Banques, assurances, Msa et crise du laitPlusieurs centaines de millions d'euros mobilisés pour les éleveurs

| par Frédéric Hénin | Terre-net média

250 millions de prêts de consolidation, des frais financiers en moins, des reports d'appels à cotisations sociales, des règlements de primes d'assurance échelonnés. Banques, assurances, Msa ont répondu lundi 20 septembre 2009 à l'appel lancé par Bruno Le maire, ministre de l'agriculture, pour accompagner le plan de redressement de la filière lait qu'il bâtit depuis son entrée en fonction. Et tout cela, en prenant un ensemble de dispositions visant à répondre au cas par cas aux difficultés financières des éleveurs laitiers.


Le ministre Bruno Le Maire
a rencontré les différents partenaires
financiers et sociaux de l'agriculture lundi 
(© Terre-net Média)
Comme il l’avait annoncé la semaine dernière, Bruno Le Maire opère sur plusieurs fronts à la fois pour apporter une solution durable à la crise laitière.

Lundi 20 septembre, après avoir passé la matinée en Pologne où il a réussi à obtenir l’adhésion de son collègue du ministère de l’agriculture polonais au projet franco-allemand de bâtir une nouvelle régulation européenne du marché du lait, le ministre de l’agriculture français s’est attaqué au volet financier du plan d’accompagnement des éleveurs laitiers français qu’il bâtit jour après jour. En jeu, l’avenir de 90.000 éleveurs laitiers mais aussi l’avenir de centaines de milliers d’emplois induits (industrie, conseil, recherche).

Convoqués par Bruno Le Maire dans l’après midi, les représentants des principaux partenaires financiers et sociaux des éleveurs (banques, assurances et Msa) se sont entendus sur les points suivants.

Pour les éleveurs qui ont récemment investi et les jeunes agriculteurs nouvellement installés, les banques leur accorderaient 250 millions d’euros de « prêts de consolidation » : 200 millions pour le Crédit agricole et 25 millions pour le Crédit mutuel et les Banques populaires (les enveloppes sont flexibles). Objectif, consolider des bilans en convertissant les déficits de trésorerie en prêts remboursables sur à 3 à 5 ans (taux de 3 % maximum) avec un différé d’un an sans intérêt. La première échéance serait donc pour 2011.

Pour les échéances dues au titre de 2009 par les éleveurs en difficultés, les 30 millions d’euros annoncés la semaine dernière pour la filière élevage par Bruno Le Maire seraient en partie affectés à la


De gauche à droite, Michel Clavé, responsable du marché de l'agriculture
 et J. Hochet, directeur délégué général au Crédit Agricole et
au centre, Yvan de la Porte Dutheil, président des Banques
Populaires  à la sortie de leur entretien avec Bruno Le Maire,
au ministère de l'agriculture, rue de Varenne à Paris (© Terre-net Média)
prise en charges des frais financiers inhérents (ou tout au moins une partie) ; le remboursement du capital pouvant par ailleurs être différé et intégré au montant du prêt de consolidation qui serait accordé aux éleveurs bénéficiaires.

Mais attention, les banquiers ne prêteront, comme d’habitude, qu’aux éleveurs disposant d’une marge de remboursement suffisante pour faire face à leurs nouvelles échéances.

Un dispositif d’accueil répondra aux questions des éleveurs portant sur la restructuration financière de leurs exploitations.

Eviter la spirale de l'endettement 

Aux propositions du Crédit agricole, du Crédit mutuel et des Banques populaires, s’ajoutent les efforts consentis par la Msa et les assurances pour accompagner à leur manière les éleveurs.

La Msa propose ainsi de reporter à juin 2010 le dernier appel à cotisations de 2009 calculé sur les trois exercices fiscaux 2006, 2007 et 2008 et ce, sans pénalités. Pour les éleveurs les plus en difficulté, la Msa prendra en charge une partie des cotisations dans la limite de l’enveloppe des 5 millions d’euros de crédits affectés à cet effet. Il reste à savoir de ce qu’il en saura pour les éleveurs au forfait !

Coté assurances, le ministre de l’agriculture a annoncé que les compagnies traiteraient au cas par cas le paiement des primes à régler habituellement en début d’année. Aucun allègement ne semble donc envisagé. Simplement quelques échéanciers à prévoir.

En faisant ces annonces, Bruno Le Maire a donc réaffirmé lundi la stratégie qu’il conduit depuis des semaines « pour ne pas laisser tomber les éleveurs ni immédiatement ni à long terme » (pour plus d’informations, lire l’article à paraître).

Mais le dispositif mis au point ne sera bénéfique aux éleveurs que si le marché du lait se redresse durablement. Sinon, de nombreux éleveurs seront entraînés dans une spirale d’endettement dont de nombreux éleveurs de porcs ne parviennent pas à s’en sortir depuis plusieurs années.


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