Impact du Covid-19La crise touche davantage le moral que la trésorerie des agriculteurs

| par | Terre-net Média

Les agriculteurs font partie des professionnels à avoir continué le travail tout au long du confinement pour nourrir les Français, généralement avec fierté. Néanmoins, si l'activité agricole est à la hausse, elle n'a pas été exempte de contraintes nouvelles liées au coronavirus, contribuant à rendre cette période difficile pour les agriculteurs français qui, pour 45 %, se sont sentis particulièrement isolés.

Si le Covid-19 a des impacts économiques sur le secteur agricole, c'est surtout l'isolement que déplore une grande partie des agriculteursSi le Covid-19 a des impacts économiques sur le secteur agricole, c'est surtout l'isolement que déplore une grande partie des agriculteurs (©Pixabay)

Contrairement à d’autres secteurs, l’activité n’a pas été arrêtée par la crise sanitaire dans le domaine agricole. Ainsi, une étude réalisée en ligne par Ipsos du 10 au 27 avril 2020 avec AgriAvis, auprès d’agriculteurs de grandes et moyennes exploitations, la charge de travail est globalement restée la même pendant le confinement. Pour 13 % des répondants, l’activité a augmenté, quand seulement 5 % ont connu une baisse.

Cependant, plus d’un agriculteur sur trois a rencontré des problèmes de débouchés, et la situation est d’autant plus préoccupante qu’elle a concerné plus particulièrement les éleveurs (45 %) et les petites exploitations (43 %), plus vulnérables. À noter que 30 % des agriculteurs ont rencontré des problèmes d’approvisionnement, et 6 % ont manqué de main d’œuvre.

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Ces contraintes nouvelles imposées par le Covid-19 ont engendré des difficultés financières pour 19 % des agriculteurs, notamment ceux qui écoulaient une partie importante de leur production sur les marchés et ceux qui avaient développé une activité de ferme pédagogique. 11 % se sont adaptés à la situation en développant les circuits courts.

Pour autant, moins d'un agriculteur sur dix a sollicité une des aides mises en place par le gouvernement pour soutenir les différents secteurs économiques touchés par le ralentissement forcé de l'activité, d'après un sondage réalisé sur Terre-net du 5 au 12 mai (NB : les résultats de ce sondage sont indicatifs, l'échantillon n'ayant pas été redressé).

Un isolement renforcé par la crise

Cependant, c’est l’isolement qui représente la plus grande difficulté pour 45 % des agriculteurs interrogés. 46 % des répondants ont déploré être moins en contact avec leurs conseillers, leurs commerciaux, en raison du travail à distance généralisé pendant la période de confinement. La situation peut être d’autant plus difficile à vivre qu’un certain nombre de facteurs concourent déjà à isoler les agriculteurs, profession qui déplore un suicide par jour. Le besoin d’accompagnement se fait notamment sentir face à un manque de visibilité et de clarté sur les directives gouvernementales, déploré par 42 % des agriculteurs, ou sur les besoins des filières, pour 34 % des répondants.  

Cette demande d’accompagnement doit se traduire, dans les faits, par des prix de vente garantis, estiment 79 % des sondés. 72 % sont favorables à un assouplissement des contraintes règlementaires, et 63 % attendent une régulation des volumes produits. Par ailleurs, 62 % des répondants souhaitent un dédommagement financier pour indemniser les pertes de production. Enfin, 59 % des agriculteurs demandent la mise en place d’un accompagnement économique par filière.

Le contexte économique et l’isolement ont logiquement un impact sur le moral des agriculteurs et sur leur vision de l’avenir. Si 17 % se déclarent optimistes, peut-être en raison des opportunités que la crise a pu générer (37 % des sondés estiment qu’elle a permis de revaloriser leurs métiers aux yeux des Français), 40 % des répondants se déclarent pessimistes.


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DÉJÀ 9 RÉACTIONS


Jonathan
Il y a 89 jours
premièrement, Arrêtons tout simplement la livraison du lait, aucun un litre de lait à la laiterie.
Deuxièmement, vidons tous les rayons de produits alimentaires, en appelant les restos du cœur, le Secours populaire.... En leur donnant les produits, ne pas balancer les produits alimentaires n'importe comment. Faire venir les journalistes en disant que nous nous donnons notre lait à la laiterie et par ce fait à la GMS, donc les GMS ne doivent plus vendre leurs produits mais le donner.
Et comme cité plus bas arrêtons tous de payer nos fournisseurs.
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vik
Il y a 89 jours
Hier aux actualités ils ont dit que les frigos étaient vides, donc si j'ai bien compris c'est qu'ils stock 2 mois "confinement" ah........... voila le pourquoi du comment ils font baissés les prix, Le gouvernement devraient faire taxé le stock
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trop bete
Il y a 90 jours
De la trésorerie, ca fait longtemps qu'on n'en a plus...
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monique
Il y a 90 jours
comment ça , ça ne touche pas la trésorerie ?
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Jeuneagri
Il y a 90 jours
@webagri
9/10 n'ont pas demandé "d'aides" : encore faudrait-il que l'on soit dans les clous pour pouvoir demander quelque chose...
Les critères n'étaient pas assez flexibles, et les prêts ne sont pas tous autorisés...
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Jeuneagri
Il y a 90 jours
Pour les exploitations isolées il faut la distrib.
C'est le rôle de la distrib qu'il faut remettre en cause. Au lieu qu'elle nous achète bas prix pour se concurrencer entre elles, ils ne devraient pas fixer le prix de ce que l'on vend , mais ils devraient fixer leur marge (exemple 10%) sur le prix que l'on fixe nous au consommateur. Ainsi on vend au prix que l'on souhaite, et les grandes distribution se concurrencent entre elles grâce à leur marge (10% l'une, 8% l'autre etc) . C'est le seul moyen de contenter tout le monde... Et au moin on sait le vrai prix qui nous reviendra.
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ptiloui
Il y a 90 jours
Vous allez me dire que c'est plus facile à dire qu'à faire, mais tout doit être fait pour faire disparaitre les GMS. 4 ou 5 groupes qui monopolisent 80 % de la distribution c'est insensé.
En tout cas pour moi c'est une évidence, et donc autant que possible (presque atteint sur les productions de la ferme) : Ne rien leur vendre, et à titre perso ne jamais mettre un pied chez ces bandits. Du coup la ferme se porte bien, on ne se plaint pas.
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steph72
Il y a 90 jours
Pour la viande bovine baisse du prix déja bas alors que la gms augmente ses prix !
Les producteurs ne vont pas tenir longtemps à ce rythme;
Encourager les jeunes à s'installer est completement irresponsable
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Olmer
Il y a 90 jours
Ah si ma trésorerie fond!!!!!
- 30 ctes du kgs de porc , hausse du tarif des aliments, bravo les coops abattoirs et gms ,vous n êtes là que pour piller nos fermes.
Arretons de payer tous les fournisseurs, ça suffit!!!!!!
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