AgroéquipementsMoins impacté que prévu par la crise du Covid, le secteur redoute davantage 2021

| par | Terre-net Média

Axema, le syndicat français des industriels de l'agroéquipement, enregistre chez ses adhérents des effets moindres de la pandémie de coronavirus sur le marché de la machine agricole. La baisse devrait être de 5 %, limitée par le regain d'activité dès la sortie du confinement et durant l'été. La filière s'attend à une année 2021 difficile mais pas au niveau de 2016 grâce au prix des productions agricoles qui restent à un niveau correct.

2020 : bon millésime malgré la crise sanitaireAxema annonce un millésime 2020 correct malgré la crise sanitaire de Covid-19. (©Terre-net Média)

Le syndicat des constructeurs de matériel agricole, Axema, a annoncé que les ventes de machines neuves devraient atteindre 5,8 milliards d'euros en 2020. Le résultat est en baisse de 5 % par rapport à 2019, ce qui coïncide avec les valeurs prévues par les industriels l'an passé.

La plupart d'entre eux redoutait les effets de la crise sanitaire en mars et avril dernier. Les prévisions tablaient alors sur un recul du marché de 10 à 15 %. Finalement, l'effet reste limité sur les ventes, notamment grâce au rebond d'activité dès la sortie du confinement et durant l'été. À souligner que la situation est variable car 12 % des membres interrogés déclarent avoir été durement touchés par la crise lié au Covid-19.

17,5 % des entreprises observent une baisse de productivité

Selon Frédéric Martin, président d'Axema : « L'impact ne se mesure pas qu'à l'aune des ventes mais aussi sur le plan humain. Aujourd'hui, 17,5 % des entreprises observent une baisse de la productivité, 22,5 % constatent que le moral de leur équipe est affecté et 25 % notent une moindre identification aux valeurs et à la culture de leur entreprise. Au-delà des défis économiques auxquels elles sont confrontées, les entreprises doivent plus que jamais rassurer et remobiliser leurs collaborateurs pour limiter les impacts de la crise sur leur activité ».

les industriels voient une année 2021 en baisse malgré le plan de relance

Alors que les inquiétudes sur 2020 sont en grande partie levées, les professionnels du secteur s'attendent à une année 2021 compliquée. Certes la situation économique dans les filières grandes cultures, viticulture et élevage bovin inquiète, mais les prix des productions agricoles restent solides et à bon niveau. De quoi écarter un scénario similaire à celui de 2016.

Les entreprises ayant répondu à l'enquête sont restées, dans l'ensemble, mesurées en ce qui concerne leur projection 2021. Seules 7 % d'entre elles s'attendent à une baisse à deux chiffres du marché ; 47 % tablent sur une baisse de 2 à 10 % et 40 % anticipent un marché stable. Enfin, 6 % des répondants espèrent une croissance du marché.

250 millions d'euros dont 135 pour encourager l'investissement en matériel

La commission économique du syndicat s'est tenue le 2 octobre dernier. Elle prévoit une baisse de 5 à 10 % en 2021. L'impact du plan de relance reste une inconnue de l'équation. 250 millions d'euros devraient rejoindre la filière agroéquipement, dont 135 millions sous forme d'aides à l'investissement en matériel en direction des agriculteurs.

Frédéric Martin déclare que : « Ces crédits aideront la croissance du tissu de TPE, PME et startups spécialisées dans les nouvelles technologies. Elles donneront les moyens aux industriels d'innover et de produire. En revanche, nul ne sait si les achats subventionnés de matériels s'ajouteront ou se substitueront aux dépenses prévues par les exploitants agricoles, les ETA et les Cuma ».

 95 % des entreprises prévoient de lancer des nouveautés en 2021

Dernier facteur d'incertitude : les récoltes 2021, qui dépendront de la deuxième partie de l'année. Le marché pourrait donc s'établir entre 5,2 et 5,5 milliards d'euros. Malgré la baisse anticipée, les entreprises n'envisagent pas d'adopter de comportement défensif. Au contraire, 95 % d'entre elles prévoient le lancement de nouveautés en 2021, 70 % entendent développer leur activité à l'international, 56 % souhaitent investir davantage dans les actifs matériels et immatériels et 55 % augmenter leur effectif salarié. En revanche, 80 % d'entre elles entendent réduire les dépenses en termes de communication.

Méthodologie de réalisation de la note de conjoncture 

Axema réalise sa note sur la base des données suivantes :
  • Les données officielles (Insee, Agreste) et les résultats des entreprises à partir des bilans des adhérents, et résultats de l'enquête de conjoncture.
  • Les résultats de l'enquête annuelle réalisée en octobre 2020 auprès des dirigeants d'entreprises spécialisées dans la fabrication et l'importation de machines agricoles et d'entretien des espaces verts en France.

Source : Axema, enquête de conjoncture 2020


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DÉJÀ 7 RÉACTIONS


babar
Il y a 27 jours
il y a déja quel que fabricant français qui on mis la cléf sous le paillasson .
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francebenoit
Il y a 30 jours
Heureusement que il en a comme moi qui travaille avec des vieux coucou fiables pas trop chère à l entretien
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Momo
Il y a 29 jours
6 mois sans rien acheter en ferraille c'est quand même pas difficile non ???
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diabolo61
Il y a 30 jours
malheureusement plus facile à dire qu'a faire, il est vrai que le matériel devient hors de prix et en plus pas très fiable il y a toujours un capteur qui déconne.
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Momo
Il y a 31 jours
Il suffirait juste de 6 mois sans rien acheter et ni signer de bon de commande....
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benoit
Il y a 31 jours
Si longtemps qu'ils trouveront des "cons" pour acheter, les prix ne baisseront pas! Et croyez moi les prix ne sont pas prêts de baisser vu le "high tech" du matériel. Que ferions nous à leurs places?
A quant une 'dacia' du matériel agricole ? que l'on pourra réparer nous même plutôt que de payer 65 €/heure pour un mécanicien/électronicien
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Spartacus
Il y a 31 jours
Il faudrait peut-être que les constructeurs se remettent en question !
Plus 60 000 euros en trois ans pour une moissonneuse-batteuse identique !
Plus 3-5 % tout les ans !
Je ne sortirai jamais le mouchoir pour eux !
Ils se foutent royalement de l’agriculture Française, ce qui les intéressent ce sont les pays étrangers !
« Les prix sont peut être là » mais il n’y a pas eu du tout les rendements, alors à un moment l’équation ne se fait plus !
Le jour où ils pratiquerons des prix justifiés...
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