Paroles de lecteursBeaucoup plus réservés que T. Roquefeuil sur le nouveau calcul du prix du lait

| par | Terre-net Média

Si Thierry Roquefeuil, président du Cniel, interviewé au Space, estime que les nouveaux indicateurs instaurés par la loi alimentation pour le calcul du prix du lait obligeront les industriels et les distributeurs à prendre en compte les coûts de production des éleveurs, et à répercuter les hausses du marché, les lecteurs de Web-agri sont bien moins optimistes. « De beaux discours , disent-ils, mais rien ne bougera », le prix du lait restera bas.

paroles de lecteurs thierry roquefeuil prix du lait etats generaux de l alimentation « Le but est toujours de gagner du temps pour ne pas payer le lait plus cher. Et ça fait déjà 30 ans que ça dure ! », s'exclame Tintin. (©Terre-net Média) 

Claude Foulon via Linkedin : « Le prix du lait payé aux éleveurs est inférieur à celui d'un litre d'eau en grande surface ! »

Jonathan : « Encore de beaux discours... mais rien du tout de concret au final. »

Paysan : « À quand la grève du lait ? On ne va pas rester 30 ans à blaguer... »

Tintin : « Le but est toujours de gagner du temps pour ne pas payer le lait plus cher. Et "blablabla" et "blablabla"... Ça fait déjà 30 ans que ça dure ! »

Bebert : « À quand, en effet, une vraie négociation sur le prix du lait entre les producteurs les transformateurs ? »

« Rien ne va bouger »

Steph72 : « Thierry Roquefeuil n'avait-il pas dit que les producteurs ne regretteraient pas la fin des quotas laitiers ? Maintenant, faut assumer. Sans régulation européenne de la production laitière, inutile de croire à une augmentation du prix du lait. Quant aux États généraux de l'alimentation, c'est du flanc. Ni la LME ni la LMA n'ont été modifiées. Les éleveurs laitiers continueront à se faire spolier. On voit bien avec l'affaire Synutra que les choses ne sont pas prêtes de changer. »

Bonarien : « T. Roquefeuil, président du Cniel, et D. Chevreul (Savencia), vice-président, et vous voulez que cela bouge ? »

Titian : « Vous avez tout dit, rien ne va bouger, les habitudes sont prises. Pire est de constater que la sélection effective des "producteurs d'avenir" se fait aussi par la docilité. Les autres ont déjà jeté l'éponge ou regardent ailleurs, malgré des perspectives indéniables de développement dans d'autres systèmes. Jusqu'à quand cette situation va-t-elle durer ? »

Steph72 : « Faut que les industriels en profitent ! Le nombre de jeunes à vouloir s'installer en lait diminue alors qu'il y a de plus en plus d'éleveurs proches de la retraite. À un moment, il va y avoir pénurie de producteurs comme pour le lait de chèvre. »

Les industriels, GMS et coops laitières en reprennent pour leur grade

Titian : « Ah j'oubliais, quand on voit la rémunération proposée par les transformateurs, habitués à la gratuité des efforts réalisés par les producteurs, comparée aux dernières obligations liées au lait dit de "qualité", on peut objectivement qualifier les compléments de prix d'injurieux. »

Jmb67 : « Ne vous trompez pas de cible, c'est bien l'industrie laitière qui fait la pluie et le beau temps au niveau du lait. »

Titian : « Ça ne sert à rien de regarder en arrière, mais on fait comment avec des organisations de producteurs que certains ont un peu trop vite qualifié des plus abouties, c'est-à-dire les coopératives ? »

Jmb67 : « Pour moi, la coopération laitière reste un véritable problème, elle ne joue plus son rôle. Quant à l'industrie laitière, elle profite de tous les aléas économiques et climatiques dont sont victimes les éleveurs pour faire des profits cautionnés par nos politiques. »

Titian : « La coopération est souvent l'idiot utile de la filière par la massification de l'offre, souvent à contretemps. »

« Le lait bio, un miroir aux alouettes » ?

Patou : « Ce qui fait peur, c'est tous les collègues que l'on a entraîné vers le bio. Aujourd’hui, des bruits de couloir laissent entendre que les prix du lait biologique ont atteint le plafond. Si jamais, c'est vrai, ce sera encore un miroir aux alouettes comme l'affaire Synutra ! Et Sodiaal, une fois de plus, n'y sera pas pour rien ! »

Titian : « Ce que tu annonces était tout à fait prévisible. L'agriculture bio est un marché de niche. Lactel annonce la couleur dans sa dernière pub : " Pourquoi payer le bio plus cher". 

Tintin : « Le bio, c'est tout de même une grosse niche à 8,5 milliards d'euros en France en 2017. Il se peut qu'un jour, ce soit la norme en termes d'antibios d'engrais et de phytos. »

Steph72 : « Et bien bonjour le bio au rabais payé au prix du conventionnel ! »

Titian : « La norme, possible...  Du bio globalisé et mondialisé, c'est certainement vers ça que l'on se tourne et pour quel progrès social au niveau des producteurs ? C'est là ma question ! Quant aux bénéfices pour l'environnement, on repassera ! Un eldorado comme Synutra et la même escroquerie à venir... »

Patou : « Un PDG de la grande distribution s'est mis dans la tête de vendre le lait bio au prix du conventionnel. Une très bonne nouvelle pour le consommateur qui veut manger bio. Pour les éleveurs, c'est une catastrophe d'autant que deux des plus gros collecteurs de lait bio auraient dit banco ! Et vous savez pourquoi de telles décisions ? Tout simplement parce que les éleveurs bio touchent des aides. Si rien n'est fait, c'est la fin d'un système qui aura emballé beaucoup de monde pour finir en foutaise. »


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