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France Terre de LaitUne démarche collective pour retrouver de la valeur

| par | Terre-net Média

Suite au plan de filière demandé dans le cadre des États généraux de l'alimentation en 2017, l'interprofession laitière a pris des engagements pour répondre aux nouvelles attentes des consommateurs tout en redonnant de la valeur à la production. France Terre de Lait traduit cette ambition en une démarche commune, avec des objectifs de progression et des indicateurs mesurables.

Lancement de France Terre de Lait, avec Marie-Thérèse Bonneau, Damien Lacombe, Thierry RoquefeuilLancement de France Terre de Lait, avec Marie-Thérèse Bonneau, Damien Lacombe et Thierry Roquefeuil. (©Terre-net Média) 

Dans le cadre du plan de filière élaboré fin 2017, « beaucoup d’engagements ont été pris au niveau des producteurs, pour valoriser le lait qui sort de la ferme et qui sera utilisé pour faire des produits laitiers. Pour nous, c’est l’installation d’un cercle vertueux, la reconnaissance du travail que l’on fait sur notre exploitation pour produire des produits appréciés par les consommateurs, et qui doit donc avoir une valeur », témoigne Marie-Thérèse Bonneau, vice-présidente de la FNPL, à l’occasion du lancement de la démarche France Terre de Lait par les différents représentants du Cniel, le 14 janvier.

En effet, après plusieurs années de crise qui ont mis à mal le maillon de la production, le plan de filière a été l’occasion de redonner des perspectives aux éleveurs, pour répondre à la fois aux attentes des consommateurs et au besoin de visibilité des producteurs de lait. « On est à la croisée des chemins par les deux bouts de la chaîne de valeur : d'un côté nous avons besoin de rendre le métier attractif, et de l’autre côté on a les attentes des consommateurs qui veulent désormais effectuer un acte citoyen quand ils achètent », explique Damien Lacombe, président de la Coopération laitière.

« Le consommateur a besoin de transparence, de qualité nutritionnelle, de proximité, de garantie en matière d’engagement sociétal, nous avions donc besoin d’un socle fort pour assurer ces engagements de la fourche à la fourchette », rappelle de son côté Robert Brzusczak, représentant les industriels laitiers.

France Terre de Lait est donc la traduction concrète des engagements pris par les différents acteurs de l’interprofession, distributeurs compris, puisque ce dernier maillon a été intégré il y a six mois.

Des indicateurs à atteindre d’ici 2025

La démarche est une stratégie à cinq ans qui se décline en quatre piliers : économique et sociétal, sanitaire, production et transformation durable (bien-être animal, environnement...), et performance alimentaire, explique Caroline Le Poultier, directrice du Cniel.

Chaque volet se décline en une série d’indicateurs et d’objectifs à atteindre en 2025. Ainsi, pour la performance économique et sociale, l’engagement « améliorer la capacité des filières à rémunérer l’ensemble des acteurs » se décline en indicateurs comme, à l’amont, le pourcentage de fermes capables de rémunérer leurs exploitants au-delà du salaire net médian français. Ce taux était de 26,1 % en 2016, l’objectif à 2025 est d’atteindre 55 %. Autre exemple, cette fois en matière de performance sanitaire, France Terre de Lait fixe comme objectif en 2025 de contrôler en antibiotiques 100 % des livraisons dans le cadre du paiement du lait à la qualité, contre 21 % en 2016.

La filière promet par ailleurs une transparence renforcée, notamment auprès du consommateur, dans l’objectif de le rassurer vis-à-vis de ses attentes mais aussi de rendre visible la haute qualité du lait produit en France. Enfin, pour les acteurs qui souhaitent aller au-delà du socle d’engagements commun, l’interprofession travaille également au développement des segmentations. Un référentiel sur le pâturage est ainsi disponible, tout comme un cahier des charges sur l’alimentation non OGM.

« Il faut que l’ensemble des acteurs sache quelle est l’ambition de la filière », ajoute Thierry Roquefeuil. Si un certain nombre de messages vont être relayés auprès des pouvoirs publics, une communication plus large va être lancée à la fin du mois avec pour point d’orgue le Salon de l’agriculture. « Nous voulons montrer que France Terre de Lait existe vraiment, que nos exploitations et nos entreprises sont ouvertes, et que cette transparence n’est pas un coup de com’. C’est une véritable évolution de la filière », conclut le président du Cniel.


