Porc, lait, revenuDes prix rémunérateurs et une régulation de la production à nouveau d'actualité

| par Frédéric Hénin | Terre-net Média

Deux communiqués, l'un portant sur le lait, l'autre sur le porc soulignent chacun à leur façon la mauvaise organisation des marchés pour expliquer la faiblesse des prix et des marges. Mais aussi l'inadaptation de l'offre à la demande.


Dégager un revenu pour les producteurs de porcs aussi.
(© Terre-net Média)
« Du porc à un prix équitable….comme le lait! Il faut donc en premier lieu relever significativement les prix à la production. » « Suite à la publication des chiffres catastrophiques du marché du porc pour 2009 (baisse de 9 % du prix par rapport à 2008)», l'Organisation nationale des éleveurs de porcs (Onep - section porc de la Coordination Rurale) , rappelle que « ce prix est au même niveau qu’en 1976. Il manque 24 000 euros à un élevage de 150 truies pour couvrir ses charges. Les 2/3 des éleveurs sont endettés à plus de 80 %, dont 1/3 à plus de 100 % entraînant des familles entières dans la détresse et à la ruine. La crise mondiale incriminée par certains a bon dos ! Alors que les stocks sont quasi nuls, les abatteurs continuent à faire pression sur les prix, tout en préservant leurs marges. De quel droit peuvent-ils envoyer les producteurs à la faillite ? Chacun doit vivre du fruit de son travail ».

« Les aides et les prêts de sauvetage annoncés en grande pompe ne vont pas améliorer les revenus. Ce ne sont que des pansements collés sur les plaies non cicatrisées des crises précédentes. Sur ces 10 dernières années, seules 3 ont été correctes. »

« Quand va-t-on s'attaquer aux causes réelles et profondes du mal ? Les prix agricoles ne représentent que 4 % des 17 % que les ménages consacrent à l'alimentation dans leur budget. Il faut donc en premier lieu relever significativement les prix à la production. L'inflation sera infime. »

A lire aussi :

- Production de lait - « Si la tendance se poursuit, la France réaliserait alors sa plus forte sous-réalisation depuis l’instauration des quotas en 1984 » (Ssp) 

- Production d’animaux de boucherie en 2009 - Baisse des abattages de bovins, d’ovins et de porcins

«Le renforcement de l'Observatoire des prix et des marges inscrit dans la Lma doit servir à refondre une nouvelle Politique Agricole et s'élargir aux autres pays européens. Cela nécessite une Organisation Commune de Marché gérée par les producteurs dans une interprofession pluraliste, en adaptant régulièrement l'offre à la demande et en favorisant la répartition équitable des marges dans la filière, sous le contrôle des pouvoirs publics. »

 

«L'harmonisation des charges sociales (la main d'œuvre dans les abattoirs français coûte 40 % de plus qu'en Allemagne) doit être une priorité européenne pour venir à bout des distorsions de concurrence insupportables. Il faut instaurer une Tva sociale. »

Enfin, l'Onep demande le retrait de la nouvelle contrainte sur la transportabilité (l'éleveur qui expédie des porcs avec des anomalies, du type abcès, boiteries, etc.. paie une pénalité à l'abattoir, voire le transporteur refuse de les prendre). Cette mesure franco-française pourrait coûter 1.500 €/an à un élevage moyen. Les Services Vétérinaires des abattoirs sont déjà compétents pour garantir la qualité sanitaire de la viande pour la consommation humaine.

Impliquer les pouvoirs publics dans la gestion de l’offre (Confédération paysanne)

La Confédération paysanne rappelle que « pour résoudre les crises agricoles et avant tout les prévenir, l’implication des pouvoirs publics dans la gestion de l’offre s’impose. »

« La définition par les pouvoirs publics et les producteurs, des volumes à mettre en production sur le territoire afin de satisfaire aux besoins du marché intérieur est l’élément pertinent du 'système laitier canadien' ; de plus, le gouvernement a le pouvoir de limiter les importations. »

Le syndicat de Bagnolet revendique « le maintien et l’amélioration du système des quotas laitiers en Union européenne, avec adaptation de l’offre à la demande, et protection aux frontières ».

N.B : D'après le Service de la statistique de la prospective

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