Crise de l'élevageBruno Le Maire pousse un coup de gueule

| par | Terre-net Média

Dans une interview que Bruno Le Maire a accordée à Terre-net.fr, le député de l'Eure et ancien ministre de l'Agriculture affiche ses inquiétudes pour l'agriculture française, en particulier l'élevage, et interpelle Stéphane Le Foll : « Monsieur le ministre, je vous en supplie, mettez-vous au travail et respectez les paysans français ! ». En matière de normes environnementales, de revalorisation des prix ou de valorisation de la production française, Bruno Le Maire appelle à des actions concrètes et immédiates.

Bruno Le Maire pousse un coup de gueule contre l'inaction du gouvernementBruno Le Maire pousse un coup de gueule contre l'inaction du gouvernement (©Terre-net média) 

« Monsieur le ministre, je vous en supplie, mettez-vous au travail et respectez les paysans français » réclame Bruno Le Maire lors d'une interview qu'il a accordée à terre-net.fr le mercredi 8 juillet. « L’agriculture se meurt et personne ne dit rien », commence-t-il. « Les prix sont au plus bas, autant pour la viande que pour le lait et même les céréaliers sont en mauvaise posture », constate-t-il.

L'ancien ministre de l'Agriculture pousse un coup de gueule contre le gouvernement actuel et avance trois propositions pour sortir l'élevage de la crise. Pour la filière viande bovine, les industriels, transformateurs, distributeurs et producteurs réunis avaient conclu un accord afin de revaloriser les prix. Accord que les producteurs estiment non respecté. « Il est temps de tenir les engagements, pour que les agriculteurs vendent leur production à des prix décents. Et maintenant ! », s’exclame-t-il en soulignant que le ministre de l'Agriculture actuel est aux abonnés absents : « il ne propose rien et ne décide rien. Il faut arrêter de discuter et agir ».

En 2011, c'est bien Bruno Le Maire qui, pour anticiper la fin des quotas laitiers, avait initié la contractualisation. Quatre ans plus tard, avec un rapport de force toujours aussi déséquilibré entre distributeurs, collecteurs et organisations de producteurs, force est de constater que cette contractualisation ne fonctionne pas.

Simplifier les normes

Autre réclamation du député de l'Eure : les labels « viande française ». Bruno Le Maire estime que le gouvernement doit se battre davantage pour pouvoir utiliser cette dénomination sur chaque produit vendu issu des exploitations françaises. Il considère que c’est à l'exécutif de valoriser le savoir-faire français et de faire exister le droit de la concurrence au niveau européen.

Dernier axe d'amélioration : les normes. « Il faut également les simplifier. Pour moi, le gouvernement doit nommer un responsable pour qu’il évalue les normes les plus exigeantes. Celles-ci doivent ensuite être supprimées », explique-t-il.

Selon lui, la société doit également soutenir l'agriculture française. « Il faut lancer un vrai débat auprès de tous les responsables du gouvernement pour définir l’avenir de l’agriculture », annonce-t-il. Pour Bruno Le Maire, il faut défendre l’agriculture française, créatrice d’emploi, actrice dans nos sociétés, celle de qualité exemplaire et qui entretient nos paysages prisés dans le monde entier.

LA QUALITÉ S'ACHÈTE

Mais comme pour tout produit, la qualité s’achète et la situation économique des Français a réduit incontestablement leur pouvoir d’achat. « C’est là que les Français doivent faire un choix : veulent-ils des produits bas de gamme, importés de je ne sais où et peu chers ou bien des produits de qualité, goûteux avec une sécurité alimentaire indéniable et un prix qui rémunère correctement les producteurs ? » explique-t-il. Pour permettre à chaque citoyen de choisir, des mesures doivent être prises pour relancer l’économie, notamment la baisse des charges qui permettrait, selon lui, d'augmenter les revenus des Français. 


Tous droits de reproduction réservés - Contactez Terre-net

A lire également

   Rechercher plus d'article

Soyez le premier à commenter cet article