Sommet de l'élevageEmmanuel Macron propose de construire des abattoirs pour soutenir les éleveurs

| AFP

« Il n'y a pas de fatalité » : Emmanuel Macron s'est rangé vendredi en Auvergne « aux côtés » des éleveurs bovins en graves difficultés, leur proposant que l'État finance la construction d'abattoirs pour échapper à l'emprise du groupe dominant dans le secteur de la viande, accusé de maintenir des prix trop bas.

Emmanuel Macron au Sommet de l'élevageEmmanuel Macron au Sommet de l'élevage 2019. (©Compte twitter ministère de l'agriculture)

À peine arrivé au Sommet de l'élevage, après trois heures de « grand débat » sur les retraites à Rodez jeudi soir, le chef de l'Etat a assisté sur le grand ring du salon au concours inter-régional Salers, où sont présentés les meilleurs spécimens de ces vaches à la robe rouge et aux cornes en forme de lyre, peuplant une grande partie des montagnes d'Auvergne.

« Je voulais apporter un message d'amitié, la situation est difficile, je serai à vos côtés aujourd'hui et demain » a dit le président au micro, en saluant son prédécesseur Jacques Chirac, qui bénéficie d'une cote d'amour unique auprès des paysans et auquel le salon rend un hommage particulier cette année, après son décès jeudi dernier.

Alors que deux députés la République en Marche, Roland Lescure et Jean-Baptiste Moreau, ont été pris à partie et expulsés du Sommet jeudi par des éleveurs dans une ambiance tendue, le président était accompagné du ministre de l'agriculture Didier Guillaume pour visiter ce salon rassemblant quelque 2 000 animaux d'élevage, la fine fleur des troupeaux français, et des milliers d'éleveurs.

Comme au salon de l'agriculture de Paris, Emmanuel Macron, après avoir brièvement rencontré à huis clos les principaux responsables de la filière bovine, a commencé de parcourir les allées de celui de Cournon-d'Auvergne en parlant aux exposants et au public.

« Aidez-nous ! »

« Aidez-nous ! », lui ont lancé plusieurs agriculteurs à son passage, « donnez-nous des perspectives pour le monde agricole, car on a le sentiment que la société française ne veut plus de monde agricole ». « On est mal, c'est le matraquage qui est dur, on a l'impression d'empoisonner les gens », lui a crié une éleveuse. « J'en peux plus non plus de l'agribashing », leur a répondu Emmanuel Macron.

Interpellé sur le Ceta, l'accord de libre-échange UE-Canada rendu responsable par le syndicat majoritaire FNSEA d'une grande partie des difficultés de la profession, le président a renvoyé la balle dans le camp français. « Les difficultés qu'on a aujourd'hui n'ont rien à voir avec le Ceta ! » a-t-il dit. « Notre problème aujourd'hui est que nous ne savons pas valoriser correctement ce qu'on produit ». « On va devoir investir pour aider la filière, mais il faut que les producteurs s'organisent pour ne plus dépendre des gros acheteurs » a-t-il lancé en fustigeant la baisse du prix des broutards (veaux) « de 15 à 20 % en juillet ».

« C'est à nous de nous réorganiser, d'investir (...) il n'y a pas de fatalité » a martelé le président qui souhaite « qu'on arrête » le système français tournant autour d'un seul acteur dominant dans le monde de la viande, le groupe Bigard qui fait la pluie et le beau temps sur les prix dans la plus parfaite opacité. « Il y a un acteur qui vous achète la viande au prix le plus bas possible pour faire sa rentabilité, il faut qu'on arrête avec ce système » a-t-il dit. « On est des couillons nous-mêmes » a lancé le président.

Emmanuel Macron a proposé aux représentants de la filière bovine que l'Etat investisse dans des abattoirs « dans quelques bassins où les mecs sont prêts à se structurer », en utilisant le grand plan d'investissement agricole annoncé dans le cadre des Etats généraux de l'alimentation. « Notre problème est que 70 % de la viande qu'on mange dans les restaurants en France n'est pas française » a lancé le président.


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DÉJÀ 9 RÉACTIONS


vik
Il y a 34 jours
N'importe quoi ! les millions d'euro pour construire faite plutot un geste autre comme au directeur de ne pas prendre les caissettes d'autre pays pour etre modifier aux abattoir française, des salaries des baisses de charge et aussi mettre a disposition un camion j'en n'ai marre de voir les grands groupes etre la force des ventes en intensifs
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eustace
Il y a 38 jours
C'est Audrey Bourolleau qui l'a conseillé sur ce sujet ? Cela expliquerait cela.

Mais combien d'agriculteurs savent qui est la conseillère agriculture de Macron ?
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eustace
Il y a 38 jours
Macron les a bien charmé avec de belles paroles, la preuve la FNSEA ne l'a pas viré contrairement à ses deux dépités.
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steph72
Il y a 39 jours
notre pays est gouverné par des amateurs;
Encourager la signature du ceta et puis dire devant des eleveurs démoralisés qu'il faut plus d'abattoirs pour plus de concurrence c'est se moquer du monde.
Ca prouve bien leur manque de compétence et de reflexion.
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Terminé
Il y a 39 jours
Aucune honte ce président tout plein d orgueil qui méprise sa propre agriculture, qui vient de faire un débat où il prend toujours ses administrés pour des élèves, il va quand même débattre après l attentat de Paris, on est plus très loin de ses bureaux... Une gestion de l incendie de lubrizol catastrophissime rien de concret toujours une incapacité à gérer notre pays, si par le blabla, il retrousse les manches même, mais c'est du vent depuis le début, pays à la dérive en déclin !!
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titian
Il y a 42 jours
Dans le style des annonces pour ne rien dire là vraiment, on touche le fond.
Les abattoir dans notre pays c'est mécanique, ça ferme comme les exploitations avec de l'élevage.
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Yp42
Il y a 42 jours
Qu'il mette en oeuvre l'intégration des coût de production pour fixer un prix... Plutôt que de créer des abattoirs qui vont créer mieux d'offres donc prix encore plus bas donc abattoirs qui coulent au bout de 2 ans donc gaspillage d'argent public donc chômage en plus etc...
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steph72
Il y a 42 jours
L'abus de position dominante n'est pas punie par la loi??
Déja faites appliquer la loi et sanctionner le monopole au lieu de monter des abattoirs;
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jersiaise
Il y a 42 jours
L’abattoir de Parigny dans le sud manche est public elle connait quelque difficultés peut être faudrait il regarder ou ça va mal (tarif location....) il ne faudrait quelle finisse comme Saint de Cécile (AIM), soutennont déjà le présent . Merci
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