Yourtes, roulottes,cabanes dans les boisUne nouvelle forme d'agritourisme

| par Amandine Delacroix | Terre-net Média

Depuis quelques années, les hébergements insolites ont le vent en poupe. Zoom sur les tendances de ces nouvelles activités agritouristiques.

RoulotteAvant de se lancer dans un tel projet, il faut s’assurer de sa rentabilité !(©Apca)

Les cadeaux de Noël, quel casse-tête ! Depuis cinq ans, tous ceux qui manquent d’inspiration ont trouvé la solution : les coffrets cadeau. Au sein d’un large choix d’activités, les week-ends insolites ont la cote. Là aussi, de nombreuses possibilités d’hébergement sont proposées aux aventuriers en quête de tranquillité et de dépaysement. Parmi les plus demandées, aux côtés des yourtes, des roulottes et des tipis : les cabanes dans les arbres.

Une autre façon de se diversifier

S’il n’existe pas d’inventaire exhaustif de l’offre "insolite", celle-ci ne cesse de se développer en France. L’imagination de ceux qui investissent ce créneau est débordante et les nouveaux concepts fusent. Connaissez-vous les carrés d’étoiles, les Pod ou encore les bulles ? Qu’ils permettent d’observer les étoiles, de camper sans renoncer au confort ou de dormir dans une sphère transparente, ces hébergements insolites ont un point commun : ils donnent à leurs clients l’opportunité de s’évader le temps d’un week-end, de voyager à deux pas de chez eux, donc à moindre coût.

L'une des 2 cabanes installées dans les arbres sur l'exploitation d'Aurélie et Rodolphe Cauchard dans la Manche.L'une des deux cabanes installées dans
les arbres sur l'exploitation d'Aurélie et
Rodolphe Cauchard dans la Manche.
(©Terre-net Média)
A la tête de ces projets, beaucoup d’agriculteurs à la recherche d’une nouvelle façon de se diversifier. Car, contrairement aux gîtes et aux chambres d’hôtes traditionnels, pas besoin de disposer d’un patrimoine bâti, ni d’habiter dans une région très touristique ! Les hébergements insolites peuvent pousser partout, du moment que le lieu permette un branchement sanitaire et électrique, et que l’environnement soit reposant. Bien sûr, en fonction du type de structure et de sa surface, des démarches administratives seront à faire (déclaration de terrain de camping, déclaration préalable de travaux).

Dégager un revenu complémentaire

Que l’agriculteur fasse de la vente directe ou construise des cabanes dans les arbres, les motivations, elles, sont les mêmes : dégager un revenu complémentaire, occuper la main-d’œuvre familiale, s’ouvrir aux autres et parler de son métier et de l’agriculture en général. Sur ce dernier point, les agriculteurs ont un avantage vis-à-vis de leurs concurrents. Les adeptes de l’agritourisme, de plus en plus nombreux, qui apprécient l’authenticité et la convivialité des rencontres avec le monde agricole, sont autant de clients potentiels pour des week-ends insolites à la ferme.

De 1.000 à 40.000 euros d'investissement

Toutefois, avant de se lancer dans un tel projet, il faut s’assurer de sa rentabilité. Celle-ci varie selon les charges de fonctionnement, le taux d’occupation et l’investissement de départ. Comparé aux travaux d’aménagement nécessaires pour les gîtes classiques, celui-ci est raisonnable. Les prix vont de 1.000 € pour de petits tipis simples sans accessoires et mobilier à 40.000 € pour des roulottes clés en main, décorées et équipées.

Connaissez-vous le glamping ?

Le terme "glamping" est un néologisme anglo-saxon issu de la contraction des mots "glamour" et "camping". Il illustre bien l’orientation donnée aux hébergements insolites, mélange de tourisme de plein air, proche du camping, et de glamour (logement atypique, accueil personnalisé, services haut de gamme).

A l’inverse, les charges de fonctionnement sont relativement importantes, en particulier celles liées à la main d’œuvre (ménage notamment) et à l’entretien. Ces hébergements ont une durée de vie moyenne de 10 ans et il faut changer régulièrement certaines pièces ou tissus. De plus, le temps consacré à la gestion des réservations, à la communication et à l’accueil des clients est loin d’être négligeable. Cette exigence de disponibilité est d’ailleurs la principale contrainte.

Plus de courts séjours

En termes de fréquentation, la clientèle privilégie souvent les courts séjours (deux à trois nuitées) et question prix, la fourchette s’étend de 60 à 300 € la nuitée, certains hébergements s’orientant vers le haut de gamme pour répondre aux besoins de visiteurs toujours plus exigeants (cf. l’encadré sur le "glamping"). Attrait de la nouveauté, effet de mode… le concept cartonne. Mais, même s’ils sont très bien fréquentés, les hébergements insolites devront veiller à conserver leur positionnement, en maintenant une offre de qualité. Face à un marché de plus en plus atomisé, quelques réseaux (Bienvenue à la Ferme, Roulotte de Campagne, La Cabane en l’Air, Insolite Home...) s’organisent pour mettre en place des services communs de réservation en ligne, de référencement et de communication. Certains proposent aussi d’accompagner et de former ceux qui souhaitent se professionnaliser et contribuer ainsi au développement du tourisme en milieu rural.


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