V½ux 2019 de la FNPL« Faire appliquer les mesures de la loi Alimentation» aux coopératives laitières

| par | Terre-net Média

Dans un contexte national toujours aussi tendu et un marché laitier européen menacé par les conséquences du Brexit, la FNPL s'est donnée comme priorité de défendre une application des mesures de la loi Alimentation « pour l'ensemble des producteurs laitiers », qu'ils fournissent un collecteur privé ou qu'ils soient coopérateurs. L'ordonnance attendue sur les coopératives agricoles et leur gouvernance semble, aux yeux du syndicat, aller dans le bon sens.

Mercredi 23 janvier 2019, André Bonnard, Marie-Thérèse Bonneau et Thierry Roquefeuil, respectivement secrétaire général, vice-présidente et président de la FNPL, ont défendu l'application, Mercredi 23 janvier 2019, André Bonnard, Marie-Thérèse Bonneau et Thierry Roquefeuil, respectivement secrétaire général, vice-présidente et président de la FNPL, ont défendu l'application, « au bénéfice de tous les producteurs de lait », des mesures de la loi Alimentation. (©Terre-net Média) 

Lors de la présentation de ses vœux à la presse, la FNPL a longuement insisté sur la pleine application de la loi issue des États généraux de l'alimentation pour que ses effets bénéficient à « tous les producteurs ». Autrement dit, l’association spécialisée de la FNSEA pour la production laitière entend surveiller de près, en ce début d’année 2019, le texte de l’ordonnance concernant les coopératives agricoles et leur gouvernance, actuellement en cours de rédaction avant d’être soumise à l’aval du Conseil d’Etat dans les tous prochains jours.

« Pendant toute la durée des États généraux de l’alimentation, les représentants des coopératives ont toujours brandi l’exception coopérative pour que les coopératives ne soient pas concernées par les mesures de la loi Alimentation », a expliqué André Bonnard, secrétaire général de la FNPL. « Il n’y a pas de raison que les coops échappent à ces mesures. »

Le projet d’ordonnance sur les coopératives agricoles actuellement sur la table semble convenir à la FNPL. Pour les dispositions de la loi visant à inverser la construction du prix et ainsi tenir compte des coûts de production des éleveurs, le projet d’ordonnance prévoit un « effet similaire ».

Selon l’ordonnance, la rémunération de l’apport du coopérateur devra non plus être fixée par le conseil d’administration, mais explicitée dans le règlement intérieur de la coopérative.  « Avec cet effet similaire », le règlement intérieur devra dire noir sur blanc comment se calcule la rémunération des apports, confirment les leaders de la FNPL. L’assemblée générale de la coop devra ensuite justifier un éventuel écart négatif entre la rémunération réelle des coopérateurs et la rémunération calculée sur la base des indicateurs. Selon la FNPL, cette nouvelle règle « mettra au clair la performance des coopératives ».

Le syndicat a aussi « envoyé une lettre à toutes des coopératives françaises en décembre dernier afin d’engager un échange sur ce qui va concrètement changer à la suite des États généraux de l’alimentation ».

La FNPL contre les « associations de malfaiteurs »

Outre la sortie imminente de l’ordonnance et du « travail à faire avec les coopératives », la FNPL compte surveiller de près les traditionnelles négociations commerciales entre distributeurs et industriels. « Le prix du lait, au dernier trimestre 2018, était d’environ 330 €/1 000 l. Les annonces pour le premier semestre sont du même niveau, y compris de la part des groupes expliquant que les négociations commerciales se sont bien passées », a expliqué Thierry Roquefeuil. De quoi énerver le syndicat. Rappelons que l’interprofession a calculé un prix de revient moyen du lait à 396 €/1 000 l.

Par ailleurs, les accords bipartites négociés entre certains industriels et distributeurs pour une meilleure valorisation du lait – Intermarché avec Bel et Savencia, Leclerc avec Danone – n’y feront rien : « ces contrats représentent seulement 2 % de la collecte de lait en France ! » « Les éleveurs veulent du concret. Il faudra être combatif car les choses ne vont pas se faire toutes seules », regrettent les représentants syndicaux.

D’ailleurs, selon eux, « les négociations pour les produits MDD n’ont pas changé : les distributeurs ont demandé d’emblée des baisses de tarifs ». Pas question, pour la FNPL, de « rester dans ce schéma d’association de malfaiteurs ! »

Un Brexit menaçant pour le marché laitier européen

Et il n’y a pas que le marché intérieur français qui inquiète les éleveurs. La perspective d’un « no deal » dans le cadre du Brexit, fait craindre un déséquilibre sur le marché européen du lait.

Selon le think tank Farm Europe, l’Irlande mais aussi la France, l’Allemagne, les Pays-Bas et l’Italie ont de sérieux intérêts sur le marché britannique laitier. En valeur, l’Irlande a exporté 718 M€ de produits laitiers en 2017, la France 546 M€ et l’Allemagne 345 M€.

