Annonce de Julien Denormandie7 M¤ pour accélérer la recherche sur les alternatives au glyphosate

| AFP

Le gouvernement va débloquer une enveloppe de sept millions d'euros pour accélérer la recherche sur les alternatives aux herbicides à base de glyphosate, a annoncé jeudi le ministre de l'agriculture Julien Denormandie, devant des parlementaires. (Article mis à jour le 6/11/20 à 8h51)

PulvérisateurEn 2023, le glyphosate sera interdit en France. (©Nadège Petit @agrizoom)

La France s'est fixé pour objectif de sortir de l'essentiel des usages du glyphosate en 2021, avant une interdiction totale en 2023. Décidé à « mettre le paquet pour identifier les solutions face aux éléments de blocage qui sont devant nous aujourd'hui », Julien Denormandie a dit vouloir consacrer « dès le budget de cette année sept millions d'euros supplémentaires à la recherche dans les alternatives au glyphosate ».

Cette enveloppe vient s'ajouter aux plans existants comme le plan Écophyto II+, qui vise à réduire de 50 % les usages de produits phytopharmaceutiques dans leur ensemble d'ici 2025.

Auditionné par la mission parlementaire sur la stratégie de sortie du glyphosate, Julien Denormandie a aussi annoncé la nomination d'un ingénieur, Hervé Durand, comme « chef de projet » au côté du préfet Pierre-Étienne Bisch, coordinateur interministériel du plan de sortie du glyphosate. Hervé Durand aura la charge « d'accompagner l'ensemble de cette transition (...) de manière opérationnelle », a précisé le ministre.

Également entendue lors de cette audition, la ministre de la transition écologique Barbara Pompili a évoqué le plan de protection des pollinisateurs qui doit être mis en place d'ici la fin de l'année. Le gouvernement s'y était engagé cet été, au moment d'annoncer qu'il entendait réintroduire temporairement les insecticides néonicotinoïdes, qualifiés de « tueurs d'abeille », pour la culture de la betterave. Le Parlement a donné mercredi son feu vert à ce retour des néonicotinoïdes.

« Aujourd'hui, on a une situation qui est objectivement préoccupante puisqu'on retrouve des traces de pesticides dans 75 % des ruches, en particulier des traces de fongicides », a indiqué Barbara Pompili, citant l'Anses. Selon l'agence sanitaire, ces produits destinés à lutter contre l'apparition de champignons dans les cultures constituent « un des facteurs qui concourent à l'intoxication des abeilles ». « Ce qu'il faut, c'est ne plus asperger de produits sur ces abeilles quand elles sont en train de polliniser les plantes et quand elles sont sur les plantes en fleurs », a estimé Barbara Pompili, qui a indiqué que « ce sera une des mesures qui sera travaillée avec les filières ».

Alors qu'un arrêté interdit depuis 2003 l'épandage d'insecticides pendant la période de floraison, Barbara Pompili souhaiterait étendre cette interdiction à tous les produits phytopharmaceutiques, notamment herbicides et fongicides, tout en s'engageant à ne « pas laisser les agriculteurs sans solution ». Cette annonce « revient entre les lignes à obliger les agriculteurs à pulvériser la nuit tous les produits », a estimé le corapporteur de la mission, député de la Creuse et agriculteur, Jean-Baptiste Moreau, qui a dénoncé une « provocation ». Appelant à « apaiser les débats », Julien Denormandie a appelé à procéder « avec méthodologie, ambition, mais méthode ».


