Assises de France OP LaitLe développement des OP pénalisé par les imperfections de la loi Egalim

| par | Terre-net Média

Les premières Assises de France OP Lait, association qui rassemble depuis 2018 des organisations de producteurs laitiers au niveau national, ont permis de dresser un premier bilan du travail effectué par les OP depuis leur jeune existence (moins de 10 ans). Si la loi Egalim avait vocation à donner aux producteurs davantage de pouvoir de négociation, en encourageant justement le regroupement, un certain nombre de freins restent encore à lever pour permettre aux OP de remplir plus efficacement leur mission.

Trois ans après le lancement des États généraux de l’alimentation, deux ans après la promulgation de la loi, force est de reconnaitre que l’objectif d’un plus grand retour de valeur aux producteurs n’est pas atteint. Car si la loi a mis en place un certain nombre de dispositifs pour redonner un pouvoir de négociation aux agriculteurs, «  on a cru qu’on avait créé des outils révolutionnaires, et pourtant il n’y a pas eu de révolution », regrette le député Dominique Potier (PS), qui a déjà travaillé ces questions dans le cadre de la loi Sapin II sous le gouvernement précédent. « Les résultats escomptés ne sont pas au rendez-vous », avoue également le député Jean-Baptiste  Moreau (LREM), qui était rapporteur de la loi Egalim à l’Assemblée nationale.

En tant que partenaire média de ces premières Assises de France OP Lait, Web-agri rediffusera dans les prochains jours les différentes séquences de débats de cette journée. 

Il devient donc urgent d’agir : si l’on parle beaucoup d’une construction des prix en marche avant, « la filière ne pourra pas attendre dix ans avant d’avoir gravi l’escalier. Il va falloir que les choses bougent rapidement », rappelle Frédéric David, producteur membre de France OP Lait. L’association, qui fédère les organisations de producteurs laitiers a organisé le 13 octobre ses premières Assises pour dresser un bilan de l’action des organisations de producteurs (OP) dans le secteur laitier.  

Un accompagnement politique encore nécessaire

Et si la loi issue des États généraux de l’alimentation a donné plus de pouvoir aux organisations de producteurs, le combat est loin d’être terminé. « Des OP sont venues me saisir pour m’expliquer les problèmes qu’elles rencontraient », explique la députée de Vendée Martine Leguille-Balloy (LREM). Partie prenante dans la rédaction du Titre I de la loi, qui visait à redonner de la valeur à l’amont, elle reconnaît que « l’on s’est trompé sur différents points, on avait sous-estimé la capacité des acteurs du marché à contourner la loi ».

La loi du marché et les équilibres économiques sont en effet difficiles à modifier. « Il ne faut pas oublier qu’un contrat, c’est un prix et un volume. Cet aspect volume est important et certains opérateurs sont contraints de prendre des contrats commerciaux car il faut bien loger le lait collecté », précise de son côté Jehan Moreau, directeur de la Fnil. « Et des entreprises prennent des appels d’offre à des prix qui ne permettent pas forcément de rémunérer l’ensemble de la filière », ajoute-t-il.

Dans ce contexte, Martine Leguille-Balloy juge donc trop flous les indicateurs de coût de production, et déplore l’absence d’un certain nombre d’accords-cadres qui empêche la construction des prix en marche avant. Il reste selon elle encore des points à améliorer dans la loi pour faciliter le travail des OP. « J’espère qu’on sera capables, en tant que politiques, de vous aider », insiste-t-elle.

Philippe Duclaud, Jehan Moreau, Martine Leguille-Balloy, Frédéric David et Dominique Potier, lors des Assises de France OP Lait le 13 octobre.Philippe Duclaud, Jehan Moreau, Martine Leguille-Balloy, Frédéric David et Dominique Potier, lors des Assises de France OP Lait le 13 octobre. (©Terre-net Média) 

Pour Jean-Baptiste Moreau, il est nécessaire d’être plus incitatif. Le député propose ainsi de flécher certaines aides de la Pac vers les producteurs qui appartiennent à une OP ou une AOP. « L’avenir de l’agriculture ne passera que par une meilleure répartition des marges dans la filière, qui passera par une meilleure organisation », insiste-t-il. L’agro-économiste Frédéric Courleux estime de son côté qu’un délégué interministériel pourrait être une piste intéressante.

Vers un modèle d'OP commerciale ?

Pour ce dernier, il faut par ailleurs « évoluer vers un modèle d’OP commerciale ». Un avis que partage également Pascal Nizan, membre du bureau de la Coopération laitière, président de Sodiaal Union Bretagne Est, pour qui le statut commercial est « le but ultime d’une OP ». Pour Philippe Duclaud, directeur général adjoint à la direction générale de la performance économique (ministère de l’agriculture), si la tendance est au développement des OP, « dans la logique de contractualisation, et de négociation collective, on devrait aller vers OP multi-acheteurs, vers des associations d’OP, dans la mesure où ça donne plus de marge de manœuvre dans la négociation ».

