Reportage chez Guillaume Lasnon (76)Un diagnostic Cap'2ER et du financement participatif pour mieux communiquer

| par | Terre-net Média

Guillaume Lasnon est agriculteur près d'Yvetot en Seine-Maritime. La tête dans le guidon entre ses vaches laitières, son atelier d'engraissement et ses cultures, il a tout de même pour objectif d'améliorer ses pratiques et communiquer auprès du grand public. Pour cela, il a réalisé un diagnostic Cap'2ER sur sa ferme et s'est lancé dans le financement participatif.

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Guillaume Lasnon s'est installé en 2000 sur l'exploitation familiale à Grémonville en Seine-Maritime. Épaulé de ses deux salariés, il cultive 130 ha et élève 70 vaches laitières et leur suite. Il possède également un atelier d'engraissement d'une centaine de têtes.

L'exploitation de Guillaume Lasnon en quelques chiffres :
3 UMO (Guillaume et 2 salariés)
70 VL
620 000 l de lait (livrés pour Danone)
Un atelier d'engraissement de 100 têtes (taurillons et vaches de réforme)
130 ha de SAU dont 50 ha de SFP

Un élevage jugé assez intensif dans ses pratiques

Bien occupé, l'éleveur n'en oublie pas son objectif d'améliorer ses pratiques. Il y a six mois, il a donc engagé un diagnostic Cap'2ER afin d'évaluer le bilan carbone de son élevage. Et quelle a été sa surprise lorsqu'il fut qualifié d'intensif ! En effet, il est clairement stipulé dans le rapport : « L'empreinte carbone est de 1,04 kg eq CO2/l de lait, ce qui est supérieur au système de référence. »

Empreinte carbone de l'élevage de Guillaume Lasnon (76)Empreinte carbone nette des ateliers lait et viande de Guillaume Lasnon (76). (©Cap'2ER)

« J'ai fait trop peu de stocks de carbone sur la ferme », explique Guillaume qui voit un double objectif à faire évoluer ses pratiques : répondre aux attentes sociétales concernant les impacts environnementaux de son élevage, mais aussi améliorer ses performances économiques. « On a forcément à y gagner. Moins de dépenses énergétiques, meilleure efficience... Et puis on nous parle depuis quelques temps des crédits carbone, j'attends de voir ! »

Plus de pâturage pour limiter l'empreinte carbone

Le diagnostic Cap'2ER a mis en évidence différents leviers :

- l'implantation de couverts végétaux,

- l'implantation de 6 ha de trèfle,

- la mise en place de 120 m de haies,

- l'aménagement du chemin d'accès au pâturage,

- et l'installation d'un récupérateur de chaleur du tank à lait et d'un modulateur de machine à traite pour diminuer la consommation d'électricité.

« L' investissement le plus important concerne le chemin. Les vaches pâturent déjà de façon tournante les 10 ha autour de l'exploitation, mais le chemin n'est pas stabilisé. Nous allons le bétonner sur 200 m de long et 2,5 m de large pour distribuer les différentes parcelles. Cela nous permettra d'allonger la période de pâturage et de limiter le salissement des vaches ou encore les boiteries. »

Chemin d'accès au pâturageGuillaume prévoit de bétonner le chemin d'accès aux prairies, ce qui lui permettra d'allonger sa saison de pâturage. (©Terre-net Média)

Du financement participatif pour communiquer positivement sur l'agriculture

Et ces changements ont un coût : 24 000 ¤. Danone s'engage alors à financer le projet à hauteur de 7 500 ¤ dans le cadre de sa démarche bas carbone. Guillaume compte autofinancer 14 500 ¤ et il a lancé une demande de financement participatif via le site Miimosa, à hauteur de 2 000 ¤.

Pour l'occasion, il a réalisé une vidéo de présentation de son exploitation et de son projet. Elle accompagne l'article détaillé sur le site Miimosa :

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Guillaume explique : « Ce n'est certes pas une grosse somme par rapport au montant total, mais l'objectif de ma démarche est surtout de communiquer auprès de grand public et de véhiculer une bonne image de l'agriculture. En mettant en évidence notre volonté de changer les pratiques, les consommateurs constateront que les agriculteurs français travaillent bien. »

Il a d'ailleurs à c½ur d'échanger sur son métier. C'est pour cette raison qu'il promet des contre-parties aux participants, notamment des visites de son exploitation en repartant bien sûr avec des produits locaux. Et Guillaume encourage ses collègues à se lancer à leur tour : « Si un maximum de producteurs se mettaient à communiquer sur leur métier, les gens retiendraient plus de choses positives de notre travail. » Il prévoit même de créer, en collaboration avec la laiterie, un guide pratique à destination des éleveurs pour monter un projet de financement participatif.

De plus en plus d'agriculteurs font appel au financement participatif. Retrouvez quelques exemples d'articles via le tag Mon projet mon avenir

