Dans le Grand OuestSystèmes herbagers VS maïs : des écarts de production mais aussi de résultats !

| par | Terre-net Média

Le réseau Civam publie son observatoire technico-économique des systèmes bovins laitiers du Grand Ouest. Basée sur l'exercice comptable 2018, l'étude met en évidence la résilience et les meilleurs résultats des systèmes herbagers par rapport aux fermes laitières du secteur.

« Cette étude met en évidence la différence de stratégie économique entre les systèmes herbagers et la moyenne des fermes laitières : produire de la richesse pour rémunérer du travail ou capitaliser pour produire du volume », expliquent les membres du Civam qui publient leur nouvel observatoire technico-économique des systèmes bovins laitiers.

Cette édition 2020 compare les élevages laitiers du Grand Ouest dits « en agriculture durable » (système de production économe et autonome qui repose sur la valorisation de la ressource fourragère) de ceux du Rica (réseau d'information comptable agricole), en se basant sur l'exercice comptable 2018 des exploitations.

Comparaison des systèmes herbagers aux fermes du RicaLe Civam compare les performances des systèmes herbagers avec celles des exploitations laitières du Rica du Grand Ouest dans son observatoire technico-économique 2020 (selon les résultats 2018). (©Civam)

Pour commencer, les observations révèlent des écarts d'outils : un agriculteur moyen dans le système dit « agriculture durable » s'occupe de moins de terres (-20 %), d'animaux (-25 %), de matériel et bâtiments (-22 %).

Des stratégies différentes entre les systèmes

Les experts expliquent que les deux systèmes suivent des stratégies opposées, à savoir :

- Une augmentation de la productivité physique du travail pour les systèmes laitiers moyens. En d'autres termes, le produire plus. Mais cela rime avec consommer plus. Dans ce modèle, les charges sont en général plus élevées et il faut produire beaucoup pour dégager de la valeur ajoutée.

- Une augmentation de la productivité économique du travail pour les systèmes herbagers. Cela correspond par la maximisation des prairies et du pâturage. Alors certes, la production est moindre, mais les charges sont moins importantes aussi.

Ils résument ces deux stratégies dans le schéma ci-dessous :

Les stratégies de production des fermes laitièresD'un côté : produire plus avec plus d'intrants, de l'autre : maximiser l'existant (notamment les prairies) quitte à produire moins. (©Civam - Mélissa Dumas)

De meilleurs résultats économiques pour les systèmes herbagers

En excluant les bios afin de comparer des résultats économiques similaires, il s'avère que les fermes en agriculture durable ont un produit d'activité par actif inférieur aux autres (-23 %). Pour autant, elles dégagent en moyenne plus de résultat courant par actif (+66 %). L'écart se fait au niveau des charges.

En comparant sur plusieurs années, les experts expliquent : « Les écarts se creusent quand le prix du lait chute. Ils se resserrent en sortie de crise (grâce aux économies de charges faites pendant la crise) et se réaffirment deux ans après (car la conduite redevient moins économe). Autrement dit, quand la crise est passée, les fermes Rica refont du lait qui coûte cher ! »

Résultats économiques des exploitations laitières du Grand OuestRésultats économiques par actif en comparant les fermes moyennes du Rica, et celles en agriculture durable (conventionnelles et bios). (©Civam) En voici un aperçu des charges :

RicaAD non bioAD non bio
% Rica
AD bio

AD bio

% Rica

Coût cultures (/ha)403 €240 €-41 %176 €-56 %
Coût alim troupeau (/1000 l)149 €83 €-44 %70 €-53 %
Qté concentrés (kg/UGB)1 036412-60 %213-79 %
Autonomie en concentrés19 %31 %64 %48 %148 %
Coût véto (/UGB)58 €41 €-29 %33 €-44 %
Coût méca (/ha)734 €567 €-23 %545 €-26 %

(remarque : pas de données pour les bios des fermes du Rica)

Selon les données, pour chaque tonne de lait produite, les fermes en agriculture durable dépensent 66 € de moins sur l'alimentation dont 48 € de concentrés.

