François Fillon, premier ministre« Le rôle de l'état n'est pas de déréguler »

| par Nathalie Petit | Terre-net média

Dans son disours, le premier ministre a voulu apporter sa confiance aux exploitants, jeunes, retraités, de tous territoires. Sans toutefois pouvoir garantir de futures décisions qui se prendront au niveau européen.

En écho à la demande pour plus de régulation dans le domaine agricole de Jean-Michel Lemetayer, président du Space en introduction de l’intervention de François Fillon, le premier ministre a répondu que le rôle de l’état n’était pas de déréguler mais de créer les conditions sécurisées de la contractualisation. Avec en tête le récent conflit sur les prix du lait et les blocages des éleveurs face à la société Entremont, le premier ministre a présenté sa ligne de cadrage : à savoir l’interprofession doit fixer les modalités de détermination des prix. Un groupe de travail interprofessionnel doit œuvrer à conforter les relations contractuelles entre producteurs et transformateurs.

« L’agriculture est pour la France un actif stratégique » affirme François Fillon, inaugurant de ces propos le 22ième Space à Rennes. Il rappelle que le secteur agricole et agroalimentaire français contribue à hauteur de 9 milliards d’euros dans la balance commerciale de la France et que la préférence européenne est une réalité pour le Président de la République.

Reversion obtenue pour les veuves


C'est bien dans l'interprofession que se décident l'avenir des filières. (© NPetit)

François Fillon a annoncé des mesures en faveur des anciens exploitants, d’une enveloppe de 190 millions d’euros.  « Nous allons mettre en place un véritable filet de sécurité, qui garantira un minimum de retraite à tous les non salariés agricoles justifiant de plus de 17 ans et demi d’activité, qui relèvera d’une condition globale de pension. Les veuves obtiendront désormais la reversion de leur retraite complémentaire obligatoire, acquise à titre gratuit par leur conjoint. »

« Les agriculteurs ont pour devoir de produire selon une démarche d’excellence sanitaire et nos devoirs envers eux se concrétisent dans la gestion des risques agricoles. » Le premier ministre a voulu rassurer sur le désengagement des risques sanitaires. Les risques agricoles de plus en plus nombreux (Fco, gels,..) nécessitent des outils adaptés. François Fillon annonce la mise en place d’une Dpa, une déduction pour aléas, qualifiée d’épargne de précaution et adaptée dès cette année, ainsi que la création d’un fonds sanitaire et un soutien renforcé à l’assurance contre les risques climatiques.

Biocarburants : respecter les objectifs


Sur la question européenne, le débat est à venir mais le souhait du gouvernement est de réorienter la politique agricole européenne. Trois axes sont cités : adapter les outils de gestion des marchés, réorienter le soutien en vue d’un équilibre sur le territoire des exploitations, disposer de nouveaux outils que les Dpu. « La présidence française doit dégager des compromis pour conclure avant la fin de l’année. » S’il n’y a pas d’unanimité en Europe sur la politique agricole de demain, les pays qui ont une vision simplement marchande de l’agriculture sont minoritaires. Enfin, l’objectif d’incorporation des biocarburants à hauteur de 7% devra être respecté.

 

Pour en savoir plus : informations, palmarès des concours, nouveautés des exposants, témoignages de visiteurs, vidéos, etc : le Space est à suivre en direct sur Internet : dossier spécial Space 2008 à découvrir en cliquant ICI.


Tous droits de reproduction réservés - Contactez Terre-net

A lire également

   Rechercher plus d'article