Gestion et financement de l'exploitation laitièreLa boîte à outils du banquier pour faire face aux difficultés

| par Frédéric Hénin | Terre-net média

Ouverture de crédit, rééchelonnement des dettes, modulation des échéances...les banquiers ont toujours eu dans leur sacoche, avec beaucoup de discrétion, une boîte à outils financiers bien fournie.

 


Jean-Paul Forveille, responsable du marché
de l’agriculture au Crédit mutuel Maine-Anjou
-Basse-Normandie(© DR)

«Les éleveurs laitiers ont un avantage, celui de ne pas avoir trop recours aux prêts à court terme », assure Jean-Paul Forveille, responsable du marché de l’agriculture au Crédit mutuel Maine-Anjou-Basse-Normandie. Les entrées régulières de trésorerie et la mensualisation des échéances de prêts ont toujours rendu la gestion de leur trésorerie plus aisée.

 

Mais cette époque est révolue. Le volume d’aides croissant à recevoir chaque 1er décembre et des fortes variations des prix du lait et des intrants rendent plus difficiles l’équilibre des trésoreries de chacun.

Ceci dit, le déficit c’est comme le cholestérol. Il y a le bon et le mauvais. Un banquier saura très bien faire la différence entre des difficultés de trésorerie liées à un déficit de recettes et une baisse de chiffres d’affaires due à une production de lait en quantité et en qualité insuffisantes. Dans le premier cas, le banquier mettra à sa disposition une batterie d’outils pour passer le cap. Dans le second, il recommandera à l’éleveur de prendre les mesures adéquates pour redresser la barre.

 

Ne pas sacrifier la technique

Faire face aux difficultés financières c’est préparer l’avenir en repartant sur de bonnes bases, c'est-à-dire avec un outil de production performant.
Aussi, s’il y a des économies à faire, il ne faut pas se tromper. Réduire les frais de contrôle laitier, de vétérinaire ou d’insémination peut s’avérer hasardeux. L’éleveur n’ayant pas suivi son troupeau comme il se doit pourrait avoir des bêtes qui ne soient pas en mesure de produire davantage de lait de qualité lorsque la conjoncture redeviendra favorable!

 

Quels outils ?

1- Modulation des échéances de prêts : les banques accordent de plus en plus de prêts qui offrent cette option. Le Crédit mutuel peut étaler les remboursements des prêts jusqu’à trois ans supplémentaires. Mais attention, il faut que la durée de vie économique des biens concernés le justifie.

2- Allouer une avance sur les aides Pac : leurs montants sont connus lors de la déclaration Pac déposée le 15 mai.

3- Ouverture de crédit : la faiblesse des taux d’intérêts réduit les frais financiers de cette facilité.

A long terme : adapter les plans de financement des biens en fonction de leur durée de vie économique et non pas fiscale. Il faut de plus en plus réfléchir à un financement en phase avec la durée de vie économique des matériels acquis.

Mais avant tout, il est important d’adapter sa stratégie d’équipement à la nouvelle conjoncture afin de ne pas sombrer dans le surendettement.  

 

Cet article s’inscrit dans la série Financement des exploitations laitières, installation, modernisation, investissements et difficultés de trésorerie


Tous droits de reproduction réservés - Contactez Terre-net

A lire également

   Rechercher plus d'article