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OP France MilkboardDes accords à négocier et l'espoir d'une application de la loi aux coopératives

| par | Terre-net Média

Les organisations de producteurs France Milkboard Grand Ouest et Normandie tiennent leur assemblée générale respective les 13 et 14 février en Ille-et-Vilaine et dans la Manche. Les deux OP espèrent conclure cinq accords-cadres avec des industriels laitiers dans les prochains mois. Emmanuel Binois, coprésident de l'OP France Milkboard Grand Ouest, attend aussi que l'inversion de la construction des prix contenue dans la loi Alimentation s'applique aux coopératives.

Les adhérents des OP France Milkboard se réunissent en assemblée générales les mercredi 13 février (FMB Grand Ouest) et 14 février (FMB Normandie).Les adhérents des OP France Milkboard se réunissent en assemblée générales les mercredi 13 (FMB Grand Ouest) et 14 février (FMB Normandie). (©@agrikol) 

Pour les organisations de producteurs France Milkboard Grand Ouest et Normandie, le contexte reste « difficile », selon le coprésident de l’OP FMB Grand Ouest Emmanuel Binois. Les deux OP tiennent leur assemblée générale respective cette semaine, à Gosné dans l’Ille-et-Vilaine mercredi 13 février et à Guilberville dans la Manche jeudi 14 février. Deux rendez-vous pour dresser un état des lieux des adhésions. « Nous sommes victimes, comme d’autres organisations, d’une érosion des adhésions du fait de la pyramide des âges défavorable. De nombreux producteurs prennent leur retraite sans successeur. » Et de plus en plus d’éleveurs prennent le virage de la conversion biologique. Pour les deux OP, c’est autant d’adhésions en moins.

Ceci dit, les représentants des deux organisations se disent à pied d’œuvre pour négocier de nouveaux accords. « Les négociations avec les industriels pour de nouveaux contrats avec des formules de prix intégrant les indicateurs de coûts de production constituent notre gros travail pour les semaines à venir. »

Conformément à la loi Alimentation et ses mesures visant à inverser la construction des prix dans les filières contractualisées et ainsi permettre une revalorisation du prix payé aux producteurs, les OP doivent négocier de nouveaux contrats intégrant ces dispositions.

« La volonté des industriels est bien de se conformer à la loi Alimentation mais sans se déconnecter complètement des cours mondiaux », pressent Emmanuel Binois. « On le voit bien : Les prix annoncés pour le premier trimestre sont les mêmes que ceux de la fin 2018. »

Mais les représentants des deux OP ont bon espoir de négocier de nouveaux accords avec cinq industriels dans les prochains mois. « Nous sommes bien avancés avec Savencia. Nous sommes en phase de discussions sur la formule de prix. On entame un round de réunions avec le groupe Lactalis. Nous discutons aussi avec Sill, Vaubernier. L’OP FMB Normandie discute aussi avec la laiterie Milleret. »

La délégation FMB Grand ouest et Normandie lors d 'une rencontre avec les représentants de Lactalis à Laval pour la négociation du futur accord-cadre.La délégation FMB Grand ouest et Normandie lors d 'une rencontre avec les représentants de Lactalis à Laval pour la négociation du futur accord-cadre. (©FMB Grand Ouest) 

Tant que les coopératives ne seront pas soumises à la loi, nous n’avons que peu d’espoir.

Emmanuel Binois veut néanmoins rester prudent. « Quand j’entends de la part du ministre que la revalorisation pour les producteurs est en route, c’est montrer un peu trop d’optimisme. Car la réalité, ce n’est pas celle-là. D’abord l’indicateur interprofessionnel ne tient pas compte des hausses de charges de ces deux dernières années, notamment la hausse du coût de l’énergie et celle de l’alimentation animale. »

Le représentant dénonce aussi les excès de communication, de la part de certains acteurs de la filière laitière, sur des revalorisations de prix « qui ne concernent finalement qu’une très faible proportion des volumes livrés par les producteurs ». « Selon les interprétations faites par les industriels, la loi ne s’appliquerait que sur les produits de grande consommation en France et, de surcroît, sur les seules grandes marques. Cela ne représente pas plus de 20 % du volume total livré par les éleveurs. »

Par ailleurs, Emmanuel Binois et ses collègues des deux OP n’oublient pas que « cette contractualisation ne concerne que la moitié de la production, et pas l’autre moitié produite par des adhérents de coopératives ». « Nous ne savons toujours pas de quelle manière les coopératives vont intégrer ces indicateurs de coûts de production. Dans la mesure où Sodiaal constitue, pour les autres collecteurs, une référence sur le prix, nous estimons que la loi doit s’appliquer aux coopératives au plus vite. Tant que les coopératives ne seront pas soumises à la loi, nous n’avons que peu d’espoir pour les autres aussi. » Les représentants de FMB Grand Ouest et FMB Normandie attendent ainsi de pied ferme l’ordonnance prévue concernant la gouvernance des coopératives.


