Abattoir Sobeval de DordogneUne enquête préliminaire pour mauvais traitements à animaux a été ordonnée

| AFP

Une enquête préliminaire pour mauvais traitements à animaux a été ordonnée par le procureur de la République de Périgueux à la suite de la plainte en février de l'association de défense des animaux L214 visant un abattoir de veaux de Boulazac, a-t-on appris auprès du parquet.

L'ouverture d'enquête, révélée par LCI, a été confirmée par le parquet de Périgueux à un correspondant de l'AFP, sans plus de précision. Elle intervient six jours après l'autorisation par la préfecture de la Dordogne d'une reprise « partielle » d'activité de l'abattoir de la Sobeval, qui emploie 450 salariés, et abat environ 3 400 veaux par semaine.

L214 avait diffusé le 20 février une vidéo, tournée en novembre-décembre dans l'abattoir, y révélant selon elle des « infractions multiples ». Elle y dénonçait, entre autres, des « étourdissements réalisés en violation de la réglementation », avec la tête des veaux pas totalement immobilisée, donc des « tirs mal ajustés », des animaux blessés mais conscients, et des « contrôles de l'inconscience et de l'insensibilité des veaux quasi inexistants ».

Le ministre de l'agriculture Didier Guillaume avait huit jours plus tard suspendu l'agrément de l'abattoir dans l'attente de « mesures correctives ». Selon lui, une inspection diligentée avait mis en évidence des « dysfonctionnements » et des « problèmes de formation » des salariés.

La préfecture avait conditionnée la reprise d'activité notamment à la « révision » des procédures d'abattage, à la formation des personnels « au respect de ces nouveaux modes opératoires » et à la « fiabilisation du niveau de surveillance interne ».

Dès le 4 mars, le préfet levait partiellement la suspension d'agrément, autorisant la Sobeval à reprendre son activité d'abattage conventionnel (70 % de son activité), sous réserve notamment « d'une supervision renforcée », par une vétérinaire nouvellement recrutée.

Vers une reprise complète de l'activité ?

La préfecture avait expliqué avoir donné une « évaluation favorable » aux « propositions d'amélioration » présentées par l'abattoir, et après un test qui avait « permis de vérifier que (...) l'abattage respectait pleinement la réglementation en matière de protection animale ».

Une reprise complète d'activité reste conditionnée à une nouvelle évaluation, mi-mars, qui devra établir si « toutes les garanties sont apportées» pour l'abattage rituel (casher et halal).

La reprise d'activité avait scandalisé L214, qui estimait qu'« en trois jours, il est impossible d'avoir pallié (les) défauts de structure et de formation du personnel ». Elle accusait les pouvoir publics d'avoir cédé à « la pression des syndicats et autres intérêts économiques privés ». La veille, du fumier et du lisier avaient été déposés devant la préfecture de Périgueux, par une centaine d'éleveurs, en soutien de la Sobeval.

L214 a salué mardi l'ouverture d'une enquête préliminaire, « une bonne nouvelle qui montre que nous avons fourni assez d'éléments à la justice ». « Nous sommes plein d'espoir mais aussi de doute, la réponse judiciaire n'est souvent pas à la hauteur, on est encore sur des peines symboliques», a toutefois déclaré à l'AFP la co-présidente Brigitte Gothière.

La direction de l'abattoir, propriété du groupe Van Drie, n'a pas souhaité commenter.


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