S'installer en bovins laitAilleurs en Europe : quel capital à investir, quels outils de financement ?

| par | Terre-net Média

Bâtiment, matériel, cheptel et même foncier : les jeunes éleveurs français semblent plutôt pas si mal lotis par rapport à leurs collègues européens. C'est ce qui ressort d'une vaste étude de FranceAgrimer et de l'idele sur le financement des installations en vaches laitières, dont la rédaction a déjà fait écho dans plusieurs articles. Et concernant les solutions disponibles pour financer la reprise, certaines idées seraient peut-être transposables en France, ou mériteraient tout du moins d'être expérimentées.

grand elevage laitier europeenDans d'autres pays européens, comparé à la France, le foncier représente une part très importante du capital à reprendre pour s'installer en production laitière. (©Pixabay) 

> Bâtiments, matériel, cheptel, foncier : pas le même poids dans l'actif repris

19 200 €/VL en moyenne.

France (8 000 €/VL) < Royaume-Uni (14 000 €/VL) < Allemagne (15 000 €/VL) < Irlande (20 000 €/VL) < Danemark (25 000 €/VL) < Pays-Bas (33 000 €/VL)

La France est en bas du classement (8 000 €/VL) et les Pays-Bas en tête (33 000 €/VL), et de loin !

En outre, les écarts entre pays sont importants : de 5 000 à 8 000 €/VL (entre le Danemark et les Pays-Bas pour ce dernier chiffre).

Seule exception, entre le Royaume-Uni et l'Allemagne où il n'est que de 1 000 €/VL.

Poids des différents postes d'actifs pour s'installer en élevage laitier selon les pays européens(©FranceAgriMer, idele) 

  • 1er poste : le foncier agricole, et là aussi les différences sont plus marquées 

11 800 €/VL en moyenne.

France (1 000 €/VL) < Allemagne (7 000 €/VL) < Royaume-Uni (10 000 €/VL) < Irlande (14 000 €/VL) < Danemark (15 000 €/VL) < Pays-Bas (24 000 €/VL)

L'ordre des pays est identique, mais les écarts bien plus élevés.

Le foncier est moins cher en France (1 000 €/VL) pour les futurs éleveurs et nettement (7 à 25 fois < aux autres pays cités).

Pourtant, le prix des terres est souvent sous-évalué au moment des transmissions d'exploitations, notamment dans le cadre familial : de 15 % au Danemark, 30 à 75 % en Allemagne et à 100 % en Irlande et au Royaume-Uni !

  • 2e poste, loin derrière : les bâtiments 

2 400 €/VL en moyenne.

Royaume-Uni (1 000 €/VL) < Irlande (1 500 €/VL) < France et Allemagne (2 000 €/VL) < Pays-Bas (3 500 €/VL) < Danemark (4 500 €/VL)

Le classement est ici bouleversé et les différences entre pays moins conséquentes.

La France se situe à un niveau médian (2 000 €/VL), entre le Royaume-Uni en bas et le Danemark en haut.

  • 3e poste : le cheptel

2 250 €/VL en moyenne.

Peu de différences entre pays : 2 000 à 2 500 €/VL.

  • 4e poste : le matériel

1 700 €/VL en moyenne ( entre 1 000 et 2 500 €/VL)

Royaume-Uni et Irlande (1 000 €/VL) < France et Pays-Bas (2 000 €/VL) < Allemagne et Danemark (2 500 €/VL).

La France se classe au milieu.

  • Ce qui impacte le plus l'installation en bovins lait par pays :

- En France : bâtiments, matériel et cheptel à part quasi égale > foncier

- Au Royaume-Uni : foncier >> cheptel > bâtiments et matériel

- En Irlande : foncier >> bâtiments et cheptel > matériel

- En Allemagne : foncier >> bâtiment et matériel > cheptel

- Danemark : foncier >>> bâtiment > matériel > cheptel

- Pays-Bas : foncier >>> bâtiment > matériel et cheptel

> Des modes de transmission d'exploitation très divers également

  • Partout en majorité : des cessions familiales.
  • Aux Pays-Bas, Royaume-Uni, Irlande et Allemagne : les repreneurs sont privilégiés vis-à-vis de leurs collatéraux.

Dans les deux derniers pays, les modalités de cession d'exploitation leur sont même particulièrement favorables : transfert gratuit de la propriété de l’exploitation du cédant au repreneur et sous-évaluation de la valeur du foncier entre autres.

  • En France et au Danemark : le principe d’égalité prévaut.

Les conditions avantageuses pour les nouveaux éleveurs irlandais et allemands ne sont donc pas transposables chez nous.

> Tout comme les solutions de financement de l'installation des jeunes éleveurs

  • Partout en majorité : des prêts bancaires

Ceci, en raison du poids du foncier dans le coût de la reprise. Leur utilisation est particulièrement forte au Danemark.

Avec des modalités qui varient :

- durée (très longue Pays-Bas et au Royaume-Uni, jusqu'à 40 ans pour des terres ou des bâtiments),

- taux fixe ou variable,

- remboursement accéléré ou de différé de remboursement sur le capital,

- prêts hypothécaires rechargeables basés sur l'augmentation du foncier (Danemark)

Rq : ce système s'avère risqué. Lors de la crise financière de 2008 par exemple, le marché foncier et immobilier s'est effondré, et les taux d'intérêt ont fortement grimpé. Les agriculteurs danois ont essuyé de lourdes pertes financières. Pourtant, l’hypothèque est la principale garantie pour pouvoir emprunter : elle diminue la part d’autofinancement dans les projets d'installation.

  • Recours fréquent aux prêts familiaux : simples ou sous forme de parts sociales (surtout aux Pays-Bas où les coûts de reprise sont les plus élevés).
  • Des outils d'autres pays d'Europe extrapolables en France

- le leasing pour l’achat de matériel et équipements (comme en Royaume-Uni, Pays-Bas, Allemagne…),

- les prêts flexibles spécifiquement adaptés au secteur laitier (Milkflex et  AgriFlex en Irlande),

- le Share farming (Irlande et Royaume-Uni),

- les prêts verts à taux réduits ("Rabo Impactlening" aux Pays-Bas pour les fermes adhérentes à des labels écologiques, avec un emprunt direct auprès de la Banque européenne d’investissement).


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DÉJÀ 3 RÉACTIONS


Lau
Il y a 87 jours
Difficile de comprendre comment font nos voisins européens pour dégager du revenu disponible avec autant de charges financières! Comment un jeune peut il envisager des investissements si importants en espérant vendre son lait moins de 400 euros /1000 l ??
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remi
Il y a 87 jours
et pourtant on entend sans arret les jeunes decrier le prix du foncier qui serait un frein
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jersiaise
Il y a 87 jours
Encore une foie de plus le graphique ne montre pas les charges opérationnels et les normes de productions par rapport à la paperasse française.
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