Pacte vert européen25 % des terres en bio et une réduction de 50 % des phytos d'ici 2030

| AFP

Diminuer de moitié l'usage des produits phytosanitaires, promouvoir l'agriculture biologique, placer près d'un tiers des terres et mers de l'UE sous protection : la Commission européenne a dévoilé mercredi ses projets pour défendre la biodiversité et une alimentation de qualité.

La pandémie de nouveau coronavirus n'aura décalé les plans de l'exécutif européen que de quelques semaines, malgré des voix qui se sont élevées en faveur d'un report de la publication de ces deux nouvelles « stratégies » pour se concentrer sur la réponse à la crise sanitaire et économique.

Bien au contraire, l'équipe d'Ursula von der Leyen assure que la propagation du virus l'a renforcée dans la voie de son Pacte vert.

« Si la crise du Covid nous a appris une chose (...) c'est qu'il faut recalibrer notre rapport à la nature, nous devons être plus résistants, nous assurer que la façon dont nous vivons, produisons, consommons, est durable », a expliqué le vice-président exécutif de la Commission, Frans Timmermans.

Tout comme il avait défendu la place des objectifs environnementaux au sein du plan de relance de la Commission, il assure que ces nouvelles législations en préparation aideront à « prévenir de futures pandémies, ou (au moins) en atténuer les effets », mais aussi d'autres catastrophes comme les feux de forêt, ou des crises sanitaires alimentaires.

Réduire de moitié l'utilisation et le risque de pesticides d'ici 2030

Mercredi, la Commission s'est engagée notamment à proposer de réduire de moitié « l'utilisation et le risque de pesticides » d'ici 2030. Elle souhaite également une « baisse de 20 % de l'utilisation des engrais et une baisse de 50 % de la vente d'antimicrobiens pour les animaux d'élevage et l'aquaculture ».

25 % des terres cultivées en bio

Elle veut également développer l'agriculture biologique, à hauteur de 25 % des terres cultivées. Selon les derniers chiffres Eurostat, datant de 2018, seule l'Autriche flirte avec ce niveau, la moyenne pour l'UE étant de 7,5 %.

Toujours en matière d'alimentation, la stratégie « De la fourche à la fourchette » prévoit encore un étiquetage nutritionnel obligatoire, qui doit aider les consommateurs à faire « des choix informés ».

Pas de législation directe pour influer sur la production de viande donc, comme l'appelaient de leurs vœux certains groupes environnementaux.

« Informer le public, cela doit influencer le comportement. On ne peut pas aller très loin au-delà (...) Un public bien informé saura faire les choix qui influenceront aussi cette production », a noté M. Timmermans.

Côté environnement, la Commission veut se placer en défenseur de la biodiversité et d'ici 2030 transformer « au moins 30 % des terres et mers en Europe en aires protégées gérées efficacement » et ramener au moins 10 % des terres agricoles à des paysages plus variés. Elle promet de consacrer 20 milliards d'euros par an via différents programmes et lignes de budget à la défense de la biodiversité.

Ces deux stratégies devront être concrétisées par diverses législations, que la Commission voudrait faire passer sous sa mandature. La plupart seront présentées au premier trimestre de l'année prochaine, selon Frans Timmermans.


