Filière laitièreDes métiers qui n'attirent pas malgré une bonne image

| par | Terre-net Média

Alors qu'ils bénéficient d'atouts plébiscités par les jeunes, les métiers de la filière laitière peinent à recruter. Pourtant, de nombreux postes sont disponibles, dans l'industrie tout comme dans la production où 42 % des éleveurs laitiers ont plus de 50 ans. Pour y remédier, l'interprofession travaille sur l'attractivité de la filière.

Les métiers de la filière laitière n'attirent pas, en dépit d'une bonne image auprès des jeunes Les métiers de la filière laitière n'attirent pas, en dépit d'une bonne image auprès des jeunes (©Terre-net Média) 

Alors que 42 % des éleveurs laitiers ont plus de 50 ans et qu’un litre de lait sur deux sera produit par la nouvelle génération d’ici cinq ans, dans l’industrie laitière, ce sont 15 % des emplois en CDI qui ne sont aujourd’hui pas pourvus, et il faut en moyenne 12 mois pour recruter un nouveau collaborateur. La filière laitière, qui compte 60 000 emplois sur 760 sites de la production dans toute la France, manque donc de bras et n’attire pas.

Pourtant, les métiers de la filière répondent à un certain nombre d’aspirations des jeunes. D’après un sondage Ifop réalisé pour le Cniel auprès de 1601 personnes de 15 à 25 ans, représentatives de la population française en juillet 2019, on retrouve dans les critères qui donneraient le plus envie d’exercer un métier le niveau d’autonomie (94 %), la perspective d’être rapidement embauché (93 %), ou encore l’utilité sociale du métier (90 %), à côté de critères plus classiques comme le niveau de rémunération (95 %) ou l’intérêt porté au secteur d’activité (93 %).

À l’inverse, certains critères sont moins plébiscités, comme le fait que l’entreprise appartienne à un secteur de haute technologie (66 %), le fait d’être indépendant ou entrepreneur (64 %), ou d’exercer un métier manuel (59 %).

Des atouts méconnus

Parmi les secteurs ou les métiers cités comme donnant envie d’y travailler, les métiers de la filière laitière sont peu évoqués, que ce soit côté industrie (4 % des interrogés citent le secteur en premier, et 17 % l’évoquent) ou côté élevage (3 % le citent en premier, 11 % l’évoquent). Des métiers qui sont mêmes plutôt rejetés, puisque quand la question est clairement posée, 85 % ne se verraient pas exercer une profession liée à l’élevage laitier, et 71 % n’envisageraient pas un métier lié à la transformation laitière.  

Ce constat est d’autant plus paradoxal que ces métiers bénéficient d’une bonne image auprès des jeunes, puisque 65 % déclarent en avoir une image positive. Ils sont en effet 81 % à penser que l’élevage laitier permet de faire perdurer un savoir-faire, et 71 % estiment qu’il s’agit d’un métier « qui fait sens ». Ces proportions sont un peu moins élevées pour la transformation laitière, avec 78 % et 67 % pour ces deux critères, mais restent importantes.

La rémunération et les conditions de travail constituent cependant les points faibles de ce tableau positif, puisque seulement 28 % des répondants interrogés sur l’élevage jugent que l’élevage laitier propose de bonnes conditions de travail, et 22 % d’optimistes jugent qu’il s’agit de métiers bien rémunérés. Ces chiffres sont meilleurs concernant l’industrie, avec 44 % de répondants qui estiment que les conditions de travail y sont bonnes, et 33 % qui considèrent que ces métiers sont bien rémunérés.

Des outils nouveaux pour faire connaître les métiers

Le sondage montre également une faible connaissance des formations qui mènent aux métiers de la filière laitière : 88 % des sondés ne connaissent « plutôt pas » les formations qui permettent de devenir éleveur laitier, et 87 % ne savent pas quelles formations mènent aux métiers de l’industrie et de la transformation laitière.

Pour y remédier, le Cniel a signé un partenariat le 25 février avec la fondation Léo Lagrange (association d’éducation populaire), pour sensibiliser les périscolaires par des rencontres avec des acteurs de la filière dans les fermes ou les entreprises de transformation laitière. Un partenariat qui s’inscrit dans la lignée de celui signé l’an dernier entre le Cniel et l’Onisep (Office national d'information sur les enseignements et les professions) pour développer et renforcer l’information autour des métiers de la filière laitière. L’interprofession met également en place toute une communication pour renforcer l’attractivité de ses métiers.

