BretagneAppel d'Eelv pour un nouveau modèle agricole et un infléchissement de la Pac

| Afp

RENNES, 29 jan 2014 (AFP) - Deux élus d'EELV ont lancé mercredi à Saint-Pern près de Rennes un appel pour un nouveau modèle agricole breton et un infléchissement de la Politique Agricole Commune (PAC) au moment où le Parlement débat de la prochaine loi d'orientation agricole.

Face à « un modèle de rentiers » en crise en Bretagne, subventionné par la PAC et qui se perpétue « au détriment des salariés et des paysans », « il y a une autre réalité agricole qui va bien, crée des emplois et où les gens sont heureux », a dit Yannick Jadot, député européen et tête de liste EELV pour le nord-ouest aux prochaines élections européennes.

Accompagné de René Louail, conseiller régional de Bretagne, Yannick Jadot s'exprimait après avoir visité à Saint-Pern une exploitation bio de 50 ha où travaillent sept personnes (quatre associés et trois salariés) qui assurent sur place la transformation de la production de la ferme (porcs/40 truies) dont la commercialisation s'effectue en circuit court.

Revenant sur les aides européennes, René Louail a précisé que « cette ferme reçoit 8.000 euros d'aides de la PAC chaque année, pour sept emplois, quand d'autres perçoivent entre 100.000 et 150.000 euros/an par actif ». « Il faut soutenir l'évolution de l'agriculture bretonne vers la durabilité et convertir l'industrie agroalimentaire vers la qualité et les productions à haute valeur ajoutée », ont affirmé les deux élus. Dans ce secteur, « le low-cost, c'est la mort », a estimé Yannick Jadot.

Les deux élus ont aussi proposé la création d'« un observatoire des contreparties regroupant toutes les parties prenantes de l'agriculture et l'agroalimentaire » garantissant que « tout soutien public au secteur (...) contribue à la transformation des filières sur la base de quatre principes : social, environnement, proximité, qualité ». Cet appel s'inscrit dans une « démarche nationale » visant à « agir au plan européen pour infléchir la Politique agricole commune (PAC) afin qu'elle devienne une véritable Politique d'Alimentation européenne, ont souligné les deux élus qui appellent également la France « à ne pas signer l'accord de libre-échange transatlantique en cours de négociation ».

L'agroalimentaire breton a subi plusieurs plans sociaux (Doux, Gad, etc...) depuis 2012 qui ont entraîné la disparition de plusieurs milliers d'emplois. Parallèlement, des centaines d'exploitations disparaissent chaque année dans la région. 


Tous droits de reproduction réservés - Contactez Terre-net

A lire également

   Rechercher plus d'article

Soyez le premier à commenter cet article