Céréales, lait, viande, vinsProduire en 2009 ne dégage pas de revenu !

| par Frédéric Hénin | Terre-net média

Cette année, le soutien au revenu est devenu dans la conjoncture actuelle un soutien au règlement des charges ! Et la « ferme France » s'est décapitalisée.


Le lait au palmarès des baisses de revenu en 2009!
(© Terre-net Média)
Cette année, les revenus sont inférieurs aux aides versées dans de nombreuses exploitations. Les agriculteurs de la « ferme France » se partagent, selon les prévisions du compte de l’agriculture établies le 14 décembre dernier, un revenu de 8 milliards d’euros alors qu’ils ont reçu 7,2 milliards de subventions du 1er et 2ème pilier. Et comme ces soutiens publics sont essentiellement perçus en productions animales et en grandes cultures, il est facile de concevoir que le revenu de ces filières serait cette année :
  • inférieur aux montants des soutiens perçus
  • et surtout dans le « rouge vif » si aucune aide directe pour l’ensemble de producteurs de lait, de céréales ou de viande n’avait été versée.

Autrement dit, le soutien au revenu est devenu dans la conjoncture actuelle un soutien au règlement des charges ! Et la « ferme France » s’est décapitalisée.

L’analyse du compte prévisionnel de l’agriculture pour 2009 montre que la baisse de 32 % du revenu par actif non salarié des exploitations professionnelles s’explique par un recul de 5,5 milliards d’euros de la valeur de la production agricole, soit 7,9 %, partiellement compensés par une baisse de 1,12 milliards d’euros du montant des biens de consommation courante (intrants entre autres).

Au final, la valeur ajoutée (produits – charges courantes) a diminué de 4,55 milliards d’euros, en passant de 16,7 milliards à 12,2 milliards.

Revenus 2009 en productions animales

En productions animales, seule la valeur de la production d’œufs est identique à celle de l’an passé. Les productions de lait (-20 %) et de porcs (-9 %) demeurent à des niveaux très inférieurs à 2008.

Au total, la valeur de la production animale de la ferme France a perdu 1,4 milliard d’euros, partiellement compensés par le recul des prix et des volumes des aliments achetés et consommés (- 900 millions ou encore – 9 %).

La masse salariale étant restée quasiment au même niveau que l’an passé, les chiffres pour 2009 montrent que ce sont les exploitants qui « supportent entièrement la crise », condamnés à ne pas être rémunérés en proportion du travail fourni tout au long de l’année. Après avoir réglé leurs fournisseurs et leurs salariés, il ne leur reste plus que les miettes (7,2 milliards pour rappel) d’un gâteau de 64 milliards d’euros (valeur de la production agricole).

La baisse du revenu de la ferme France est si forte que ses paysans ne se partagent plus que 1,6 milliards d’euros de plus que le volume des salaires et des charges sociales des employés. Et cela sans compter les prélèvements obligatoires à payer (Msa et impôt) assis pour la plupart d’entre-eux sur une base triennale.

Lire aussi Revenu agricole 2009 - Plus de 50% de baisse en bovins lait, fruits et céréales
Autre constat, le revenu du travail des exploitants est si mal rémunéré cette année que les charges locatives des biens loués représentent, avec 2 milliards d’euros qui leur échappent , un quart de leur revenu.

Ainsi, ces postes de charges quasi constantes montrent que ni les salariés, ni les propriétaires ne supportent sur l’exploitation les conséquences de la crise qui touche l’ensemble des filières.


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