Ces partenariats permettent notamment de rappeler qu'une entreprise laitière, c’est plus de 60 métiers différents, du commercial au laborantin. Or, les jeunes ne le savent pas. « On va travailler sur différents outils qui vont nous permettre d’attirer de nouveaux profils : de plus en plus sur les réseaux sociaux, on travaille aussi en partenariat avec un youtubeur qui nous fait toutes les semaines une vidéo sur un métier. L’idée, c’est de mettre en valeur des parcours », explique pour sa part Sybille Labrasse, chargée de mission à la direction régionale Pôle Emploi des Hauts-de-France, intervenant à une table-ronde organisée par le Cniel lors du salon de l'agriculture.

Autre outil mis en place par la filière, la « période de mise en situation professionnelle », qui va de un jour à un mois, et qui permet à une personne d’être dans l’entreprise avec un tuteur pour de découvrir le métier de l’intérieur, d’échanger avec le professionnel, « et surtout de se projeter ». Car pour assurer la relève dans la filière, l’enjeu est bien de montrer en quoi ces métiers répondent bien plus qu’on ne le croit aux aspirations actuelles des jeunes.

A découvrir également : le site Jobagri, dédié aux offres d'emploi et de stages dans les filières agricoles

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DÉJÀ 17 RÉACTIONS


Olmer
Il y a 98 jours
Cniel,FNB, coops,laiterie etcs sont des associations de malfaiteurs !!!
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Chris
Il y a 98 jours
On appelle ça le syndrome du titanic !!!
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The germs
Il y a 99 jours
Sérieusement: quel jeune aurait encore envie aujourd'hui d'investir une forte somme, travailler 24/24h toute l'année, pour ne rien gagner et être obliger de se battre tous les jours pour avoir simplement droit d'exister?????
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vik
Il y a 99 jours
Une bonne image oh !!!!!!!!!!!!Je connais beaucoup de monde qui connais beaucoup de monde de tous milieu et je n'ai pas la langue de bois ce métier c'est la fin
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steph72
Il y a 99 jours
jeune agri ;ça fait un momemt que les vaches de reformes allaitantes sont à 3,5 e !
La FNB se plaint aussi du manque d'installation,il n'y a rien d'etonnant;
Les eleveurs décapitalisent ,ils en ont ras le bol.

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jersiaise
Il y a 99 jours
J'ai été très motivé par ce métier mais vu les très faibles rémunération et toujours pris pour un c... (coop agriale qui ne transforme grand lait nos parts sociales sont dans des ruines st hilaire 50 et les accords de collectes ou pacte de non agression dans notre dos).
Pauvre CNIEL faite donc une statistique sur nombre de célibataires et suicides nos enfants ne prendront pas la place des vôtres
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Jeuneagri
Il y a 99 jours
Les vaches sont à 3,45/3,50...
Les génisses ok, mais avec un coût prod de 4,80...
Ou alors c'est une vache cularde...
Les rayons boucherie sont quasiment vide, mais aucune demande, les gros abattoirs tournent qu'à moitié...
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Chris
Il y a 99 jours
J'ai un copain qui est responsable du rayon boucherie dans une gms, il reçoit en ce moment des vaches de race à viande à 4,20 (prix éleveur +frais d'abattage et de transport) voilà, faites un tour au rayon boucherie de votre gms et vous comprendrez !!!!
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Olmer
Il y a 99 jours
Forcément on est payé comme des m...,et il s etonnent.bande de naz
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Terminé
Il y a 99 jours
J'ai fait faillite, la ferme dilapidée, aux normes, sur le canton c est des millions de litres de lait en moins, entre les arrêts et les faillites, oui des faillites des vraies d autres sont en cours et a venir faut dire les choses.
Les institutions soi disantes defenseuses du monde agricole comme le pretend le cniel sont a côté de la plaque et de la réalité du terrain !!! Ils imaginent faire de la publicité pour le beau métier d agriculteur et attirer pour ce soit disant plus beau métier du monde.
Ce n'est plus un problème du cniel, des chambres d agriculture, ou du ministère de l agriculture, mais du pays entier de toute notre société pour projeter un vrai projet de renouvellement de générations avec des vrais moyens donc de l argent, de la reconnaissance, et et et un vrai revenu. Quand vous voyez des projets avec 10000, 15000 euros de revenus net par uth, vous ne pouvez pas attirer c est impossible, c est ce des personnes ont en ne faisant rien.
Dans beaucoup d exploitation la vie est juste inhumaine, l élevage déjà dépendant de la météo, du monde végétale et animale, ne peut plus survivre actuellement dans l environnement d aujourd'hui.
Un ravin abyssal s est creusé et se creuse toujours entre l agriculture et le reste de la société.
Qqs projets athipiques fonctionnement, vente directes, etc.. Bio... Mais on fait quoi du reste de la masse...?? Elle est belle et bien en faillite aujourd'hui, chez moi ce n'est plus une zone d élevages mais de cultures avec des agris tout les 15 kms, il y a bien longtemps qu il n'y a plus d installations c est la chute libre.
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