« Même pas peur d'être éleveur »Montrer les bons comme les mauvais côtés du métier pour motiver à s'installer

| par | Terre-net Média

Mission accomplie au Sommet de l'élevage pour le film "Même pas peur d'être éleveur", sorti à l'automne 2018 avec, pour objectif, de communiquer sur ce métier de manière positive via des projections-débats dans toute la France. Les spectateurs ont compris qu'il est encore possible d'être éleveur et même d'être un éleveur heureux !

affiche film meme pas peur d etre eleveurLe film "Même pas peur d'être éleveur", projeté au Sommet de l'élevage avec un débat derrière, a fait l'unanimité parmi les spectateurs, des éleveurs, des salariés du secteur agricole et surtout beaucoup de jeunes. (©Page Facebook du film "Même pas peur d'être éleveur") 

Accords de libre-échange avec le Canada et les pays du Mercosur, prix du lait et de la viande trop bas pour rémunérer correctement le travail des éleveurs, deux années de sécheresse consécutives entraînant un important déficit fourrager et des surcoûts alimentaires, attaques de plus en plus fréquentes contre la profession, notamment des anti-viande… : longue est la liste des difficultés que vit l'élevage français en ce moment.

D'ailleurs, des représentants des différents syndicats agricoles − FRSEA/JA, Coordination rurale et Confédération paysanne d'Auvergne-Rhône-Alpes − ont manifesté jeudi 3 octobre au Sommet de l'élevage, au cœur d'une région particulièrement touchée car très herbagère et tournée vers les productions animales, afin d'alerter les différents acteurs des filières et l'État.

Au même moment, dans l'espace conférences, à l'abri de l'agitation des allées du salon, avivée par ces manifestations, était projeté le film Même pas peur d'être éleveur, sorti il y a un an pour communiquer de façon positive sur ce métier si malmené actuellement. Montrer que malgré les problèmes − car ils existent et l'objectif n'est pas de les nier −, il est encore possible d'être éleveur et un éleveur heureux, est bien le but de cette initiative comme le souligne Thierry Hetreau, l'un des réalisateurs aux côtés du BTPL et du Cniel, aussi vétérinaire et formateur au centre d’élevage de Poisy en Haute-Savoie

À ce sujet, retrouvez l'interview de Thierry Hetreau par Arnaud Carpon.

Cliquez sur le curseur pour lancer l'interview.

« Comment attirer des jeunes si on ne leur montre
que les mauvais côtés du métier ? »

À propos du film Au nom de la terre, retrouvez l'interview du réalisateur Édouard Bergeon :  « Il n’y a pas de pays sans paysans »

« Comment attirer des jeunes vers le métier d'éleveur, si on ne leur montre que les mauvais côtés, les obstacles, l'augmentation des suicides ? », questionne Christine Vazeille, une spectatrice éleveuse laitière près de Brioude, soutenue par Thierry Hetreau et d'autres participants aux échanges, évoquant la succession de longs métrages depuis quelques temps sur l'agriculture ( Ce qui nous lie, Petit Paysan, Normandie nue, Roxane et le dernier en date Au nom de la terre), loués à juste titre pour leur réalisme et leur vocation à dénoncer les difficultés du monde agricole. Mais qui occultent presque complètement les avantages de cette profession, comme le fait entre autres de travailler au contact de la nature, d'avoir une certaine liberté de décision et d'organisation, ainsi que les évolutions qu'elle a su mettre en œuvre et la passion qu'éprouvent de nombreux agriculteurs à l'exercer.

Ainsi, Christine Vazeille préconise aux producteurs de reprendre en main la communication sur l'agriculture pour montrer comment ils exercent concrètement leur métier. Elle n'est d'ailleurs jamais la dernière à se porter volontaire pour expliquer ce qu'elle fait sur son exploitation, lors d'événements ou de façon plus informelle. « Les consommateurs sont très demandeurs et veulent comprendre comment sont produits les aliments qu'ils consomment », ajoute-t-elle. « Il ne faut pas oublier que la majorité d'entre eux aiment les agriculteurs, ceux qui font de l' agribashing ne représente que 2 % de la population », complète le réalisateur. 

Voir également l'opinion des lecteurs de Web-agri : Paroles de lecteurs − Être éleveur aujourd'hui, ça fait peur !

« Il faut cependant diffuser ce film au-delà du monde agricole pour reconnecter le grand public et les agriculteurs. Les consommateurs ont besoin de voir que derrière chaque produit qu'ils mangent, il y a de la passion », renchérit Claire, qui travaille dans une start-up spécialisée dans les circuits courts agricoles. « C'est pour cette raison que nous avons choisi des projections ouvertes à tous dans des cinémas partout en France », précise le réalisateur, insistant sur l'importance d'organiser des débats en complément. Ce sont eux également qui font la richesse du film. Des personnes qui ne se rencontreraient peut-être pas sinon peuvent échanger ensemble. »

Montrer qu'il y a de la passion derrière chaque produit que les consommateurs mangent.
Claire, travaillant dans les circuits courts

« Cela donne envie de s'installer et d'aller de l'avant »

On peut produire avec plaisir ! (étudiante BTS Acse)

Même pas peur d'être éleveur a aussi réussi sa mission auprès des jeunes (une soixantaine étaient présents) : donner une belle image de la profession et susciter des vocations.« Je sens beaucoup de motivation chez les éleveurs filmés, ce qui n'est pas le cas dans toutes les professions, souligne une élève en BTS Acse. Cela donne envie de s'installer et d'aller de l'avant. » Avis partagé par sa copine : « Ce film conforte aussi mon choix d'installation car je me rends compte qu'on peut produire avec plaisir. » « Moi, je ne veux pas devenir agricultrice, mais ces images m'encouragent à travailler avec les éleveurs », commente pour sa part une étudiante à VetAgroSup.