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DÉJÀ 10 RÉACTIONS


RICDAM
Il y a 67 jours
Il y a peu d'alternatives en effet au glyphosate et le labour en est une . Cependant, je ferai remarqué qu'aujourd'hui il existe des outils pour labourer peu profond et pas plus que nécessaire : d'abord pour beaucoup de cultures (céréales, colza et certaines cultures de printemps) un labour entre 15 et 18cm est suffisant et il permet quand même de maîtriser 60 à 75% des semences de mauvaises herbes. Seuls les labours pour betteraves, pommes de terre, carottes, endives et les choux (tous espèces confondues) demandent un labour entre 23 et 25cm. Mais surtout, le couvert végétal, les semis de céréales plus tardifs (aujourd'hui on sème facilement (même en CUMA) entre 20 et 25 ha pour une journée de 10 à 12 heures) c'est à dire qu'il faut dix jours à répartir entre le 20 octobre et le 05 décembre de chaque année pour semer 250 ha de blé ou d'orge. Ce qui évite les levées d'hiver de beaucoup d'adventices et aussi des traitements intempestifs d'insecticides d'hiver (vu la suppression des solutions sur le traitement des semences). Les pertes en rendements sont minimes en considérant ce qui suit, la dilution de la matière organique limitée et l'usage des herbicides maitrisé. L'impact environnemental est plus faible que tout : le glyphosate est juste nécessaire pour réduire les levées d'adventices post récoltes avant un éventuel travail du sol très localement dans la parcelle (zones très localisées et par foyers) ce qui fait que la dose à employer de cet herbicide est de moins de un litre par ha (si on traite les foyers entre 1,5 et 2litres sur plantules peu développées) et qu'on laisse agir suffisamment longtemps (trois à quatre semaines). Le glyphosate qui tombe sur le sol est quant à lui détruit par le rayonnement solaire. C'est pourquoi l'emploi localisé doit être le plus précis possible. Mais il y a aussi une gestion des adventices qui doit être fait par les pouvoirs publics. En effet, sous couvert de fauchage différencié des bords de routes on laisse monter à graine des adventices de bord de route dont les graines peuvent polluer les bords de champs jusqu'à environ 50 mètres à l'intérieur de la parcelle et c'est ce qui remet du stock de mauvaises graines dans les champs (brome, carottes sauvages, ray-grass, paturins....). Aux collectivités locales à prendre elles aussi leurs responsabilité dnas la divulgation des graines d'adventices.
Richard DAMBRINE
Expert près des Cours d'Appel et Administrative d'Appel, Consultant indépendant en nutrition et santé des plantes.
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erick28
Il y a 72 jours
ça fait 7 M d'euro que l'on peu qualifié d'argent public gaspillé ; comme le citait une anciennes emission de TF1. tout simplement pour dire que la seule solution est la charrue , ça fait un peu chère : au gouvernement , il y en a qui doivent pas avoir la lumière a tous les étages dans ce gouvernement malgré le récent remaniement .
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tracteur4
Il y a 74 jours
abeille tu raconte au tant d allegorie que tu est bete comme un gigots tu vois ta betise et ta jalousie ce qu elle te font faire je n aimerai point faire parti de ton clan de proche car j en aurai honte
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Romain95
Il y a 74 jours
Effet d'annonce du gouvernement pour montrer qu'ils s'impliquent mais 7 millions d'euros et vu l'enjeu c'est rien du tout, même ridicule.
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abeille
Il y a 74 jours
vous etes des malades avec vos pulvés,et de comparer se qui est peu etre dangereux comme le sel ou autres mais qui ne sont pas pulvérisés et se retrouvent pas dans l'air!!,toujours moins de bouillies à l'ha avec des gouttelette toujours plus fines!!,gare à l'avenir ou des données commence à apparaitrent sur les facteurs agravants du covid!,l'air devient de plus en plus polluée et vous faites les guignols à faire des mélanges interdits,et toujours plus d'adjuvants pour emplifier le problème et le verdict risque de tomber en affirmant que les pratiques actuels sont pires que dans le passé!,des gamins qui déplient les rampes avec aucunes conscience
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Fexo
Il y a 74 jours
Dans ce cas, il va falloir chercher une alternative au sel de table et à la noix de muscade qui sont nettement plus nocifs que ne peut l'être le glyphosate !
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tracteur4
Il y a 74 jours
les copains vont avoir de bons salaires pour une recherche qui n aboutira a rien
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Chris
Il y a 75 jours
Eh, mon gars, des alternatives, y en a plein, mais ça coûte plus chère en temps et en argent... C'est tout !!!
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Total64
Il y a 75 jours
7 millions aux copains !!! bravo... tout ça pour accoucher de ? de ? rien.....
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Détritus
Il y a 75 jours
7 M€ de perdu. Qui paie? Pompili je pense ou Hulot peut-être. Ah ces braves ministres trop généreux. Trop bons...ces sauveurs...
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