Crise du lait, PS, Emb-Cr et JALes nouvelles réactions syndicales et politiques depuis 48 heures

| par Frédéric Hénin | Terre-net média

Les engagements des banquiers, des assureurs et de la Msa annoncés lundi en faveur des éleveurs, les ralliements de la Pologne et de l'Italie à la démarche franco-allemande pour d'instaurer une nouvelle régulation de la production laitière en Europe et, l'annonce d'un conseil extraordinaire des ministres de l'agriculture le 5 octobre prochains font réagir. La CR-Emb et JA notent des évolutions sur le dossier du lait, le parti socialiste reste retranché sur ses positions.

Emb-Coordination rurale: des avancées, mais l’EMB maintient la pression

« La journée du 23 septembre a été riche en annonces positives. L’Italie s’est ralliée aux positions franco-allemandes en faveur d’une régulation du marché du lait. Les partisans de la régulation détiennent donc enfin la majorité qualifiée au sein de l’Europe grâce à l’action des producteurs de l’Emb, et c’est une première victoire. Unis dans un mouvement européen, ils sont en position de faire reculer la Commission européenne ! »

« L’Emb note qu’il est cependant trop tôt pour relâcher la pression, bien au contraire ! Suite aux blocages,


Quel avenir pour l'élevage laitier? (© Terre-net Média)
certaines laiteries manquent aujourd’hui de lait, à l’image d’une laiterie en Normandie qui a arrêté la production de fromage, faute de matière première. »

Jeunes agriculteurs : OUI à une nouvelle régulation européenne du secteur laitier décidée à l’unisson !

Ayant demandé depuis longtemps le retour à une régulation du secteur laitier à travers son Projet Lait 2004, Jeunes Agriculteurs ne peut que se réjouir et soutenir votre volonté de mettre en place une nouvelle régulation européenne du marché du lait.

Un conseil extraordinaire des ministres européens de l'Agriculture début octobre pourrait être décidé. « Si la demande de Mr Le Maire aboutit, il faudra ensuite que les producteurs s’organisent au niveau national pour peser face à la grande distribution. » commente William Villeneuve, président du syndicat Jeunes Agriculteurs : « Cela sous-entend des mesures efficaces au niveau français pour organiser la collecte et éviter aux producteurs d’être la seule variable d’ajustement de la dérégulation et des variations insupportables du prix du lait à la production.»


Germinal Peiro, secrétaire national
à l'agriculture (PS) (© Terre-net Média)
Parti socialiste : L’heure n’est plus aux « mesurettes » et aux rafistolages

L’heure n’est plus aux mesurettes et aux rafistolages, mais à un changement radical. Le Parti socialiste demande au gouvernement de porter à nouveau le dossier des quotas laitiers à l’échelle européenne, en exigeant leur prorogation sine die, ainsi que le gel immédiat de leur augmentation. Les décisions désastreuses décidées sous présidence française de l’Union européenne fin 2008 doivent être abandonnées.

Le principe des quotas doit être rétabli et défendu par tous : ce sera un signal fort et une solution indispensable pour sortir les éleveurs de leur désarroi.

Le Parti socialiste dénonce avec force et détermination le jeu de dupe dont sont victimes les éleveurs laitiers et les consommateurs, qui pour leur part ne constatent aucune baisse de prix.

Pour le Parti socialiste, la restructuration en cours dans la filière laitière est souhaitée et même planifiée par les libéraux européens avec l’accord du gouvernement français. Cette restructuration a pour objectif inavoué la concentration de la production laitière, au nom de la seule compétitivité économique, au profit des industries de transformation et de la distribution. (23 septembre 2009)

Au conseil régional de Bretgne 

Dans un article paru dans « Le Monde » du 24 septembre 2009 (La grève du lait, cri d'alarme du monde agricole), Jean Yves Le Drian, président du conseil régional de Bretagne appuie les positions défendues au niveau national par le partis socialiste.

« Les quotas sont pourtant un outil de régulation publique très efficace s'ils sont bien utilisés, d'autant plus qu'ils ne coûtent rien à la puissance publique, au contraire des subventions. Ils permettent de donner aux agriculteurs ce qu'ils réclament depuis longtemps : des prix rémunérateurs plutôt que des aides publiques, et une lisibilité à long terme sur le marché pour sécuriser leurs investissements. Les quotas laitiers ne sont pas parfaits sous leur forme actuelle, mais il vaudrait mieux tenter de les améliorer plutôt que de les supprimer. S'il est en effet facile de les supprimer, il est beaucoup plus complexe de les mettre (ou de les remettre) en place. La France, à l'origine de leur création en 1984, n'a pas su ou n'a pas voulu les défendre jusqu'à présent aux côtés de pays comme l'Allemagne ou l'Autriche ».


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