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DÉJÀ 11 RÉACTIONS


Jonathan
Il y a 38 jours
Malheureusement ton analyse est tres juste.
Tant qu'il n'y aura pas un grand mouvement unis...rien ne bougera !
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tintin
Il y a 38 jours
tout le monde est d accord pour dire que l on se fait plumer...mais pour ensuite faire bouger les choses cela se complique.deja parce que le temps nous manque pour la plus part et aussi les finances.sans tresore pas de guerre!
d autre part le systeme est etudie pour nous isoler les eux des autres.commence par la ramener dans une ag et tu vas voir que les collegues qui sont autour de toi vont s éloigner.
enfin quand on regarde le taux d abstention aux elections de chambres nos ennemies s avent
deja qu ils ont gagnes et que rien ne va changer.
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Patrice Brachet
Il y a 38 jours
Jonathan tout à fait d accord avec toi Un directeur De gms Leclerc m a avoué que pour eux les EGA c était une poule aux œufs d or et comme on se connaît bien il m a dit: du ruissellement vous n en verrez que des gouttes et encore pas du tout sur Il faut réconcilier la ville et la campagne faire le ménage chez nous mettre du sang neuf et avec des mains qui n on pas trempé dans le cambouis et peut-être un jour mais je ne serait plus là pour le voir En attendant j essaie avec mes petites mains de faire frissonner ( et non bouger) les feuilles et au lieu d être chacun dans son coin il faut essayer de se rassembler avec des idées saines et pas forcément avec une tire lire en arrière pensée Amicalement
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Jonathan
Il y a 38 jours
Tout le monde vit bien sûr notre dos. Et à nous la misère. Je ne me suis pas installé pour ça. Faires des heures ok, malgré de bon résultat eco. Le découvert ne cesse d'augmenter
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Patrice Brachet
Il y a 38 jours
Jonathan je vois que tu fais comme tout le monde tu t’impatientes mais sache que je fais partie des organisateurs de la manifestation de Sarlat (24) ou des collègues excédés par la situation ont (2015) vidé un casino En récompense on a eu 21 collègues condamnés et le syndicalisme a une lourde ardoise donc maintenant en France on fait gaffe !
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Jonathan
Il y a 38 jours
Je ne comprend pas, a lire les commentaires depuis plusieurs semaines....on sent bien que rien ne va plus pour les producteurs. Mais rien ne se passe, pas de blocage des grandes surfaces. À quand un vrai blocage total des GMS et centrale d'achat ? Tous les agriculteurs devraient êtres Présent syndiqué ou non.....un grand mouvement bien organisé ou les tournent à tour de rôle et surtout un mouvement qui dure.
Tous le monde se plaint mais rien ne se passe
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dolorés
Il y a 38 jours
Tout à fait d'accord avec vous , un paysan des que tu lui met une cravate il ne se sent plus pissé ajouté un pactole tous les mois et le tour est joué , t'en fais ce que tu veux.Pour l'avoir vue de mes propre yeux , il faut commençait par leur acheté un cerveau.
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Innocent
Il y a 39 jours
Tintin tu sais que les administrateurs nationaux membres du bureau d une grande coop se payent la caisse que tu dis en 10 mois ! Alors le prix du lait ; c est pas le problème ce qui compte c est d émarger sur la feuille de présence . Les vaches ne sont que le support qui permet d être ce pourquoi ils sont élus
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tintin
Il y a 39 jours
nous avons surtout une rupture entre les administrateurs et les producteurs.
les administrateurs se déconnectent rapidement du terrain quand ils prennent leur fonctions....
j avais un collègue qui etait de tout les combats puis il a pris des foncions dans notre coop
et c est normal maintenant de ne pas trop payer le lait et lui roule dans une caisse a 40 000euro depuis!
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Patou
Il y a 39 jours
Fink le problème c est la main d œuvre dans Les coops il y’a trop de personnel, des encadrants trop payés des c a qui sont trop cher et la marge part là ah j oubliais des acquisitions souvent pas rentables mais forcées par les élus pour sauver leur entreprise locale La on a la recette du lait à la française ; le meilleur du monde et parmi les moins bien payés !
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