Confédération paysanneAu regard de la crise, repenser le modèle agricole à long terme

| par | Terre-net Média

Dans une lettre ouverte diffusée le 20 mars, la Confédération paysanne estime que la crise actuelle liée au Covid-19 remet en lumière le rôle crucial de l'agriculture et pose la question de l'avenir du modèle alimentaire.

La Confédération paysanne invite, à la lumière de la crise, à repenser un modèle agricole plus durableLa Confédération paysanne invite, à la lumière de la crise, à repenser un modèle agricole plus durable (@rv59268 (France Agri Twittos))

Dans un long courrier diffusé le 20 mars, la Confédération paysanne rappelle que si la crise actuelle est avant tout sanitaire, « elle montre que bien de domaines de notre quotidien doivent être extraits des logiques de compétition mondiale, de recherche de profit à tout prix, de financiarisation de l’économie réelle, de spécialisation des territoires ».

Alors que les Français s’inquiètent de leur approvisionnement en nourriture pendant la période de confinement, et que le gouvernement et le chef de l’Etat rappellent l’importance de reprendre le contrôle de notre souveraineté alimentaire, le syndicat souhaite mettre en question le modèle alimentaire actuel et penser à l’avenir.

Des choix politiques à effectuer

Car pour traduire cette volonté de souveraineté alimentaire en actes, d’autres choix politiques seront nécessaires en matière de modèle agricole, insiste la Conf’. « Si on continue à breveter le vivant et déléguer la production de semences à des firmes multinationales, qu'en sera-t-il en période de crise si nous n'avons pas la main sur la base de toute notre alimentation ? Si on continue à construire des filières internationalisées dont le moindre choc économique, sanitaire, climatique engendre une volatilité catastrophique des marchés, comment garantir des prix justes, stables et sécurisés pour nous paysans qui vous nourrissons ici et ailleurs ? », demande par exemple le syndicat.

« Les tendances actuelles à la disparition de l'emploi paysan et à la mondialisation des échanges nous exposent à une concurrence acharnée sur les prix et les moyens de production à l'échelle mondiale. Les accords de libre-échange aggravent la situation sur le plan social, économique, sanitaire et écologique », ajoute la Confédération paysanne, pour qui il est indispensable d’arrêter la spécialisation des territoires, l’agrandissement ou l’industrialisation des structures agricoles. « Nous avons besoins de pouvoir compter sur les savoir-faire paysans et leur connaissance de la complexité des écosystèmes », insiste le syndicat.

Au regard des décisions fortes qui ont été prises pour lutter contre la pandémie de Covid-19, la Conf’ estime que ces choix politiques sont réalisables, d’autant plus qu’aujourd’hui, l’ensemble de la population reconnaît le travail des paysans à sa juste valeur. « La Confédération paysanne appelle à un soutien indéfectible aux paysannes et paysans, aujourd'hui, et elle demande aussi que ce soutien soit durable. Dès aujourd’hui, les modes de distributions et commercialisations qui font vivre des dizaines de milliers de paysan.ne.s et concernent des millions de citoyen.ne.s sont sous pression. Il faut trouver des solutions concrètes, innovantes et durables pour tou.te.s les paysan.ne.s, touché.e.s, parce qu’ils.elles dépendent du système mondialisé, de contrats avec la restauration hors domicile, de marchés de plein vent dont l’ouverture est incertaine ».  


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DÉJÀ 7 RÉACTIONS


Chable 533
Il y a 255 jours
Merci pour ce bon sens retrouvé dommage que vous ne puissiez pas peser plus dans les discussions...Mais peut être est ce notre faute à nous agriculteurs d'avoir tout délégué aux autres même notre représentation syndicale qui n'en est plus une.
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????
Il y a 256 jours
Lacombe, un pantin qui comme il n avait pas la capacité à gérer à délégué son pouvoir aux directeurs pour qui les producteurs sont le cadet de leurs soucis. Pour info savencia annonce -40€.
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Djuma
Il y a 186 jours
L EST de la RDC, plus précisément la territoire de Beni est menace de deux crises simultané de confinement et des guerres contre la population, les populations ont abandonnes les cultures dans les champs, les conditions de vie sont désagréable et pénible La degradation de l autorité de l état est maintenant visible par tous, en Secteur de Ruwenzori et Beni
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Moty
Il y a 256 jours
Bravo pour cette belle tribune.
A chacun de prendre sa part , de vendre et de consommer + local. Certains sont déjà engagés partiellement ou totalement. La majorité des agriculteurs " ne sont que " producteurs, chez nous, en filière longue , on essaie déjà de produire l'alimentation pour la famille ( c'est un premier pas )
bonne reflexion à tous
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titian
Il y a 256 jours
Pas la peine d'aller chercher aussi loin en terme de traîtrise, on n'est évidemment jamais mieux servi que par soit même, le dernier courriel de Mr Lacombe président de Sodiaal est là, il pleure déjà avant que la méga structure en patchwork financier est mal, il nous prépare comme avec un discours vieux de 50 ans à de sempiternels efforts.
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j-f 17
Il y a 256 jours
moi aussi je suis d accord avec ben 64 mais je vous voudrais rajouter que le +gros groupe industriel français au niveau de la viande bovine est entrain de faire baisser les vaches de 20 centimes d euros du kg n es ce pas scandaleux en periode de guerre de profiter de le detresse des gens pour s enrichir..... j espere que le gouvernement s occupera de lui pour traitrise a la patrie et j espere que tout les syndicats agricoles feront ce qu_ il faut pour l empecher de nous nuire indefiniment marre de ce type qui se moque de la loi egalim et j espere que tout les consommateurs se ligueront aussi pour ne plus acheter sa viande et oui bigard honte a toi pour tout ce que tu fais au peuple français
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ben64
Il y a 257 jours
helas qu est ce que j aimerais que vous ayez raison!!!
mais ne revez pas ,quand cette crise sera fini (le plus vite possible je l espere) les premieres semaines voire les premiers mois on dira merci aux paysans mais ensuite tout sera vire oublie et les paysans reprendront leur role de pollueurs aux yeux de la societe qui n auront qu u ne seule envie : acheter le dernier i phone et se goinfrer au mac do
un paysan un brin desabuse par la c... humaine
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