, « des chercheurs français ont réalisé pour la commission agricole du Parlement européen une étude indiquant que si l’on voulait maintenir le niveau d’émissions de Gaz à effet de serre (GES), tout en maintenant la production et les niveaux de consommation dans l'Union et en produisant tout en bio, il faudrait soit étendre la superficie agricole totale européenne, soit augmenter les importations agricoles en provenance de pays tiers », souligne la CR, faisant référence à une recherche réalisée par H. Guyomard et J.C. Bureau (Inrae et AgroParisTech), « Le pacte vert et la Pac : adapter les pratiques agricoles et préserver les ressources naturelles de l’UE – implications stratégiques ». Un manque de production qui risque de conduire à une augmentation des importations.

Or, parallèlement, le ministère de l’agriculture américain (USDA) a réalisé une série de simulations sur les implications de cette stratégie en matière de productions, de marchés, de prix et de revenus pour les consommateurs et agriculteurs européens. « Dans tous ces scénarios, les Américains constatent que les réductions d'intrants proposées affectent les revenus des agriculteurs de l'Union européenne en réduisant leur production agricole de 7 à 12 % et en diminuant leur compétitivité sur les marchés intérieurs et d'exportation. Les revenus des agriculteurs diminueraient de 16 % ! », s’inquiète la CR.

En outre, les projections américaines prévoient également un impact de ces stratégies sur les prix alimentaires mondiaux, de l’ordre de + 9 %, avec des conséquences importantes sur l’insécurité alimentaire dans le monde.  

La Coordination rurale demande donc aux pouvoirs publics des réponses concrètes sur ces points, sur la base d’études qu’ils auraient à disposition, ou à défaut, de « réaliser en urgence » des prospectives « pour ne pas entraîner notre pays et l’Union européenne dans un chaos irréversible et d’un coût exorbitant que ce soit sur le plan sanitaire, social, économique ou géopolitique ».


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DÉJÀ 4 RÉACTIONS


PàgraT
Il y a 43 jours
Si à juste titre, vous évoquez le gaspillage de la société de consommation, il est nettement plus souvent le fait des citadins, y compris des vegans qui sous des arguments fallacieux préconisent l'abandon des aliments issues des animaux ! C'est ignorer les liens intimes qui unissent l'élevage et les cultures, et qui dépassent largement votre champ de compétences . Pour en avoir une bonne idée, vous feriez bien de visionner plusieurs fois pour en comprendre tous les tenants et aboutissants, Allan Savory (comment reverdir les déserts et inverser le changement climatique). Vous verrez notamment que la nuit, les herbivores sont parqués, d'une part pour les protéger des prédateurs et aussi fertiliser par leurs déjections, les futures cultures vivrières ! Vous verrez aussi pourquoi le paturage tournant dynamique est essentiel pour lutter contre le changement climatique !
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PàgraT
Il y a 43 jours
Je serai curieux de comparer le niveau de gaspillage, et l'emprunte carbone, d'un bobo avec un gilet jaune !
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Camille
Il y a 44 jours
Tout cela est bien vrai.
Malheureusement nous faisons face à une urgence écologique qui ne nous laisse pas le choix. Quand des terres seront inondées, quand des centaines de millions de personnes se rendront en masse en Europe pour fuir inondations, chaleurs insoutenables ou feux de forêt, la question de l'alimentation se fera d'une autre manière, beaucoup plus pressante.

Il est temps pour chacun d'entre nous de faire des efforts, que ce soit manger local et éviter avocats et compagnie, manger bio, baisser la consommation de viande, ou encore les 3 à la fois pour les plus courageux.

Il est temps de baisser notre consommation de fast-fashion et de cesser d'acheter des marques hors de prix qui exploitent les gens et la planète, et de garder ses vêtements plusieurs années ou de les acheter d'occasion. Il est temps de rendre ringarde la mode actuelle.

Il est temps de garder ses appareils électroniques un peu plus longtemps et de préférer des marques réparables aux grandes marques.

Il est temps d'investir dans des produits nettoyants qui ne finiront pas dans nos assiettes, et qui sont parfois plus rentables.

Il est temps d'arrêter de dépenser en essence pour faire deux kilomètres et de les faire à pied ou à vélo, ça fait la santé en même temps.

Tous ces petits efforts qui ne sont pas financiers nous permettront d'avoir accès à une nourriture de meilleure qualité, meilleure pour la santé et la planète.

La viande coûte cher et on en mange beaucoup trop même en terme de santé. C'est sans compter l'Amazonie qui brûle.

La nourriture bio, d'expérience, coûte parfois plus cher mais cale plus vite, on a moins faim.

Certains produits transformés contiennent des additifs pour nous forcer à finir la boîte et entamer la deuxième, sans prendre en compte notre faim.

Un vêtement fait maison coûte beaucoup plus cher mais vous durera 10 ans et pas 3 mois.

Il est beaucoup plus rentable de remplacer les trois pièces cassées de votre appareil électronique que d'en acheter un neuf - vous avez même pour certains des (petits-)enfants débrouillards qui vous feront ça contre un peu d'argent de poche.

Il est temps de ne plus se payer des vacanciers dans des îles que nos voyages en avion contribuent à immerger.

L'argent, nous l'avons. Nous sommes une génération qui avons grandi dans le superflu. Si nous ne changeons pas un peu nos habitudes de nous mêmes, elles nous seront changées de force par la nature d'ici à dans 15-20 ans.

Apprenons de nouvelles recettes plus végétales et locales, redécouvrons des légumes anciens et des savoir-faire oublier, nous avons tant à apprendre et tant à y gagner !
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Steph3921
Il y a 46 jours
Peut-être est il temps de comprendre que l'alimentation a une valeur. Mieux vaut utiliser sont argent dans une alimentation de qualité plutôt que de se précipiter sur les produits inutiles en solde pour le black friday
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