Face à la volatilité« Se spécialiser tout en diversifiant ses activités par des projets partagés »

| par | Terre-net Média

Pour pouvoir faire face à la volatilité des marchés, la réduction des charges pour abaisser son point mort économique doit se faire sur tous les fronts. « Pas seulement sur les charges opérationnelles, mais aussi sur les charges de structure », selon Jean-Marie Séronie. Sur le plan stratégique, l'agro-économiste estime qu'il faut à la fois se spécialiser tout en se diversifiant par des projets partagés entre agriculteurs.

[Vidéo] Jean-Marie Séronie : « Le moteur de l’augmentation du revenu dans une exploitation, c’est l’efficacité du travail »

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Comment les exploitations d’élevage peuvent-elles s’adapter à la volatilité des marchés ? L’agro-économiste Jean-Marie Séronie répond à cette question en livrant son analyse sur les possibilités – quand elles existent encore – de réduction des charges dans les exploitations.

« Globalement, il faut pouvoir profiter quand ça va bien, et résister quand la conjoncture est moins bonne. Pour cela, il faut être en mesure de baisser son point mort.

Dans les coûts de production, on trouve globalement trois tiers : les charges opérationnelles, les charges de structure, les autres charges et la rémunération du travail.

Les éleveurs se concentrent beaucoup sur la baisse de leurs charges opérationnelles. Mais cela ne suffit pas. Selon le spécialiste, il y aurait des marges de manœuvre du côté des charges immobilisées. « Certains pourraient davantage partager et rendre variables des charges fixes, par la sous-traitance, la copropriété et le partage d’investissements. »

Entre spécialisation et diversification, faut-il choisir ?

En termes de revenus, « le moteur de l’augmentation du revenu dans une exploitation, c’est l’efficacité du travail », rappelle-t-il.  « Quelle valeur ajoutée produisent mes salariés ? Et surtout, quelle est ma valeur ajoutée en tant que chef d’entreprise ? »

Dès lors, deux stratégies se dessinent. « Il y a d’abord la stratégie volume-prix qui consiste à produire plus au moindre coût. Et il y a la stratégie de diversification. » La deuxième option, à l’instar de la vente directe par exemple, « peut permettre aux producteurs de s’affranchir de la volatilité des cours mondiaux. Mais elle est gourmande en temps de travail et en investissements.

Mais alors, quelle stratégie privilégier ? Se spécialiser ? Ou se diversifier ? « Les deux », répond Jean-Marie Séronie. « Pour être plus efficace, on a tendance à se spécialiser. Or on dit aussi qu’il ne faut pas mettre tous ses œufs dans le même panier. La solution à ce dilemme réside dans le partage de projets à plusieurs, pour à la fois se spécialiser dans une production tout en diversifiant ses activités. » C'est le cas, souvent, des projets de méthanisation. 