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DÉJÀ 12 RÉACTIONS


Cédric malandain
Il y a 3 jours
Slt Guillaume, vaste sujet que tu abordes. J'espère avoir avec toi un échange qui est toujours amicale et appréciables lors d une prochaine soirée ! Entre deux passionnés du métier et de gestion surtout...
Bon courage
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Rino
Il y a 3 jours
Guillaume,
Réfléchis quelques instants
Le curseur de ta méthode intensive est placé dans les 2 activités en zone rouge.
Supprime l’activi Taurillons elle ne te sert à rien! Bazarde t’es veaux pour 40 euros s’il le faut et supprime tout les hectares de culture destinés à cette activité !
70 vaches et les élèves + les réformes suffisent amplement pour 130 hectares !
Tu destines les hectares réimplantés aux laitières ( quitte à investir dans une auto chargeuse)et tu vas constater ton empreinte carbone dans la foulée. Même si tu fais 25000€ de marge taurillons t’as beaucoup plus à gagner avec tes laitières. Tes salariés seront occupés quand même.
Et des agris qui bossent comme toi y’en à des milliers en France. Actuellement ils se découragent , toutes générations confondues.
Si c’était pour produire du bœuf de Réputation à 200€ le kg je pourrais comprendre mais là tu fais tourner tout un système de semences /appros/ charrue/abattoir pour des miettes et néfastes pour l’environnement .
Je te le dis et répète des exemples comme ça j’en ai tout autour de moi et ils quittent les rangs !
Merci pour ton intervention. À Delphine aussi pour avoir souligné quelques remarques.
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Le guillaume de l article
Il y a 3 jours
J' espère vous serez a l écoute de ce message
1 Danone ne m a obligé à rien, j' ai choisi de le faire pour vraiment chercher les atouts et contraintes de ce projet
2 Je l ai fais aussi pour m amuser, rencontrer des personnes, provoquer, et ça marche
3 Pour info je n' ai jamais léché les bottes de Danone, mais quand un ARP m aide à remplir la partie écrite je le dis et je le remercie.
4 Je n ai pas abordé la question du prix dans mon intervention car ce n' était pas le sujet.
5 Je ne suis pas attiré par l'argent mais le montant de mes annuités m oblige a attirer le moindre euro et surtout m oblige à des pratiques rentables et respectueuses de l environnement
6 C est vrai que parfois je fais le guignol et j' aime ça en plus...
7 Je voudrais tellement d un débat en direct sur web agri pour vous répondre avec franchise et gentillesse, pour éclairer vos lanternes, la meconnaissance des systèmes agricoles induit des messages ridicules mais qui méritent d être expliqués.
8 Le choix des taurillons est pour éviter de brader mes veaux à des prix dérisoire, ce n' est sûrement pas le meilleur atelier, les boeufs seraient pires
9 Les quelques mètres de haies bien placés sont d une efficacité remarquable sur l écoulement de l eau.
11 j encourage les producteurs Danone a faire la démarche, je suis à votre disposition pour vous aider et oui pour aller chercher les derniers euros...
12 Ma détermination à faire évoluer les conditions de vie en élevage pour le producteur est très forte et je crois que tous ensemble nous pouvons la faire évoluer
Cordialement
Guillaume
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DELPHINE SCOHY
Il y a 4 jours
Bonjour à tous,
Merci de nous lire et de régulièrement commenter les articles de Web-agri. On a chacun notre avis, on a le droit de ne pas être d'accord, il est même intéressant d'entendre d'autres sons de cloches mais attention : on peut donner son avis tout en restant dans le respect des personnes.
L'éleveur a accepté d'ouvrir les portes de son exploitation, il s'est prêté au jeu du témoignage : je ne suis pas sûre qu'il mérite certains noms d'oiseaux... Les commentaires irrespectueux seront supprimés.
Pour le reste, n'hésitez pas à me contacter directement si vous souhaitez témoigner à votre tour : ce sera avec grand plaisir.
Encore merci à tous et à bientôt !
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X7
Il y a 4 jours
Dans le dossier de Danone j ai été invité en temps qu intervenant extérieur ( c était ailleurs). La démarche paraissait pas mal mais à la fin de la journée j ai compris que l on avait 2 options : faire comme Guillaume et lécher les bottes ou entrer en résistance avec son acheteur. Le malheur dans cette initiative c est le manque de compétence des gens en charge du dossier a l intérieur de la structure même. C est dommage cela aurait put....
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Maec
Il y a 4 jours
"vache"…? Quand tu subis de devoir faire un diagnostic cap2r afin de pouvoir accéder aux primes, c'est plutôt les pratiques de Danone qui sont "vaches"
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Guillaume
Il y a 4 jours
je trouve les commentaires "vache". ce n est jamais facile d ouvrir son exploitation aux regards
des autres et même si le système n est pas très écolos on peut noter qu il fait pâturer ses vaches
ce qui n est pas le cas de tout le monde...On nous vend encore le système robot de traite robot alimentation 0 pâturage total intégration!!
D autre part le projet miimosa peut être une prise de conscience qu il peut améliorer les choses et faire évoluer son système?
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Maec
Il y a 5 jours
C est surtout que chez Danone, pas de bilan carbone, pas de prime qualité !
Cette op est déjà mal payée, si en plus il n'y a pas de primes !
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Rino
Il y a 5 jours
Dans son projet Miimosa a t il prévu de réinjecter financièrement l’équivalent de toute la casse environnementale qu’il a créé pendant des 10ène d’années ?
C’est gonflé comme comportement !
Et surtout il est très attiré par l’argent.... en’ fait on a là le parfait guignol qui a construit et attisé le Agribashing et qui aujourd’hui nous explique comment être crédible aux yeux de la société !Baptisons le ce normand
Guillaume Le ConQuérant!!!!Duc de Normandie
Merci à web agri quand même !
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56
Il y a 5 jours
Quel naïf sur son résultat carbone.
Avec 70 VL et la suite plus une centaine de taurillons pour une sfp de 50 hectares et 80ha de culture
Il n'y a pas besoin de faire st Cyr ni de grand calcul pour voir les quantités d intrants nécessaires pour faire tourner la boutique.
Alors les qq mètres de haies et autres bricoles pour essayer de se donner bonne conscience et bonne image auprès du public.... FAUT ARRÊTER nos concitoyens ne sont pas dupes !!!
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