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DÉJÀ 9 RÉACTIONS


jersiaise
Il y a 77 jours
Encore une charte de plus pour donner une belle image aux produits agroalimentaire importés a bas prix. MERCI NOS DIRIGEANTS EN TOUS GENRES DES FINANCIERS AVANT TOUS.
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Fink
Il y a 78 jours
.... « il faut donner de la visibilité aux producteurs.. »
Du discours de sourds et d’aveugles!
On avait 70000T de beurre en stocks fin Novembre et là on passe les 220000T
Je ne vous fais pas de dessin... et la plupart des pays européens sont en surproduction !!!
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Gillesdu01
Il y a 78 jours
Depuis le temps qu'ils brassent de l'air , sans retombée aux producteurs ( plutôt des remontées de nos cotisations imposées ! ), ces faux paysans sont vraiment saoulant.
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vik
Il y a 78 jours
Ils ont raisons qu'ils mettent encore des couches par contre qu'ils signent un livre comme la qualité charte,( transparence ,écolo dans leur beaux bureaux éclairés sans modération ,papier toilettes, gobelets, climatisation, les avantages, qui payent ? les agris avec le temps vous allez y arrivés a payés le lait car combien il restera d'exploitant honte
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Terminé
Il y a 78 jours
Et on continue on en remet une couche, encore une charte de plus !
A partir d aujourd'hui en face chaque charte appliquée le lait payé au producteur doit augmenter d autant. Or là on reste dans le même registre toujours plus de qualité pour la soit disante demande du consommateur. Ce n'est pas du gagnant gagnant. C'est la honte de voir des âneries pareilles, fait ci ça
Mais au bout l eleveur ramasse encore les miettes. Le cniel communique pour la défense des industriels pas pour une vraie valorisation du revenu du vrai que méritent les producteurs. Les 55% en 2025 ??? C'est un autre chiffre qu il faut annoncer, en 2025 il y aura moitié moins de producteurs, une filière laitière en totale perdition. Le cniel et compagnie je vous invite chez moi dans une vraie zone d élevage le nombre d arrêt qu il y a c est une hécatombe. Venez venez la réalité est chez moi pas chez ces uluberlus qui pondent vraiment n importe quoi.
L histoire laitière France est dans la descente aux enfers.
Je ne comprends vraiment pas comment ces producteurs à la tête de coopératives des cumuls de mandats et arrivent à travailler sur leur ferme, indetronable. Ce système a montré qu il est à bout de souffle. Et bien non on continue quand même... C'est pas pour demain que l on va changer.
A vomir tout cela.
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Idiot
Il y a 78 jours
Nos dirigeants syndicaux qui proposent ces mesures ont oublié le principal : qu ils étaient normalement producteurs donc soumis aux mêmes contraintes que leur collègues. Mais dans des salons parisiens feutrés avec beaucoup d avantages on oublie souvent d ou l on vient. Cela me fait penser à ce dirigeant régional qui prônait en réunion le contraire de ce qu il faisait chez lui
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tintin
Il y a 78 jours
LACOMBE+ROQUEFEUIL =CATASTROPHE + INCOMPÉTENCE+PINOCCHIO
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Fabien 53
Il y a 78 jours
J'ai lu le plan de filière. Beaucoup de blabla pour avoir peu d'effets sur le prix du lait. Par contre plus de contrainte pour les Agri. Obligation de réaliser un diagnostic bas carbone,visite pour le bien etre animal etc... Encore des gens a payée pour nous expliquer notre métier c'est ça la France beaucoup de paperasse pour des effets minime
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Idiot
Il y a 78 jours
Ce qui me désole c’est que derrière tous ces discours il y a une coopérative au frais de fonctionnement démesurés qui paye très mal ses producteurs et dans un effet boomerang entraîne les autres laiteries Faudrait que le syndicat principal arrête de faire le poisson pilote de Sodiaal Cette coop est ingérable et bientôt il y aura plus de gratte papier que de livreurs.
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