La ferme du P'tit Gallo (35)12 UMO, 400 000 l de lait transformé et bientôt un congé de 10 mois à l'étranger

| par | Terre-net Média

Yves Simon est agriculteur en Ille-et-Vilaine. En reprenant la ferme laitière bio de ses parents en 2004, le jeune éleveur se lance dans la transformation. Une quinzaine d'années après, la ferme du P'tit Gallo a bien changé : Yves s'est entouré de 11 salariés et transforme 400 000 l de lait par an, il a fait naître le réseau Invitation a la ferme, a équipé ses bâtiments de panneaux solaires, a monté un séchoir en grange et une micro-méthanisation. L'éleveur qui cumule les projets se lance maintenant un défi de taille : laisser les rênes de l'entreprise aux salariés pour partir 10 mois au Costa Rica en famille.

Yves Simon sur son exploitation la ferme du P'tit Gallo (35)En juillet, Yves Simon quittera son exploitation La ferme du P'tit Gallo (35) pour partir 10 mois à l'étranger et laisser les rênes de l'entreprise à ses 11 salariés. (©Terre-net Média)

La ferme du P’tit Gallo se situe à 20 km au nord de Rennes à Montreuil-le-Gast. Pas moins de 12 personnes s’y activent quotidiennement autour des 70 vaches laitières et de l’atelier de transformation. Yves Simon tient les rênes de cette entreprise familiale qui a su évoluer avec son temps.

La ferme du P’tit Gallo en quelques chiffres :
12 UMO (Yves Simon le chef d’exploitation et ses 11 salariés)
Répartition des salariés : 3 sur l’élevage et les cultures et 8 sur la transformation
Agriculture biologique depuis 1998
95 ha de SAU dont 60 ha de prairies accessibles, 10 ha d’herbe de fauche, 8 ha de maïs épi et le reste en cultures de lentilles, blé panifiable et sarrasin.
70 vaches laitières en croisement 3 voies
500 000 l de lait produit dont 400 000 litres transformés sur l’exploitation (les 100 000 litres restants et le lait écrémé sont revendus à Lactalis)
Production moyenne de 7 000 l/VL
Taux moyens : 43/33
Ration des VL : herbe pâturée de mars à novembre et ration hivernale : foin ventilé, ensilage d’herbe, maïs épi, méteil, minéraux

Il présente son exploitation dans la vidéo ci-dessous :

Cliquez sur l'image pour lancer l'interview d'Yves Simon de la ferme du P'tit Gallo (35)

Transformer et vendre du lait à la ferme

Installé en 2004 sur l’exploitation laitière de ses parents, déjà convertie à l’agriculture biologique en 1998, Yves s’est lancé le défi de monter un atelier de transformation. « Avant d’être agriculteur, j’étais technicien agricole donc je voyais du monde. À mon installation, il était hors de question de m’enfermer sur la ferme. Je voulais une ouverture sur l’extérieur. »

À ses débuts, Yves disposait de 45 vaches laitières et 55 ha de SAU et lançait l'atelier avec 30 000 litres de lait transformés en yaourts, lait cru, crème et beurre. La structure a bien évolué puisqu’elle compte aujourd’hui 70 vaches laitières et leur suite sur 95 ha de SAU, ce qui lui permet d'être complètement autonome. 400 000 litres de lait sont également transformés chaque année. Finis le lait cru, la crème et le beurre, Yves a préféré se concentrer sur les yaourts et desserts lactés (riz au lait, crème dessert, semoule, etc.).

« Le lait et le beurre sont des produits d’appel mais aujourd’hui je préfère faire de la valeur que du volume », explique-t-il. Pourtant, du volume il y en a puisque l’exploitation sort en moyenne 3 millions de yaourts par an sous la marque Invitation à la ferme, en partie créée par l’éleveur lui-même. Les débouchés restent locaux (de Rennes à St-Malo) mais la ferme livre tout de même 120 points de vente dont surtout des GMS, des magasins bio et des restaurants collectifs.

