Crise du porcAvec un prix stable et des discussions en cours, le statu quo

| Afp

Plérin (France), 20 août 2015 (AFP) - Le prix du porc est resté stable à 1,389 euro/kg jeudi au marché du porc breton (MPB), à l'issue d'une séance de cotation qui s'est encore tenue sans les acheteurs Cooperl et Bigard, mais des discussions ont commencé entre la Cooperl et le MPB, ainsi qu'avec des éleveurs.

Porcins A Plérin, peu d'avancées pour la filière porcine après la deuxième séance de cotation ce jeudi 20 août. (©Terre-net Média)  

Mardi, la première séance de cotation au marché du porc breton depuis le début de la crise et la suspension de la cotation pendant une semaine, avait clôturé en baisse d'un peu plus d'un centime par rapport à la séance du 6 août, à 1,389 euro.

Jeudi 51.000 porcs ont été mis en vente et 30.069 ont été achetés. Les cinq acheteurs présents étaient, comme mardi, Josselin Porcs Abattage (Intermarché) et Kermené (Leclerc) pour la grande distribution, SA Bernard et SA Charles qui appartiennent tous deux au groupe Jean Floc'h basé à Locminé (Morbihan) et Abera (Glon-Sanders/Sofiproteol), basé à Saint-Brice-en-Coglès (Ille-et-Vilaine).

Alors que la séance de cotation venait de débuter, environ une cinquantaine de producteurs ont décidé de se rendre au siège de la Cooperl à Lamballe, à une vingtaine de kilomètres, où se tenait un conseil d'administration de la coopérative.

Echanges entre éleveurs et dirigeants de la Cooperl

Le PDG de la Cooperl Patrice Drillet a accepté de les recevoir et à l'issue de deux heures de discussions, les lignes ne semblaient pas avoir beaucoup bougé, un nouveau conseil d'administration de la Cooperl étant convoqué mardi.

« On leur a dit que les conditions sur les modifications de marché (que la Cooperl réclame pour revenir au MPB, NDLR) c'est-à-dire plus [du tout] d'affectations (des porcs en cas d'invendus, NDLR) et plus de prix de retrait (prix minimum, Ndlr), que s'ils venaient avec ça, ce n'est pas la peine qu'ils reviennent [car] c'était tuer le marché », a déclaré à l'issue le responsable porcs de la FRSEA Bretagne, François Valy.

Le président du MPB Daniel Picart a indiqué jeudi avoir lui même entamé des discussions avec M. Drillet.

Eventuelles poursuites

« Ce matin, j'étais serein, car j'avais l'assurance que le marché allait se tenir. Mais je suis moins serein sur les négociations avec la Cooperl », a-t-il dit, précisant avoir déjà «parlé avec Patrice Drillet » mercredi. «Cela a été un peu viril », a-t-il ajouté.

M. Picart a par ailleurs indiqué que les avocats du MPB avaient informé les producteurs jeudi sur «les éventuelles poursuites qui pourraient être engagées » contre la Cooperl et Bigard pour la rupture de la convention les liant au MPB.

Les dirigeants de la Cooperl et de Bigard ont été reçus mardi et mercredi au ministère de l'Agriculture, mais ils ont maintenu leur refus de revenir au MPB en l'état.

Ces deux acheteurs, qui représentent habituellement près d'un tiers des achats au MPB, dénoncent depuis le 10 août le prix préconisé de 1,40 euro/kg, insistant notamment sur les difficultés qu'ils rencontrent avec un tel prix à l'export, compte tenu des distorsions de concurrence avec les autres pays producteurs européens.

Hausse de l'alimentation animale

Présent jeudi parmi les 80 à 100 éleveurs rassemblés autour de «la maison du cochon », qui abrite à Plérin le MPB, le président de la FDSEA des Côtes-d'Armor Didier Lucas a indiqué qu'une réunion entre éleveurs et producteurs d'alimentation animale avait eu lieu sur place dans la matinée, car ces derniers viennent, selon lui, de décider d'augmenter leurs tarifs «entre 5 et 7 euros la tonne ».

« On leur a demandé de ne pas augmenter les aliments avant la fin août » compte tenu de la situation de la filière, a indiqué M. Lucas. «5 euros de plus la tonne, c'est 2 centimes de coût supplémentaire pour la production du kilo de cochon », a-t-il souligné.

Dans un communiqué jeudi, M. Le Foll, qui avait reçu les représentants de la nutrition animale, les a remerciés «pour les délais de paiement accordés aux éleveurs afin de tenir compte de leurs difficultés actuelles de trésorerie ».


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