« Un accord de libre-échange du Royaume-Uni avec la Nouvelle-Zélande et avec les États-Unis entraînerait inévitablement une concurrence accrue sur le marché britannique pour les exportateurs des pays de l’UE, ce qui pourrait faire face à une érosion de leur part de marché. » En clair, s’il devient plus difficile d’expédier des produits laitiers outre-Manche, il faudra compenser cette baisse des échanges par de nouveaux débouchés.

« Le Royaume-Uni importe 3 % de la collecte française. Une remise en cause de l’ensemble des importations britanniques de lait ou produits laitiers des pays de l’Union européenne pourrait déstabiliser le marché européen », explique Marie-Thérèse Bonneau, vice-présidente de la FNPL. « Et il ne faudrait pas que le Royaume-Uni devienne la plaque tournante des échanges entre l’UE et le reste du monde.


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DÉJÀ 23 RÉACTIONS


steph72
Il y a 296 jours
La régulation,les pays du Nord la feront par l'environnement et ça a déjà commençé.
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tintin
Il y a 296 jours
il n a pas que le prix du lait ....mais la répartition des marges dans l ensemble de la filière
effectivement si on met du lait conventionnel a 400 euro en France les industriels vont aller en Allemagne.....en revanche si nous avions une part du gâteau sur les marges.
en revanche il ne faut pas rêver d une régulation a l Echelle de l Europe c est pas dans l adn de nos collègues hollandais irlandais etc...
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Patou
Il y a 296 jours
A jmb ;les dirigeants des op et les administrateurs des coops nos collègues quand ils ont trempé la main dans le pot de confiture ne sont pas mieux les uns que les autres : le pouvoir, le fait de se sentir supérieur et qu on leur donne de l importante à tendance à les rendre aveugles et insensible au quotidien du métier ! Ils sont les seuls à signer en coin de page et je me demande si dès fois ils ont pris conscience de ce qu ils viennent de signer ! Et jamais un syndicat ne l à dénoncer car souvent c est des membres de la famille (syndicale )qui sont positionnés à ce poste ouvrez grand vos yeux et vos oreilles et cherchez à comprendre les rouages de la machine infernale
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Jonathan
Il y a 296 jours
Le bureau de notre OP est à plus de 80 % FNSEA
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Jmb67
Il y a 297 jours
Vous apportez trop d'importance à la FNSEA et à la FNPL, ce n'est pas elles qui discutent le prix du lait, mais les OP face aux industriels et les administrateurs pour les coops. La régulation je l'approuve a 100% mais seul la France a gardé une maîtrise de production au niveau européen malheureusement les pays du nord produisent au maxi de leur possibilité.
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Moty
Il y a 297 jours
Globalement en accord avec vos reflexions.
J'insisterai juste sur la Regulation au niveau européen qui parait être la seule solution pour que chaque producteur puisse avoir un prix rémunérateur ( en conventionnel, en AOP ou en Bio ). Mais pour cela il faut de l'organisation et que les dirigeants actuels arrêtent d'encourager éternellement le produire +++
(fnsea ou coops )
Aprés chaque producteur souhaitant produire toujours ++, a sa part dans la chute du nombre de producteurs .
Bénévole dans une asso qui accompagne les agriculteurs en difficulté, on remarque que toutes les tailles d'exploitation laitière sont présentes dans nos accompagnements de 200 000L à certaines > 1 M l.
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choubaca
Il y a 297 jours
Les personnes à la tête de la FNPL sont les mêmes que celles qui dirigent les grosses coops.la priorité pour eux est que la coop fasse du volume(peu importe le prix payé au paysan).De grâce ,arrêtez de nous prendre pour des cons!les grosses coops sont devenues pires que les industriels privés.Nos grands-parents doivent se retourner dans leurs tombes s'ils voyaient ce que sont devenues les coopératives qu'ils avaient créees pour vendre nos produits plus cher et baisser le prix de nos appros
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steph72
Il y a 297 jours
Quand on est dans une bulle ,les réunionites ça coupe la réalité de la situation catastrophique des producteurs;En haut les intérêts de l'agroalimentaire prime sur le revenu et la perennité des exploitations;
On ne tire pas vers le haut mais vers le bas,le prix du lait actel est lamentable quand on sait que les charges ont augmenté à ( sécheresse,carburants…)
Reveillez vous avant qu'il soit trop tard.

Et si cerains n'avaient pas mis des batons dans les roues et soutenu la régulation on n'en serait peut etre pas la.
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Jonathan
Il y a 297 jours
Seuls les cadres de la FNSEA sont aux pouvoirs....pour les autres restez chez vous il n'y a rien à voir. Discours productiviste mais en face pas de prix. Faite du lait si on peut le vendre on vous donnera quelques euros, et si on le vend pas vous pouvez couler la boutique on s'en fou.....
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Jmb67
Il y a 297 jours
Sachez que des places vacantes pour prendre des responsabilités il y en a plein. Que notre profession à besoin de gens qui s'engagent les critiques sont faciles l'utopie aussi, la réalité et les confrontations moins, les débats constructifs pour tirer les agris par le haut ne sont pas aussi évident.
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