Mais pour Denis Berranger, président de France OP Lait, il ne faut pas confondre transfert de propriété avec OP commerciale : « en tant qu’AOP, je négocie un milliard de litres de lait, on n’a pas besoin d’un transfert de propriété pour être aussi commercial qu’une coopérative ».

Ce rapport avec les coopératives reste en effet encore un enjeu pour donner plus de puissance aux OP. « Professionnellement, on n’a pas pris le taureau par les cornes, déplore Dominique Potier, qui est également agriculteur. On n’arrive pas à articuler coopératives et AOP, syndicalement, on n’a pas réussi à penser cette question. L’avenir des AOP, c’est : un seuil, le transfert de propriété et la maîtrise des volumes, car sans maîtrise des volumes, il n’y a pas de relations équilibrées ». Pour le moment, « les coopératives ont été très passives dans l’organisation des OP alors qu’une coopérative est avant tout une organisation de producteurs », précise de son côté Frédéric Courleux.

Enfin, commerciales ou non, les OP misent également sur la future Pac pour accompagner leur développement, notamment via les programmes opérationnels, à condition de pouvoir y accéder…


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DÉJÀ 13 RÉACTIONS


Jonathan
Il y a 13 jours
Il rigole encore plus lors des réunions avec berranger !!!!!
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Jmb67
Il y a 13 jours
Nos industriels laitiers se tape sur le ventre en lissant tout ces commentaires
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Rêveur
Il y a 14 jours
Nicolas je suis d accord avec Jonathan certains colistiers de berranger pensent plus à leur gueule qu à l avenir de la filière c est un scandale d entendre de la bouche d un collègue : chaque fois que je prend la voiture pour l op le compteur se met en route et ces gens là sont numéro 2 de sunlait !!! Et c est normal ? Êtes-vous au courant des sommes englouties depuis la création de sunlait ? Et pour arriver où ? Avoir le même prix que Sodiaal. Et pourtant quand ces guignols vous parlent ils ne se prennent pas pour des m... Et ils veulent gérer les payes? On embauchera les cousines du côté de la cuisse mais cela aura un prix à déduire du prix du lait Alors non à des incompétents. Ne vous inquiétez pas je connais le dossier je le vis de l intérieur à moins que vous ne fassiez partie de ceux qui enclenche le compteur
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!!!!!!!!!
Il y a 14 jours
de toute façon tout est pénalisant pour que le lait ne soit pas payé: c'est la cata
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Jmb67
Il y a 13 jours
Je vous rassure je ne fais pas partie de cette élite simplement responsable d'une petite op dans le sud est et chez nous c'est le bénévolat la priorité et nous n' avons même pas les moyens de payer un quart de temps d'administratif.
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Jonathan
Il y a 13 jours
Explique moi pourquoi l'op de berranger redistribue 2 millions de litres gratuitement ? Au mois d'avril si mes souvenirs sont bons.
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Rêveur
Il y a 13 jours
A JMB et a tout les collègues : que peut faire une laiterie devant l égoïsme de certains producteurs ? Je m explique : Au départ de sunlait savencia leur a alloué une cagnotte à partager avec un maximum voir la majorité des éleveurs. L op gérée par l emb a pris cette somme et l a divisé au prorata du volume de chacun de ses adhérents. Sunlait a monté un scénario très complexe qui a profité par le plus grand des hasards à 2/3 de ses administrateurs et le reste a des proches de ces mêmes administrateurs. Vous remarquerez que je parle pas des autres op car je ne connais pas mais sunlait désolé je le vis au jour le jour. Faut-il que je vous parle des fiestas sur le dos des producteurs et collègues ? A moins que vous ne fassiez partie de cet élite jmb cette op est un fiasco et je peux vous affirmer que cela ne fait pas rigoler savencia ce comportement car cela seme la zizanie
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Éleveur
Il y a 13 jours
Jonathan les responsables sont les comportements individualistes des personnes qui n’ont pas le sens du collectif... Que peut faire une op quand des adhérants essaient par tout les moyens d’augmenter leur volumes de production auprès des laiteries, alors que le prix du lait est dérisoire ?
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Jonathan
Il y a 14 jours
Désolé de te le dire mais le premier problème c'est l'op....des mecs qui sont producteurs de lait et qui ne défendent rien et n'obtiennent rien !!!! Juste a encaisser des cotisations.
C'est plus scandaleux que de voir Savencia un acheteur privé qui lui fait tout pour gagner de l'argent....
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Nicolas50
Il y a 14 jours
On est producteur de lait il faut arrêter les guerres de campagne toute nos dirigeants de laiteries rigole quand ils voient ça . Denis Béranger a été président de OP cleps et Sunlait il a fait son taf pour les producteurs.si il y a des agriculteurs meilleures les places sont à prendre dans les bureaux de op
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