Au congrès de BiarritzLa CR surfera sur la vague du succès des grèves du lait

| par Frédéric Hénin | Terre-net Média

La présentation du prochain congrès à Biarritz a été l'occasion de revenir sur les sujets d'actualité et en particulier la préparation de la loi de modernisation agricole et des principaux points auxquels la CR est attachée.


François Lucas, président de la coordination rurale
(© Terre-net Média)
C’est un syndicat qui inscrit dorénavant ses combats dans une dimension européenne qui va tenir mercredi 2 décembre prochain son 16ème congrès national à Biarritz. Un congrès auquel participeront Romulad Schaber, président de l’Emb et Pascal Massol, président de l’Apli qui ont orchestré, avec l’Opl (émanation de la Cr), la grève du lait en France et en Europe en octobre dernier.

Fidèle à ses idées de reconstruire les outils d’intervention de la Pac, « aujourd’hui totalement disparus », et de relancer ainsi l’agriculture européenne, le syndicat dirigé par François Lucas approuve un certain nombre d’initiatives portées par Bruno Le Maire, ministre de l’agriculture. Et en particulier, donner comme mission à la Pac, celle de nourrir les 500 millions européens. Il espère que la réunion du « G20 européen » qui rassemble les vingt pays en faveur d’une nouvelle régulation de la production agricole européenne, traduira l’impatience de ces pays pour conduire cette politique concrètement espérée.

En attendant, la nomination du nouveau commissaire européen à l’agriculture, le roumain et francophile Dacian Ciolos est une « bonne nouvelle. Et je mets cette nomination au crédit de l’action de Bruno le Maire et de la grève du lait », déclare François Lucas. « Avec la Pologne et la France, la Roumanie est un des pays où les décisions en matière agricoles prises à Bruxelles ne sont pas sans impact ! Aussi, il est difficile d’imaginer que les décisions seront prises contre les propres intérêts des paysans roumains ».

Trois questions à François Lucas

Quel est l’état de santé de la CR à deux jours du congrès de Biarritz ?
Le syndicat se porte très bien. Au niveau départemental, de plus en plus de fédérations où le score aux élections des chambres d’agriculture en 2007 était supérieur à 15 % sont dorénavant représentatives et ont un siège dans les différentes commissions : Safer, Cdoa …

Et au niveau européen ?
Emporté par le succès de la grève du lait, le 16ème congrès sera peut-être l’occasion de poser les premières fondations, pour le secteur céréalier, d’une organisation européenne équivalente à celle existant déjà pour le lait, à savoir, l’European milk board. Des contacts ont été pris avec des syndicats des pays voisins qui partagent les mêmes valeurs que la CR.

A quoi attribuez-vous ces succès ?
Toutes ces évolutions sont le résultats d’un ardent travail conduit depuis la création de la Coordination rurale. Mais maintenant, cap 2013 pour transformer l’essai de 2007 en succès.

La présentation du prochain congrès à Biarritz, a été l’occasion de revenir sur les sujets d’actualité et en particulier la préparation de la loi de modernisation agricole et des principaux points auxquels la CR est attachée. Le syndicat jouera de toute son influence auprès de « ses relations de lobbying » pour que le Parlement les soutienne ou les propose si ses propositions ne figurent pas dans le projet de loi attendu.

Premier point important, « mettre fin à la cogestion » en établissant les bases d’une représentation équitable des syndicats dans les interprofessions et autres instances représentatives en général. Les leaders de la CR espèrent que la modernisation du dialogue en agriculture ne sera pas une fois de plus un vœux pieux. « Les propos du président de la République sur ce sujet laissent espérer que la situation va peut être changer », pense François Lucas. Le second point vise à faire de l’agriculture un laboratoire social en faisant porter le financement de la protection sociale du travail sur le consommateur. Cette Tva sociale serait appliquée aux produits agricole français mais aussi importés afin de réduire les écarts de compétitivité. Il pourrait porter le taux de 5,5 % à 11%.

Enfin, troisième point, définir un cadre législatif pour permettre aux agriculteurs de se lancer en toute liberté dans la production d’énergie photovoltaïque en plus de leur activité agricole. La CR déplore la chape de plomb instaurée par les « soviets agricoles, et le syndicalisme majoritaire » pour empêcher le développement de cet activité.


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