Invitation à la ferme, qu'est-ce que c'est ?
En 2015, trois exploitations de l’Ouest font naître le réseau Invitation à la ferme. Leur objectif : se regrouper pour structurer une filière de produits laitiers bio transformés à la ferme et vendus en circuit court. Yves Simon fait partie des trois fondateurs : « En mutualisant nos achats, nos compétences et notre savoir-faire autour d’une démarche et d’une marque commune, nous pérennisons et remettons de la valeur sur nos fermes. » Le réseau compte aujourd’hui 37 exploitations réparties sur toute la France.
Retrouvez un article paru en 2018 sur le sujet > 530 €/1 000 litres pour les producteurs du réseau Invitation à la ferme

Une ferme en constante évolution où les projets ne manquent pas

La volume de lait transformé a évolué petit à petit. Pour autant, les projets n’ont cessé d’animer l’éleveur. Il a d’abord monté un séchoir en grange en 2011, puis des panneaux solaires sur ses bâtiments afin d’auto-consommer l’électricité, et une unité de micro-méthanisation sur sa fosse à lisier avec une chaudière qui utilise le méthane pour chauffer les laboratoires de transformation. Yves s’essaie également au croisement Procross depuis 3-4 ans et teste les vaches nourrices.

Il est aussi passé en semis simplifié et a diversifié ses cultures avec des lentilles, du blé panifiable ou encore du sarrasin. « Prochainement, l’idée c’est de diminuer un peu les vaches pour augmenter la surface en cultures. Le nombre de 60 vaches laitières colle parfaitement au rythme de transformation et je suis convaincu qu’il y a un réel intérêt à se diversifier au niveau des cultures. »

Séchoir en grange, panneaux solaires, micro-méthanisation, chaudièreEn photos : le séchoir en grange (200 t d'herbe séchée/an), la micro-méthanisation sur la fosse à lisier et la chaudière associée, et les panneaux solaires. (©Terre-net Média)

« Les projets m’animent », explique Yves qui complète également : « Avoir des projets professionnels est une bonne chose mais il faut aussi en avoir des personnels. Mon épouse n'est pas dans l'agriculture et j'ai trois enfants en bas âge donc j'essaie d'en profiter avant qu'ils ne grandissent trop vite. Je pars six semaines par an en vacances car j'aime voyager. J'ai déjà laissé l'exploitation tourner trois semaines sans moi, c'est l'avantage d'avoir des salariés sur qui je peux compter. »

Laisser les clés de la boutique aux salariés et partir 10 mois au Costa Rica : cap !« Est-ce que la ferme peut tourner sans moi ? C'est la question qu'il faut se poser. Pour ma part, je suis sûr que oui. » C'est ce qui a fini de convaincre l'éleveur pour son dernier projet et pas des moindre : quitter sa ferme et plus largement l'hexagone pour partir 10 mois au Costa Rica en famille.

Savoir déléguer jusqu'à confier les rênes de l'exploitation aux salariés

Yves Simon est bien entouré. Parmi ses 11 salariés, 3 sont spécialisés sur l’élevage et les cultures et 8 s'occupent de la transformation. Il se souvient : « Peu de temps après mon installation, je me suis blessé. Étant seul sur la ferme, j'étais bien obligé de travailler quand même mais je me suis dit qu'il fallait absolument développer l'activité et avoir un ou plusieurs salariés pour pouvoir compter sur quelqu'un. Il fallait que je ne sois indispensable nul part. » C'est chose faite !

Et plus encore, préparant actuellement son départ prévu en juillet, il affirme partir serein. Il nous explique dans la vidéo ci-dessous comment il compte piloter son exploitation et les salariés depuis l'étranger :

Cliquez sur l'image pour lancer l'interview d'Yves Simon en vidéo

Gérer autant de salariés n'est pas une mince affaire, mais l'éleveur est plutôt du genre à relativiser : « Les patrons ont deux discours possibles : ils représentent trop de charges et n'avancent pas assez vite ou ils sont utiles et soulagent le travail. De mon côté, ça m'a fait comprendre que chaque heure travaillée devait être rentable et que c'était plutôt à moi de changer mon organisation. »

« Il faut faire confiance et savoir déléguer. Bien-sûr, il peut y avoir des erreurs, tout le monde en fait, mais il me semble primordial de lâcher prise et de faire un break de temps en temps pour revenir plus en forme ensuite. Aujourd'hui, j'arrive à avoir mon mercredi après-midi et on tourne sur l'astreinte des week-ends. »

Cela fait maintenant un an que l'éleveur a annoncé son projet de congé sabbatique à ses salariés. Il compte partir en juillet et revenir en avril 2021 : « On avait au départ prévu de partir un an complet pour revenir en juillet 2021 mais je préfère rentrer pour la saison d'herbe car elle représente tout de même 2/3 de la ration annuelle. » Le départ se fait progressivement puisque Yves est actuellement en train de basculer à mi-temps pour ensuite partir en douceur.

