Congrès de la FNSEASept des candidats défendent leur vision de l'agriculture face au monde agricole

| AFP

Le monde rural a voulu mettre jeudi l'agriculture au centre de la campagne présidentielle en invitant à un grand débat à Brest les candidats. Sept ont répondu présents dont trois des principaux, Emmanuel Macron, Marine Le Pen et François Fillon.

L'échange, organisé par le Conseil de l'agriculture française - qui comprend notamment la FNSEA, le principal syndicat agricole réuni en congrès depuis mardi à Brest -, a donné la parole pendant dix minutes à chacun des candidats, avant treize minutes de questions-réponses avec la salle.

Près de 2.000 personnes étaient réunies à l'Arena dans une ambiance attentive et respectueuse envers chacun des prétendants à l'Élysée, à l'occasion de ce débat où l'Europe a été omniprésente, au lendemain du déclenchement par le Royaume-Uni de la procédure de sortie de l'UE.

Dernier à intervenir, François Fillon, candidat de la droite, a été le plus applaudi, déclarant qu'il fallait « arrêter d'emmerder les agriculteurs » qui cumulent « les difficultés : crises sanitaires, accidents climatiques, prix extrêmement fluctuants et beaucoup trop bas pour couvrir (les) coûts ».

Une vingtaine d'agriculteurs, venus en tracteur, ont manifesté devant l'Arena, afin de témoigner de la « détresse du monde agricole ». « On a besoin de soutien et de propositions de la part des candidats car pour l'instant, on n'en a pas eu beaucoup », a expliqué à l'AFP Julien Hindré, producteur de lait à Plouguerneau (Finistère).

Concernant l'Europe, François Fillon a plaidé pour qu'elle soit « puissante, ambitieuse, réactive, concentrée sur ses missions », avec « deux priorités : la gestion des risques et le soutien à l'investissement ».

Prônant également une Europe forte, Emmanuel Macron (En Marche !) s'est prononcé pour « une Europe qui fonctionne de la même manière partout ». « Je ne veux plus d'une surtransposition française », a-t-il lancé, avant d'être copieusement applaudi. « Nous avons besoin, vous avez besoin de l'Europe, tous les projets qui vous promettent de vous séparer de l'Europe, de vivre hors de l'Europe vous mentent », a-t-il martelé.

La Pac est une catastrophe

Des candidats décidés eux à faire sortir la France de l'Union européenne, comme Marine Le Pen (FN) et François Asselineau (UPR), ont aussi débattu face à une présidence de la FNSEA qui a clamé pendant deux jours son attachement à l'Europe et à la Politique agricole commune (Pac).

« Je pense que la Pac est une catastrophe (...) Et si on mettait toutes nos forces pour créer une politique agricole à l'échelle de notre pays ? » a dit Marine Le Pen. Évoquant la grande distribution, la présidente du Front national (FN) a prédit aux agriculteurs que « ces géants seront sûrement beaucoup plus polis avec (eux) quand ils ne pourront plus se reposer sur les produits bas de gamme importés », mais seront obligés d'acheter les produits français.

François Asselineau, qui s'est plaint d'avoir « peu accès aux grands médias », a remercié le Conseil de l'agriculture française « d'avoir invité le candidat du Frexit ». Il a d'ailleurs tenté de rassurer la future présidente de la FNSEA Christiane Lambert en affirmant que « sortir de l'UE, cela ne veut pas dire devenir la Corée du Nord ».

Nicolas Dupont-Aignant, président de Debout la France, a aussi dénoncé une Pac atteinte de « délire administratif », disant qu'il fallait « changer le fonctionnement de l'Europe ou s'en aller ».

Le candidat du parti Solidarité et progrès, Jacques Cheminade, a promis quant à lui 10 milliards d'euros d'investissement aux agriculteurs, « soit le double de ce que promettent Emmanuel Macron et François Fillon ». Enfin, le candidat pyrénéen centriste Jean Lassalle, interrogé sur les loups, a clamé sous les applaudissements qu'il était « absolument impossible de faire cohabiter l'homme et les animaux en montagne. »


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DÉJÀ 2 RÉACTIONS


patou
Il y a 1193 jours
Mr Fillon se moque de vous les agriculteurs. Qu'a-t-il fait pour vous quand il était premier ministre de Sarkozy? Il doit avoir des troubles de mémoire.
Je vois quotidiennement des éleveurs galérer, devoir pour survivre faire des collectes de lait la nuit en plus de leurs 70h par semaine à la ferme. Et ils survivent tout juste. Depuis quand bénéficiez vous de la PAC? Si le système marchait il n'y aurait pas autant de suicides d'agriculteurs. Les traités européens ne sont pas négociables. Il faut en sortir, c'est tout. Regardez les GOPE. Si un candidat vous promet autre chose que les GOPE en restant dans l'Europe, ne le croyez pas. Il ne pourra rien changer à ce qui se passe aujourd'hui!!!
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eleveur
Il y a 1193 jours
Aujourd'hui à ce congrès 4 candidats "de gauche" ont décliné l'invitation, ne jugeant pas d'avoir besoin de nos voix d'agriculteurs. J'en déduis que la gauche unanimement nous dénigre et nous ignore, on est que bon à bosser...
Souvenez- vous en le 23 avril...
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