Sécheresse 2011Les premières propositions pour pallier les déficits de fourrages (Mise à jour le 10 mai)

| par | Terre-net Média

Les initiatives se multiplient. Des Chambres d'agriculture lancent d'ores et déjà une bourse au fourrage et demandent de pouvoir exploiter les jachères. La Confédération paysanne a pour sa part cinq propositions en poche. A la réunion du comité de suivi de la sécheresse, le 12 mai prochain, au ministère de l'Agriculture, elle « attend des décisions gouvernementales fortes pour leur assurer un approvisionnement et pour moraliser le marché des fourrages ».


Les prix de la paille attendus à
la hausse ! (© Terre-net Média)

Il y a urgence d’agir. Les Chambres d’agriculture envoient les unes après les autres des communiqués alertant chacune sur la situation exceptionnelle à laquelle les agriculteurs sont confrontés. Outre l’absence de fourrages frais, la crainte la plus redoutée est leur incapacité à pouvoir renouveler leurs stocks. Après une première coupe de foin  en qualité et en quantité, l’herbe ne repousse plus. Le maïs peine à se développer et les céréales sont stoppées dans leur croissance.

« Les paysans attendent aujourd’hui des décisions gouvernementales fortes pour leur assurer un approvisionnement et pour moraliser le marché des fourrages. La convocation du comité de suivi de la sécheresse le 12 mai prochain devra être le moment d’annoncer ces indispensables décisions », écrit la Confédération paysanne dans un communiqué de presse du 4 mai dernier.

« Dès les premières manifestations de la sécheresse cette année, la Confédération paysanne formulait au ministre de l’Agriculture quelques premières propositions :

  • interdire le broyage des pailles;
  • envisager une mesure permettant aux éleveurs d’accéder à 500 kg de céréales par Ugb au prix d’intervention;
  • alléger les règles régissant la gestion des Pmtva (durée de détention des animaux);
  • des reports d’échéance sur les prêts bancaires pour ceux qui le souhaitent;
  • le paiement rapide des Mae et des aides sécheresse de l’an dernier ! »

(© Terre-net Média )
D’ores et déjà, le service Elevage de la Chambre d'agriculture du Lot et Garonne met en place « une bourse au Fourrage » pour mettre en contact les agriculteurs ayant des stocks de fourrage à vendre avec des acheteurs potentiels. Pour plus de renseignements, elle invite à consulter le www.ca47.fr.

Aux propriétaires de parcelles non agricoles, l’organisation départementale leur demande « plutôt que de broyer vos parcelles en herbe, mettez la à disposition de vos voisins éleveurs qui sont déficitaires en fourrages avec la sècheresse de ce printemps ». « L'administration a donné son accord pour cette pratique », assure t-elle. Et avant de remettre votre déclaration d’ici le 16 mai prochain, « déclarez vos surfaces en herbe et/ou en gel, en prairie temporaire afin de pouvoir les utiliser ou les mettre à disposition d'un éleveur », ajoute la Chambre.

En Charente, l'organisation départementale a pris une initiative similaire. Elle a adressé au Préfet un courrier mardi 3 mai demandant une dérogation pour le fauchage et l’utilisation des jachères. « Cette dérogation permettra de fournir une partie du fourrage nécessaire à l’alimentation des cheptels, si celle-ci est obtenue dans les meilleurs délais ». « En effet, l’éventualité de l’obtention d’une dérogation tardive, juillet par exemple, serait inutile car le fourrage devenu trop sec aura perdu toutes les qualités nécessaires à l’alimentation du bétail».

La Fnsea demande l’autorisation de récolter le couvert des jachères
Dans une lettre adressée ce 10 mai à Bruno Le Maire, Xavier Beulin, président de la Fnsea demande au ministre de l’Agriculture « l’autorisation de récolter le couvert des jachères et d’y faire pâturer les animaux, en dérogation des règles d’entretien minimal des terres fixées dans le cadre de la conditionnalité de la Pac ».
Le président de la Fnsea souhaite que cette mesure soit mise en ½uvre très rapidement. Et il précise que cette utilisation des jachères devra rester sans incidence sur la prise en compte des surfaces concernées dans comme anomalies Solidariytopographiques (gel fixe) ou comme bande tampon.
« Tout doit être mis en oeuvre pour assurer aux éleveurs la possibilité d’utiliser toutes les terres en herbe, que la réglementation de la Pac interdit », insiste JA d’ile France.

En fait, la situation actuelle conduit le syndicat à demander une révision du bilan de santé de la Pac. La Fdseaif et les JAidf souhaitent dès maintenant « ne pas mettre en place de prélèvement supplémentaire sur les aides agricoles, dont principalement les Dpu*. Ils demandent surtout la non application en 2011 du « Bilan de Santé » prévue dans le cadre de la Pac, qui va encore réduire les marges de manoeuvre des producteurs de grandes cultures, mais aussi des éleveurs ».

Mais quoiqu’il en soit, « les cours des céréales et donc le prix des aliments du bétail vont une nouvelle fois exploser », assure la Chambre d’agriculture de Savoie. « Et si la situation se confirme dans les prochains jours, un plan d'urgence devra être mis en place au plan local comme au niveau national la mobilisation ne doit pas attendre ».

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