Je compte passer une journée par semaine pour gérer l'exploitation à distance. Pour cela, il y aura un responsable par atelier.En ce qui concerne les comptes rendus à distance, Yves compte échanger de façon hebdomadaire avec ses salariés. Il a d'ailleurs défini un responsable par atelier et aura donc affaire à un référent sur l'élevage, un sur la transformation, un sur le commerce et un autre sur l'administratif. Et quand on lui demande s’il est passé de paysan à agri-manager, il répond par la négative : « Même si c’est moi qui détiens le capital aujourd’hui, il y a beaucoup de partages et de responsabilisation de chacun. Les décisions, on les prend ensemble. La ferme, elle s’est construite grâce à toute l’équipe, selon les envies de chacun, c’est une aventure humaine avant tout ! Donc je reste bien paysan… »

Il nous reste maintenant à souhaiter un bon voyage à Yves et sa famille ! Rendez-vous à son retour pour un petit bilan...


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DÉJÀ 21 RÉACTIONS


jland
Il y a 194 jours
L'exemple type de structures qui devraient se développer pour maintenir des agriculteurs en France Loin des schémas industriels et des montages financiers nécessaires pour la réalisation de grandes industries laitières.
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Chable 533
Il y a 197 jours
Bravo bel exemple de réussite, j'espère que la fin des cantine pour le mois à venir ne va pas remettre en cause le projet de voyage.
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steph72
Il y a 198 jours
Oui ,cela démontre que notre lait devrait etre payé au minimum 400 e au vu de la valorisation qui dépasse largement les 1 e du l ( entre le demi ecrémé qu'on récupère ensuite la creme mieux valorisée et on ne parle pas des fromages!°
C'est bien pour ça qu'a la pme de Laval ils rachètent des usines tous les ans...
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Massol
Il y a 198 jours
C’est quand même autre chose que le bouiboui à Bonnard .nous sommes dans le même réseau depuis trois ans tout juste .un petit 100000 litres transformé en 2020 avec 5 personnes et 4 umo 350000 produit sur 100ha en bio .si vous voulez tenter l’aventure allez sur le cite « invitation à la ferme »nous cherchons des candidats pour finir de couvrir le territoire .pour nous pas de problème majeur avec les gms et autres clients .
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Jonathan
Il y a 194 jours
Bravo à vous pour votre courage..... c'est vrai que pour sortir du système c'est très compliqué. Chez nous aussi c'est encore dur, marre des factures. On n'est sur le chemin de l'autonomie, mais malheureusement qu'au début du chemin....à nous de continuer.
Cette année est partie pour être très moyenne (voir mauvaise) 25ha de blé semé sur 50ha mais la valeur de 20ha seulement de potable. La paille à des prix fous et il nous faudrait environ 450t de paille...aie, aie.
Je n'ai réussi à faire aucun méteil au lieu de 35_40.
On se demande quoi mettre en place au printemps pour continuer à gagner en apport de protéines

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Patrice Brachet
Il y a 195 jours
Jonathan cela passe le 25 a9h sur la trois ( j avait prévu de mettre un petit commentaire le matin) Pour info l émission pièce à conviction va au bout et quand tu affirmes en face ils répondent. Tu verras jusqu’où va la bêtise pour se sauver. Pour la banque j ai demandé la suppression d une partie sinon cela aurait été un scandale ; ( ils affirmaient nous avoir aidé depuis trois ans avec de gros versement ; en définitive coup de colère passé c était leur filiale assureur qui nous avait indemnisé sécheresse donc un dû) Ne voulant pas de polémique..... tu verras chez il y a rien de moderne et je t averti je finis en pleurs. Amicalement et serrons nous les coudes dans cet instant où à tout moment tout peut basculer. Protégeons nous et nos proches. Et pour info les Recoltes et les semis cela va être compliqué
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guillaume hamel
Il y a 197 jours
non TITIAN je ne fais pas la leçon mais je respecte le pluralisme et je pense que notre métier peux être fait sous différentes formes.
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Jonathan
Il y a 195 jours
Bonjour Patrice. Quand est-ce qu'est prévu la diffusion de votre reportage ?
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Patrice Brachet
Il y a 198 jours
Guillaumes. J espère que l affirmation de notre collègue est une mauvaise plaisanterie après manager du personnel n est pas de tout repos Nous c est les gms qui nous ont dégoûté et fait arrêter ( délai de paiement)
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titian
Il y a 198 jours
Très sympa aussi pour les collègues Guillaume, je pense qu'il y a assez de monde pour nous faire la leçon.
Je veux bien que les boulets aux pieds sont parfois dans les têtes, mais quand même faut pas déconner, faire les managers tout le monde n'en a simplement pas l'envie.
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