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DÉJÀ 21 RÉACTIONS


Babast50
Il y a 211 jours
Mr seronie à tout compris de nos professions 3metiers 1 misère et en fait il nous faut choisir entre la mare aux crocodiles et l'île aux serpents.Il n'est pas à sa première stupidité.
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DEN 63
Il y a 214 jours
FAUT ETRE AVEUGLE POUR NE PAS VOIR CE QUI EST EN TRAIN DE SE PASSER MR SERONIE.La ferme d'élevage familiale c'est finie ou alors celle qui fait la vente directe ou du bio.L'acte politique est lui bien visible,le produit de masse va être importé ! l'élevage est en train de disparaître ce n'est plus viable! c'est juste honteux.Déjà les plus grandes exploitations ne sont pas reprises si par des étrangers les français ne peuvent pas.Il faudra un jour se réveiller ou tout simplement un matin ce sera difficile pour tout le monde!
Ha oui les regroupements l'amont et l'aval de l'agriculture pas de soucis on conserve les personnels et l'agriculteur dans tout cela?? c'est un scandale.Pas de projet pour relancer l'agriculture française,juste NUL c'est pas demain que la FRANCE va retrouver la première place.C'est toujours les agris qui sont pris pour des cons,faut qu'ils baissent leur charges,c'est dingue d'entendre des trucs pareils.QUAND ON PEU PLUS ON ARRETE MOI J ARRETE ! je ne supporte plus ces conseils.c'est complètement en dehors de la réalité de ce que vivent les producteurs.L'éleveur travaille sous la dictature.
la liberté c'est finie dans notre pays......
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tell14
Il y a 214 jours
au sujet des coops et fournisseurs a 200% avec toi steph.les coops du nord de l europe repartices telles mieux leurs resultats entre investissement et prix du lait aux producteurs? C est peut etre une partie de l explication de la difference de prix avec nous. la france a aussi la particularitee d avoir des coops multi activitees:si tu livre le lait chez le meme qui te prend les cereales et la viande..c est une nouvelle forme d eclavage.
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steph72
Il y a 214 jours
Prix du lait aux Pays Bas + de 400 e 2017,en Allemagne + de 350 e et nous - de 350 e ,eux vont compenser leur manque à gagner en 2016,nous pas du tout malgré un prix du lait supérieur à eux en 2016.
On fait vivre trop de monde autour de nous ,voila une partie de la raison ( coop ,fabricants d'aliments....) et tu voit régulièrement leur résultats s'améliorer tous les ans alors que les agriculteurs ont leur résultats qui se dégradent.
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titian
Il y a 214 jours
Oui c'est sympa les voyages, enfin sans les vaches c'est pas mal aussi.
La question c'est, en retire tu vraiment quelque chose de transposable chez toi ?
Sinon comme tu dis, dommage pour la mentalité, et quand elle commence à évoluer, c'est trop tard le tissu en élevage n'est plus assez suffisant.
Une remarque en passant, ici un vendeur de ration sèche faisait régulièrement de longs voyages pour faire visiter des élevages, objectivement c'était un bon moyen pour ne pas voir ce qui ne marcher pas tout à côté, impossible aussi distance aidant de requestionner vraiment le collègue.
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tell14
Il y a 214 jours
c est toujours interessant malgre tout d aller voir nos voisins etrangers .tu vas en suede on te parle de bien etre animal avec des animaux qui ne sortent jamais(pas de barrieres aux batiments).tu vas en autriche ils roulent en 4*4 avec 10 vaches(tyroles)
tu vas voir l irlande ils te font paturer 500 a 800 vaches sans mises aux normes par contre ils non pas encore de tracteurs 4 roues(les laitiers).
pour aller visiter ses voisins et avoir les chiffres la c est pas dans la mentalitee
du français de mettre tous sur la table..dommage
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titian
Il y a 214 jours
Aller voir nos concurrents, oueh bof si c'est dans des "farming tour" bling bling, ça n'apporte pas grand chose.
Y a bien le réseau EDF, mais je suis même pas sûr que le retour soit si profitable, tant les contraintes et peut être aussi les aspirations sont si éloigné d'un pays à l'autre.
Commençons déjà par aller voir nos voisins, je dirais, en remisant l'orgueil et en mettant vraiment tout sur la table, là je crois que l'on avancerait, mais bon ça reste une utopie.
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tell14
Il y a 214 jours
je dis juste qu il faut etre force de proposition et que de passer son temps a tout critiquer des que tu as quelqu'un(un agri) qui explique qu il fait plus paturer qu il utilise une cuma integrale etc...et aussitot il se fait descendre.
j ai l impression que les exploitations ayant grossies depuis 20 ans et la main d oeuvre n ayant pas suivie que l on a moins de temps pour echanger entre nous.
une chose toujours interessante est la visite d'exploitation.
pour les taxis de 10 000h j'ai pas non plus la solution .mon pere faisait 400 000l
il y a 30 ans avec un 2 roues de 80 ch ...
le prix de mon lait est le meme que lui mais mon mecano est a 60e/h sans parler du prix des pieces.donc effectivement on renouvelle plus vite .en revanche on a plus de confort .
une autre idee est d aller voir comment cela se passe chez nos concurrents allemands hollandes etc mais tout n est pas rose non plus chez eux.
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oups
Il y a 214 jours
c'est vrai qu'en combinant plusieurs productions complémentaires (par exemple lait viande volailles ) et en s'aidant de matériel performant comme le robot de traite, on peut arriver a avoir bons revenus... dixit mon comptable
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titian
Il y a 214 jours
En effet le principe CETA est encore bien vivace en culture à coté de chez moi en Occitanie, et quand je vois comment ils ont avancés et avancent encore par simple et économique émulation de groupe, ça me laisse quelque peu songeur.
Enfin bon, nous les éleveurs maintenant avec des outils bien saturés, à tout les sens du terme, on se laisse organiser dans bien des domaines, jusque dans les têtes.
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