Cap 2013L'appel de Paris de 22 états membres pour une Politique agricole et alimentaire commune régulée

| par Frédéric Hénin | Terre-net média

« Nous avons ainsi réussi à trouver une base commune pour défendre une Politique agricole et alimentaire forte définie autour d'un cadre de régulation commune pour garantir des prix et des revenus », s'est félicité Bruno Le Maire à la sortie de la réunion des Vingt-deux.


Bruno Le Maire, ministre de l'agriculture à la tête de la réunion
du groupe des Vingt-deux (© Terre-net Média)
Parce que, « l’agriculture européenne est l’affaire de tous les européens », vingt deux ministres européens de l’agriculture ou leurs représentants se sont réunis à Paris pour apporter une dernière touche à « l’Appel de Paris ». Le document ratifié rappelle que « la Pac, première politique commune de l’Union européenne, mérite d’être défendue et qu’elle doit rester la première politique commune de l’Union européenne après 2013 », a déclaré à la sortie de la réunion des ministres, jeudi 10 décembre, Bruno Le Maire, ministre français de l’agriculture, à l’origine de l’événement.

« Nous avons ainsi réussi à trouver une base commune pour défendre une Politique agricole et alimentaire forte définie autour d’un cadre de régulation commune pour garantir des prix et des revenus », s’est par ailleurs félicité le ministre devant ses vingt-deux collègues. Cette politique serait désormais la Politique agricole et alimentaire commune (Paac).

Les prochains débats sur la Paac vont être lancés dès le début de Janvier en Espagne et s’appuieront sur le document des Vingt deux. Ils se feront à Vingt sept.

« L’appel de Paris ne vise pas à exclure les cinq autres états membres », assure Bruno le Maire. La porte des négociations est ouverte aux cinq autres. Un observateur britannique a assisté à la réunion et Eva Hans, ministre danoise de l’agriculture, a fait comprendre hier à Bruno le Maire qu’elle comprenait les objectifs du G22.

Les quatre principes de l'Appel

En attendant, les prochains débats dirigés par la présidence espagnole de l’Union européenne chercheront à mettre d’accord les vingt sept pays pour transformer la Pac en une politique alimentaire et agricole européenne ambitieuse définie autour de quatre principes.

Ces quatre principes sont :

  • Développer le modèle alimentaire européen, marqué par une très grande
    diversité à laquelle nous sommes tous attachés.
  • Donner aux agriculteurs les moyens de mieux répondre aux signaux du
    marché et de construire des stratégies gagnantes pour toutes les filières.
  • Relever le défi environnemental.
  • Assumer nos choix collectifs. La sécurité alimentaire et sanitaire, la préservation de l’environnement et des paysages, l’équilibre des territoires et la diversité des exploitations sont autant de biens publics européens auxquels nous sommes attachés. Mais ils ont un coût que les agriculteurs ne peuvent prendre à leur seule charge. Nous devons aussi garantir que les produits importés en Europe respectent bien toutes nos normes », explique le document.


Photo de "famille" des Vingt-deux autour de Bruno Le Maire
 (© Terre-net Média)
L’appel des Vingt-deux se veut être un texte fort. Bruno Le Maire n’a pas voulu en déformer sa portée pour rallier à tout prix les Vingt-sept pays membres.

A propos des soutiens publics, l’appel de Paris stipule que « sans préjudice des perspectives financières pour la période d’après 2013, nous nous engageons à examiner les possibilités de développement du mécanisme des paiements directs, en vue de renforcer sa légitimité au niveau européen, visant à traiter de façon égale des situations égales ».

Autrement dit, l’appel de Paris signe probablement la mort de la Pac à deux vitesses avec des montants d’aides différents selon que le paysan de l’est ou de l’ouest.

En fait, les prochains débats montreront si chaque mot de l'accord a pour les Vingt-deux le même sens. 

En attendant, l’appel de Paris est « un bon départ pour lancer les débats sur la Paac de l’après 2013 », a assuré Bruno Le Maire qui a ajouté que « nous parlerons des questions budgétaires quand le moment sera venu ».


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