Crise du laitLes actions continuent, mais les producteurs sont plus optimistes

| AFP

Les producteurs de lait ont maintenu la pression mardi en menant de nouvelles actions à Paris et en province pour protester contre l'effondrement des prix, tout en se montrant optimistes sur l'issue du conflit au vu des gestes faits par le gouvernement.

Au douzième jour du mouvement, certains des grévistes, membres de la Coordination rurale et de l'Organisation des producteurs de lait (OPL), commençaient ainsi à évoquer une possible sortie de crise, estimant « certaine » l'avancée des discussions avec le ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire.

Sur le terrain, les opérations spectaculaires, comme celle du 18 septembre au Mont Saint-Michel où plus de deux millions de litres avaient été déversés, ont fait place à des actions plus modestes. A Paris, la Confédération paysanne --qui n'a pas appelé à la grève mais qui la soutient-- a ainsi organisé avec le Secours populaire une distribution gratuite de 22.000 litres de lait place de la République.

En province, les opérations d'épandage de lait se sont poursuivies notamment en Bretagne, dans les Ardennes et les Vosges. Dans la Meuse, les agriculteurs ont déversé plus de 600.000 litres à Chaumont-sur-Aire. Il s'agit du département le plus touché à l'Est: 700 des 840 producteurs sont en grève, selon des organisations syndicales.

Des blocages et filtrages des accès des laiteries ont une nouvelle fois été organisés. Les producteurs accusent celles-ci de minimiser le mouvement ou d'importer des produits lactés pour compenser la baisse de production française. Dans les Pays-de-Loire, des producteurs ont réinstallé mardi les barrages levés lundi soir devant une demi-douzaine de laiteries des deux départements.

Dans le Calvados, le blocage de deux laiteries, depuis lundi par des producteurs, était en passe d'être levé, selon les gendarmes. Une autre (Lactalis) faisait l'objet d'un barrage filtrant. En Midi-Pyrénées, il n'y avait plus de « blocage», selon la coordination rurale, mais des « contrôles» pour vérifier qu'elles ne s'approvisionnent pas en lait en provenance de l'étranger. « La grève du lait», entamée il y a douze jours par les producteurs, commence à avoir des conséquences sur l'approvisionnement en lait des fromageries.

Les Maîtres laitiers du Cotentin, en Normandie, ont ainsi arrêté pour deux jours un de leurs trois sites de production. Du côté des grévistes, le ton était toutefois plus optimiste que ces derniers jours sur l'issue de la crise. « Nous maintenons de toutes les façons la grève jusqu'à jeudi. Après, si le ministre de l'Agriculture Bruno Le Maire confirme ses promesses, nous pouvons envisager d'arrêter le mouvement», a déclaré à l'AFP François Lucas, président de la Coordination rurale. M. Le Maire, qui défend une meilleure régulation du marché du lait, a demandé lundi la tenue d'un conseil extraordinaire des 27 ministres européens de l'Agriculture. S'il obtenait gain de cause, ce serait « un geste fort», estime la Coordination rurale. Il a aussi rallié la Pologne à un texte commun franco-allemand qui propose des mesures pour accompagner la suppression programmée des quotas laitiers à l'horizon 2015.

Le ministre a prévu de se rendre mercredi à Rome pour convaincre son homologue italien, un appui nécessaire pour obtenir la majorité qualifiée au sein de l'Union européenne. M. Le Maire avait par ailleurs annoncé lundi le déblocage immédiat par les banques de 250 millions d'euros de prêts, avec un remboursement différé d'un an pour les producteurs les plus en difficulté, ainsi que la prise en charge par l'Etat de certains intérêts d'emprunt.


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