Pour aller plus loin et notamment dans les résultats économiques détaillés ou encore la dépendance aux aides, consultez gratuitement l'observatoire technico-économique des systèmes bovins laitiers

Tous droits de reproduction réservés - Contactez Terre-net

A lire également

   Rechercher plus d'article

DÉJÀ 22 RÉACTIONS


Ludo
Il y a 13 jours
Très bonne article, il me rappel mes cours de bac et de bts. On parle de résultat, de carbone, de pollution. Il y a 17 ans déjà on en parlait pas ou très peu. On ne parle jamais de confort de travail, de la personne. Si on parlait des vrai consommateur, les 80 % qui en ont rien a faire de ou viens le produits du peu qu il est bio et pas chère. Si on parlait des zones de production laitière, de viande ou de céréales qui sont dessinés par les coopératives ou les industriels. Si on parlait des imposition de production quantitative pour pouvoir être collecter. On montre toujours la partis qui flotte de l'iceberg. Si on parlait réellement des dessous du marché?? Et des pourquoi on produits de cette façon ?
Répondre
Patrice brachet
Il y a 16 jours
Merci de te soucier pour moi capitaine mais je voulais juste ouvrir les yeux de ceux qui nous traitent de polluer alors que c est leur achats extra muros qui génèrent du co2 Maintenant j arrive à l âge de la retraite et j en ai tellement bavé des conneries que je me permet de remettre les pendules à l heure. Cela fait plus de 10 que je passe pour un fou et maintenant des gamins m appellent de partout pour avoir un avis. C est ça la richesse ! Pouvoir transmettre car le jour du grand départ je n ai jamais vu de coffre fort attaché à un cercueil.
Répondre
Capitaine
Il y a 16 jours
Justement Patrice lance- toi dans la filière !
Toi qui crève de faim sur ta ferme n’hésite pas , le marché est carrément juteux.
Tu feras du local et créera de l’emploi franco- français. Je t’assure ce va t’être autre chose que traire pour te faire traire.
Répondre
Patrice brachet
Il y a 17 jours
On parle grammes de carbone et j apprend au JT de 13 h que le phénomène a la mode des roses rouge est en plein boum cette année et elles viennent d où. Des milliers de tonnes de carbone plus loin. Rappellez vous en avant de les offrir à votre ange adoré car c est un cadeau empoisonné à vos enfants
Répondre
Lau
Il y a 17 jours
Eh oui, les chiffres ne mentent pas,les systèmes productivistes sont à la pointe de la technique mais à la traîne en terme de revenus (surtout lorsque le prix du lait est faible)! Difficile après de parler du’’revenu’’ des producteurs de lait en general.Entre le PLus bas du Rica et le meilleur ADbio il doit y avoir près de 100 000 euros par uth....alors on pourra discuter carbone quand on aura tous compris que la production réalisée avec l achat de nombreux intrants et des investissements très lourds n est pas souhaitable
Répondre
Maec
Il y a 17 jours
Une prairie stock presque le double de carbone qu une surface avec en rotation.
Si en plus il y a des arbres et des haies...
Répondre
Cyrille Létard
Il y a 18 jours
On peut discuter de tout ce qu'on veut, carbone au l ou avec photo, y a 10000€ d'écart de RC/UTHf. Une empreinte environnemtale faible, moins de lait, moins de capitaux (transmissibilité +), plus de revenu. L essentiel où que l'on soit est de se poser la question de comment s'approcher de ces systèmes. Un principe de base, ne pas labourer les surfaces accessibles aux VL, là tu commence a gagner de l'argent.
Répondre
Carbon
Il y a 18 jours
Pour ce qui est du carbone, il faudrait déjà arrêter de calculer au litre de lait produit. Si l'on parle réchauffement de la planète il faut poser les bon critères. La planète se fout du litre de lait que l'on produit par contre elle a un nombre limité d'hectares (ressources fini) il est donc pertinent de regarder le CO2 a l'hectare et non au litre. Et pour la rémunération, perso ce qui m'importe c'est le revenu tout court, peu importe le litrage. Arrêtons donc de tout mettre au litre et donnons de l'herbe a nos vaches, meilleurs pour la planète et le porte feuille.
Répondre
Guigui22
Il y a 18 jours
Tout à fait d'accord avec toi. Il faut avant tout regarder le côté économique. Tous les ans les résultats sont les mêmes mais il est toujours compliqué de convaincre les plus endurcis
Répondre
Massol
Il y a 18 jours
Laissez le carbone et regardez le reste.pour ceux qui est des revenus,qu’elle que soit la région les résultats sont toujours les mêmes car la contrainte climatique est la même par contre ceux qui m’apparaît intéressant c’est la comparaison des deux systèmes pâturant ou la différence est moindre et le choix du bio ou pas bio s’impose .par contre si votre choix est de rester en conventionnel il n’y a pas match entre les deux systèmes .quand au carbone la comparaison est faite sur le carbone pour produire un litre de lait sans artifice type photovoltaïque ou autre.cependant je rejoins patrice sur l’impact des techniques culturales sur le bilan carbone .hélas trop peu d’éleveurs utilise le semidirect sur couvert végétal en conventionnel comme en bio d’ailleurs.
Répondre