Assurance, épargne, contrats...Se couvrir contre les risques, un réflexe à adopter par les agriculteurs

| par Adèle Magnard | Terre-net Média

Encore trop peu d'agriculteurs se prémunissent face aux différents risques pesant sur leurs exploitations. Pourtant, de nombreuses solutions existent, même si elles sont parfois complexes à mettre en ½uvre.

BléDifférents leviers (privés et publics) doivent se cumuler pour gérer les risques en agriculture. (©Marzena P. Pixabay)

Ils peuvent être climatiques, sanitaires, financiers, économiques ou encore médiatiques... les risques menaçant une exploitation agricole sont multiples et pèsent parfois lourd sur les trésoreries. Dans une étude présentée à la presse ce matin, la société de conseil en assurance Bessé dresse un panorama des outils à disposition des agriculteurs pour répondre à cette diversité de besoins.

Il faut amener les agriculteurs vers une culture de la gestion du risque.

« Il y a un véritable travail de pédagogie à réaliser auprès du milieu agricole, estime Fabienne Chapelain, responsable de l'amont agricole chez Bessé. Il faut amener les agriculteurs vers une culture de la gestion du risque. Mais pour que cela fonctionne, il faudrait d'abord que les différents acteurs de la gestion du risque en France se parlent ». Selon le cabinet, qui accompagne plusieurs groupes agro-industriels et coopératifs, « il n'y a pas une seule réponse homogène à proposer aux agriculteurs ». Autrement dit, différents leviers doivent se cumuler, privés comme publics. Et dans ce processus, Bessé estime que les coopératives ont un vrai rôle à jouer car elles peuvent négocier des solutions de façon groupées pour le compte de leurs adhérents.

Quelles solutions envisager ?

Le point sur quatre types de risques rencontrés par les agriculteurs et les solutions envisagées :

- Le risque climatique : Seulement un quart des cultures céréalières et viticoles sont assurées contre les risques climatiques. Pourtant, un dispositif existe, subventionné à 65 % : le contrat socle. S'il ne rencontre pas un franc succès, c'est qu'il engendre des freins importants : une franchise à 30 %, trop dissuasive, et un seuil de déclenchement des indemnités trop élevé, à 30 % des pertes. Selon l'étude du cabinet Bessé, l'un des leviers pour compléter ce contrat socle réside dans la fiscalité. « La réforme fiscale amorcée pour 2019 va permettre aux agriculteurs de constituer une épargne de précaution défiscalisée permettant de compenser avec souplesse les mauvaises années de récolte par les bonnes. Une opportunité d'autant plus nécessaire que, dans le cadre du dispositif des calamités agricoles, l'indemnisation n'est parfois versée qu'un an après les dommages », indique-t-on dans l'étude.

- Le risque prix : La libéralisation des marchés agricoles, la spéculation et les aléas climatiques provoquent de fortes variations des cours des matières premières, ce qui fragilise de nombreuses exploitations. « Le prix est la variable qui impacte le plus le revenu des agriculteurs », rappelle Michel Portier, fondateur d'Agritel. Pour se prémunir contre cette volatilité, les marchés à terme permettent de se couvrir. Mais si les contrats à terme fonctionnent bien en grandes cultures, ils sont encore balbutiants en élevage, notamment pour le lait. Pour en comprendre les rouages, il est indispensable de se former.

- Le risque sanitaire : Le Fonds de mutualisation sanitaire et environnementale (FMSE), créé en 2013, permet aux agriculteurs d'être rapidement indemnisés après un aléa (tuberculose bovine, pollution aux PCB...). En 2018, 14 000 exploitations agricoles ont été indemnisées, contre 1 400 en 2015. Un bilan plutôt satisfaisant, qui est complémentaire au fonds calamité (FNGRA) couvrant les aléas climatiques tels que le gel, la grêle ou les inondations, analyse le cabinet Bessé.

- Le risque médiatique : Glyphosate, bien-être animal... « la défiance croissante du public par rapport à l'alimentation, nourrie par les scandales, les controverses, une couverture médiatique anxiogène et la puissance des réseaux sociaux où tout peut être sujet à polémique rendent le travail des agriculteurs et de toute la filière agro-alimentaire beaucoup plus complexe », constate Amaury Bessard, expert en communication pour l'agence en conseil Shan. Il invite les acteurs de la filière à une profonde remise en question sur leur façon de communiquer, et travaille entre autres avec les Jeunes agriculteurs (JA) autour de la communication non-violente. Il prône les vertus des démarches collectives. « Le cas de l'association Franceagritwittos où l'on parle du métier d'agriculteur "sans filtres, sans clichés, en toute transparence..." est intéressant », estime-t-il.


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DÉJÀ 8 RÉACTIONS


farmer50
Il y a 76 jours
Pour moi c'est fini, j'ai fait parti des "pigeons" mais avec la récolte de maïs fourrage 2018, le montant que j'ai touché était du vrai "foutage de gueule". 27Ha ensilés au lieu de 21 pour avoir le même cubage (silo) qu'en 2017 avec un rdt de 10.5 TMS/Ha au lieu de 13/14 T en situation normale. Eh bien, l'assurance verte a estimé la perte à 27% soit 2% au dessus de la franchise et m'a versé 500€, ce qui représentait l'achat de 0.4Ha de maïs ensilé. Le fait qu'habituellement, je transformais du maïs grain pour mon troupeau, pas pris en compte. La meilleur assurance, semer quelques Ha de maïs en plus, ensilé un peu plus d'herbe, plutôt que payer une cotisation mettre cette somme sur un compte à part, voila les vrais solutions.
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Jett
Il y a 76 jours
Le but d'un assureur est de faire de la marge, pas d'indemniser!
Tiens moi aussi je ferais bien une société de conseil et d'assurance...histoire d'avoir un revenu.
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terminé
Il y a 76 jours
La preuve que l'agriculture ne vit plus de son métier,les agriculteurs ne veulent pas payer
une assurance parce que l'on à pitié d'eux,mais veulent une vraie
RECONNAISSANCE par les PRIX.
Nous sommes arrivés dans le n'importe quoi.LES AGRICULTEURS ATTENDENT AUTRE CHOSE QUE TOUT CELA....
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Jonathan
Il y a 76 jours
Le principe même de l'assurance est de trouver tous les moyens pour ne pas dédommager un sinistre. Pipeau pipeau
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agri raisonné
Il y a 77 jours
les assurances ca ne sert à rien ! tant que vous devez juste payer, ok aucun problème, par contre, dès que vous avez un sinistre, on vous dit que les clauses dans les petites lignes au bas du contrat ne sont pas remplies, et que vous ne serez pas remboursé !! ASSUREURS ARNAQUEURS
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Pipo
Il y a 77 jours
«fortes variations des cours des matières premières» variation à la baisse toujours en dessous des 385€/t pour du blé.
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BG
Il y a 77 jours
Oh les bons petits produits et conseils, vendus par ceux qui n'ont finalement pas intérêt à ce que nous allions si bien que ça, s'ils veulent tirer la "couverture" à eux...
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maxens
Il y a 77 jours
Epargne de précaution défiscalisée.....encore faut il qu'il y ait quelques bonnes années pour la constituée
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