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DÉJÀ 126 RÉACTIONS


moi meme
Il y a 7 jours
cherchez un secteur en france qui ne reçoit pas de prime et aides en tout genre .pas un secteur economique y echappe....on n'echappe pas au controle de l'etat car c'est bien evidement pour mieux noux controler .
commentaire de macron au sujet du chomage partiel qu'il a provoque....""mrs c'est comme si on vous avait nationalise""" en gros on vous fait l'honneur de vous donner des aides .
.ils oublient volontairement que les français les payent tout les jours par l'impot et donc ils ont tout interet que les gentils français reprennent le travail pour payer l'impot .en fait ils se subventionnent eux meme.
nous allons sortir de la pandemie avec une dette a 120/100du pib au mieux.a quand l'intervention du fmi en france. . . .l'argentine en defaut de paiement (faillite de l'etat) curieux on ne parle plus de la grece .
pour revenir au bio peu importe bio pas bio .c'est une erreur car l'europe est deficitaire en mais colza soja 90/100pour ce dernier .la relocalisation n'est pas pour demain et pourtant il le faudrait pour avoir une independance strategique necessaire car si embargo on sera lamine
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Cabeillade
Il y a 8 jours
Bien dit, Maxens. Aucune raison de stigmatiser le voisin pour vanter les mérites de son propre système. Mais avoue que de la stigmatisation, il y en a des deux côtés, il n'y a qu'à lire les commentaires ici et ce qu'on se prend dans la tête si on a décidé de passer en bio : traître à la nation, bobo écolo, assassin, feignant, profiteur, escroc, etc. - bref on ne fait plus partie de la "famille" des agriculteurs. Je me demande si les agris qui travaillent en Label Rouge se prennent les même torrents de boue pour avoir choisi de ne pas utiliser des antibiotiques ou autres... Il faudrait effectivement sortir de ce système de subventions qui nous asservit et nous divise, mais ça implique de sortir du système financier mondial pour revenir à une certaine forme de protectionnisme centré sur le marché intérieur, mais je crois pas que ce soit prévu au programme !
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aranaud2
Il y a 8 jours
Exact !!! mais c' est la grande distribution qui divisent les producteurs pour mieux engraisser ses actionnaires , la preuve en est avec son lavage de cerveau publicitaire bio !!! 13 fois le mot bio en 30 secondes dans une pub , ils doivent vraiment prendre les consommateurs pour des débilles !!!
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maxens
Il y a 8 jours
Pourquoi opposé bio et conventionnel, que ceux qui veulent faire bio, fasse bio, et foutez la pais aux autres...la seule condition: arrêter de piquer les aides des conventionnels pour les redonner aux bio: le même complément de prix pour tout le monde. Cela évitera les faux bio, qui ne visent que les primes. En plus, si comme certains le disent , il y a un marché, pas besoin de prime, les citoyens sont près à payé la nourriture au juste prix....Mais stigmatiser le conventionnel, juste pour se faire mousser et obtenir une plus grosse part de prime que le voisin, au prétexte qu'il serait en conventionnel et que c'est moins bon, c'est lamentable
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gibero
Il y a 7 jours
remarque très pertinente et pleine de bon sens.
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Cabeillade
Il y a 7 jours
Baptiste, Je vous rejoins là dessus. Chacun devrait pouvoir choisir son système avec un espoir de tirer un revenu décent. Même quand ça ne me concerne pas directement, je suis le premier à dénoncer les mesures coercitives comme les ZNT, l'interdiction du glyphosate, les CIPAN et autres aberrations inapplicables qui ne reposent visiblement sur aucune expérience de terrain. Pour protéger la population d'un éventuel danger sanitaire, il y a les AMM et la toxicologie, ça me semble plus pertinent que de faire reposer sur les agriculteurs l'entière responsabilité des produits qu'ils utilisent.
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Cabeillade
Il y a 7 jours
GG, je suis un peu dans le même contexte, coteaux argileux / boulbènes du Gers, si je n'irrigue pas, surtout avec les étés qu'on a, je ne récolte rien, là on est d'accord. Pipo vous dites que le bio ne peut marcher qu'en terrain fertile mais paradoxalement, ceux qui passent en bio (ou en agriculture de conservation) vers chez moi sont justement ceux avec les parcelles les plus difficiles, terrains en pente, érodés et lessivés avec l'abandon de l'élevage. Finalement, ça laisse une plus grande marge de progression et c'est peut être pour ça que ça peut fonctionner pour certains et pas pour d'autres. Après comme dit GG, si on veut redresser un sol, même pauvre, il y a quand même des leviers ; présence d'animaux, fumier, compost, engrais verts, amendements, engrais, etc.. grâce auxquels on peut voir des changements assez vite.
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Baptiste
Il y a 7 jours
Pourquoi les institutions nous impose de passer en bio ? Et si on vous imposait de passer en conventionnel et que l'on importe du bio des pleins bateaux, que diriez-vous ?
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Cabeillade
Il y a 7 jours
C'est de bonne guerre... J'ai pas l'habitude de recourir à l'insulte mais j'en ai un peu marre de me faire traiter de profiteur et de feignant. Niveau main d'oeuvre on tourne à 2,5UTH pour un peu moins d'1Ha de cultures dont 500m2 de cultures sous abri + serre à semis (sachant que j'ai aussi 45ha de GC dont une vingtaine en céréales). Je ne vois pas en quoi le maraichage bio serait plus gourmand en main d'oeuvre que le conventionnel. Je ne passe plus mes étés à désherber à la main, il y a d'autres techniques pour gérer l'enherbement (cultures associées, mulch de compost en surface, densités de semis élevées, bâches tissées, etc.. ). Pour les céréales, je ne flambe pas avec le rendement, même si j'ai quand même eu quelques belles récoltes (30qtx en féveroles, 25 en Tsol) et aussi des gros échecs évidemment. En tout cas la logique est la même : avec des itinéraires adaptés à la culture, on obtient des résultats encourageants voire satisfaisants. Je crois qu'on est pas loin de 25% de bios dans ma région, et dans mon village, il y aura bientôt plus de bios que de conventionnels. Quand je suis en voiture, je ne vois pas des parcelles couvertes de ronces mais bien des cultures assez semblables à celles conduites en conventionnel. Chacun fait ce qu'il peut, aucun système n'est parfait mais il faut arrêter de se tirer dans les pattes, vraiment. Et commencer à réellement parler technique en oubliant ces clivages inutiles.
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GG
Il y a 7 jours
C'est sûr que dans de la varenne pauvre et archi séchante, j'aimerais bien voir la gueule des légumes d'un Bio... Ce qu'il se passe chez moi : des terrains n'était plus récolté en herbe car pas d'engrais par les anciens, maintenant ils me voient faucher, chose qu'ils ne pensaient pas revoir un jour. Grâce à l'engrais et au fumier !!!
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