Viande bovineComment la FNB mise sur le « c½ur de gamme » pour redresser toute la filière

| par | Terre-net Média

Pour sortir la filière bovine d'une logique du moins-disant, la Fédération nationale bovine espère soumettre toutes les enseignes de la distribution à la valorisation d'un « c½ur de gamme » des races à viande pour écouler, à terme, plus de 60 % de la viande de race bovine sur ce nouveau segment de marché. En parallèle, le syndicat part en croisade juridique contre les « mensonges » marketing de certaines enseignes.

Mieux valoriser une bête avec le Mieux valoriser une bête avec le "cœur de gamme" permet, selon la FNB, de gagner 500 € par animal. (©Terre-net Média)

A quelques jours de son congrès annuel, qui se tiendra les 1er et 2 février à Nevers, dans la Nièvre, la Fédération nationale bovine a fait le point sur sa démarche « structurante » de développement d’un « cœur de gamme » des viandes de race allaitante dans les enseignes de la distribution.

Suite à son appel à mobilisation des éleveurs, début juin 2016, pour s’investir dans cette opération, le syndicat a fait progressivement signé plusieurs groupes de la distribution. Système U d’abord dès juin 2016, puis le groupe Leclerc en septembre, mais aussi Carrefour, Auchan et Casino ont rejoint la démarche. Cette dernière vise à mieux valoriser les animaux de race à viande, dans une dénomination « cœur de gamme », pour contrecarrer une spirale à la baisse, tant en termes de prix, que de qualité, observée depuis des années par les éleveurs.

L’objectif est simple, a rappelé Jean-Pierre Fleury, le président de la FNB. En imposant une nouvelle segmentation du marché de la viande bovine, on peut mieux valoriser nos animaux en termes de prix ». Selon Cédric Mandin, secrétaire général adjoint de la FNB et éleveur en Vendée, les éleveurs de ce département auraient récupéré un total de 1,5 M€ de valeur ajoutée grâce à la démarche. Pour chaque animal, la valeur ajoutée récupérée avoisine les 500 €. C’est bien concret ! »

Dans cette démarche, les enseignes s’engagent à respecter « deux grands principes » : tenir compte du coût de production de l’éleveur issu de l’indice Ipampa de l’Institut de l’élevage-Idele repris désormais par l’observatoire de la formation des prix et des marges, et retourner la valeur ajoutée à l’éleveur. Chaque magasin engagé dans la démarche « cœur de gamme » s’engage par ailleurs à valoriser ainsi 50 % de la viande qu’il commercialise.

Les ambitions de la FNB pour développer cette filière ne sont pas minces : à plus ou moins long terme, le syndicat souhaite que 66 % des 12 000 animaux issus du troupeau allaitant abattus chaque semaine en France soit valorisé en « cœur de gamme ». Soit entre 7 000 et 8 000 vaches allaitantes, contre tout juste 1 000 carcasses par semaine valorisées actuellement.

Intermarché attaqué en justice par la FNB

« Nous sommes déterminés sur ce dossier », a martelé Jean-Pierre Fleury, avant de distribuer bons et mauvais points à l’égard des distributeurs. « Système U a dès le départ bien compris notre démarche. De même que Carrefour. Leclerc et Casino, bien qu’ils aient signé un engagement, ne semblent pas avoir bien intégré la démarche. »

Le moins bien noté par la FNB est Intermarché. Le syndicat a d’ailleurs décidé d’assigner l’enseigne devant le tribunal de grande instance de Paris pour utilisation mensongère et trompeuse de l’image des éleveurs dans ses publicités. « On va faire table rase de toutes ces conneries marketing faites sur le dos des éleveurs », gronde Jean-Pierre Fleury.

Sur la question centrale des prix, la FNB dénonce les résultats de l’observatoire européen des prix carcasse. Selon ce dernier, « la France est le 18e pays qui  paye le plus mal ses éleveurs ! Nous sommes en dessous de la moyenne européenne. » L’observatoire, qui retient les prix des carcasses de bovins mâles, a relevé en octobre 2016 un prix de 3,23 €/kg en France alors que la moyenne européenne se situe à 3,60 €/kg. C’est en Suède, en Grèce, au Royaume-Uni et aux Pays-Bas que les éleveurs sont les mieux payés, entre 4,45 € et 3,82 €/kg.


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DÉJÀ 1 RÉACTION


MARIE
Il y a 197 jours
Bonjour, commement peut on avoir un bovin coeur de gamme?
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