Elevage bovin allaitant et climatEleveurs et écologistes enterrent la hache de guerre à la veille du salon

| AFP

Eleveurs et écologistes français ont enterré la hache de guerre mercredi en publiant ensemble un rapport sur l'impact environnemental de l'élevage de vaches allaitantes, fruit d'une discrète concertation qui a duré quatre ans.

A la veille du Salon de l'agriculture, le rapport Elevage bovin allaitant français et climat établit clairement pour la première fois la somme des accords et des désaccords entre Interbev, l'interprofession française de la viande et quatre grandes ONG : France Nature Environnement, Fondation Nicolas Hulot, Green Cross, et WWF.

Principal point d'accord : alors que l'élevage de bœuf est accusé d'être la première cause de déforestation à l'échelle mondiale, le lobby français de la viande et les quatre ONG sont convenus que « l'élevage bovin allaitant français, par son lien au sol et sa diversité, rend de nombreux services éco-systémiques (biodiversité, paysages, stockage de carbone, qualité de l'eau) économiques et sociaux, dont la seule vision transmise par l'empreinte carbone ne rend pas compte ».

Ce constat repose sur des données objectives : la ration alimentaire moyenne des vaches d'élevage en France est composée à plus de 80 % d'herbe donc locale, et n'utilise que 0,8 % de soja, dont la culture intensive est jugée responsable de la déforestation, notamment en Amérique latine.

Mais il reste un point important de « dissensus » entre les deux parties, a noté le représentant de WWD France, Arnaud Gauffier : « la consommation de viande ». Sur ce sujet, les barbelés sont remontés dans la prairie entre éleveurs et écolos : ces derniers souhaitant une diminution de la consommation de protéines animales alors que les éleveurs rappellent que la consommation de viande en France est en baisse régulière depuis une dizaine d'années.

« La première réussite est d'être arrivé à parler ensemble plutôt que de régler nos comptes par voie de presse, de façon pas toujours courtoise » a estimé le nouveau président de la Fédération Nationale Bovine (FNB), Bruno Dufayet. Il a rappelé que les éleveurs s'étaient engagés dans un programme de réduction de 15 % des gaz à effet de serre d'ici à 10 ans. « Cette concertation a la qualité d'avoir duré », a ajouté Jean-Claude Bevillard, administrateur de FNV en estimant que l'agriculture « est l'affaire de toute la société ».


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