Une autre vision du métier d'éleveur à travers ce sondage réalisé sur Web-agri :
Devenir éleveur : rêve ou désillusion ?

Le message semble être également très bien passé auprès des enseignants, qui ont un rôle essentiel dans la promotion du métier d'éleveur. Isabelle, professeure de bio dans un lycée de Haute-Loire, par exemple promet de passer le film à ses élèves. « Il va les toucher et les booster encore plus même s'ils sont déjà motivés. »

Des éleveurs heureux, ça existe !

Les éleveurs qui l'ont vu sont eux aussi sont unanimes. « Des crises agricoles, il y en a eu et il y en aura encore. Aucun producteur n'est à l'abri d'un problème sanitaire sur ses animaux, d'un accident climatique, de difficultés économiques dans une filière, d'un souci de santé. Mais quand on est passionné et qu'on aime son métier, on réussit à trouver des solutions et à rebondir », met en avant Christine Vazeille. Et elle parle en connaissance de cause : elle s'est accrochée à sa passion de l'élevage lorsqu'elle a eu un ennui de santé et cela lui a permis de s'en sortir.

Quand on est passionné, on réussit à rebondir.
Christine Vazeille, éleveuse

Des éleveuses heureuses comme elle, il en existe bien d'autres dans les campagnes, comme en témoigne un technicien de coopérative laitière : « Je rencontre plus de 300 producteurs par an, des gens pour la plupart très motivés et très intéressants que je prends plaisir à côtoyer. Beaucoup vont bien mais n'osent pas forcément le dire de peur que ce soit mal perçu par leurs collègues en situation difficile. »


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DÉJÀ 20 RÉACTIONS


tintin
Il y a 4 jours
et la REDAC un tel décalage entre votre article et les commentaires doit forcement vous faire réagir? pas un seul commentaire positif ?
Comment expliquer cela?
Avez vous que les derniers de corders qui réagissent pendant que les autres vont mettre leur economie en SUISSE?
Apporter nous votre analyse .
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carmel
Il y a 5 jours
Il va falloir arreter de fait croire au pére noel et redescendre sur terre ,faire miroiter la belle vie aux jeunes a la ferme c'est jolie mais y reste c'est impossible car au début tous est rose sur le papier ou dans le film mais la réalité est toute autre car produire pour perdre de l'argent tout les jours ou vos produits partent pour des prix dérisoires.je me pose une questions est que ceux qui on fait le film sont toujours en activité.Installer des jeunes égale a faire vivre la mafias agricole (coop,banque,....) pour finir comme un clochant non merci .
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The germs
Il y a 5 jours
Il en parle, dans leur film, des veaux mâles qui partent pas, ou qui partent au rabais...??
Venez les jeunes!!
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steph72
Il y a 6 jours
Ce genre de film essaie de minimiser le malaise en elevage.
Le technicien de coop pour dire que beaucoup vont bien,comment il peut dire ça alors que le prix des coop est souvent à la traine.
Et c'est pas pour rien qu'il y a de plus en plus d'abandon de producteurs avant la retraite soit pour faire des céréales soit ils changent de métier.
Je suppose que ces jeunes ne feront pas une carrière complete d'eleveurs,ils sont trop idéalistes;
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jersiaise
Il y a 6 jours
Un film financé par ceux qui ne peuvent trouver des prix rémunérateur et qui font crever l'élevage, il cherche des candidats a l'installation pour prolonger les prélèvements sur les payes de lait mauvaise communication
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tintin
Il y a 6 jours
cela se complique pour la rédaction...un article tout rose et des commentaires tout noir
c est bien le décalage entre les paysans et les autres.
cela fait 30 ans que l on nous prend pour des jambons mais cela peut changer.
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debutant
Il y a 7 jours
j ai commence a travailler en 1997 en tant que controleur laitier .Dans les gents que je suivais des lors que tu avais une strucuture en couple de 300000 litres de lait et 70 ha tu etais le roi du petrole !!!!!!!! aujourd hui cela ne sufit meme plus a faire vivre un uth a partir du moment ou tu bosses avec une coop ou un prive mafieux .Aujourd hui nous sommes a deux sur 168ha avec des terres moyennes et produisons 630000 litres de lait avec 220 bestioles sur la ferme ,Le declin a commence en 2009 s en est suivi de tres grosses secheresses par chez nous notament celle de 2010 sans parler de celleS de 2017 2018 2019 a mettre au compteur .A l epoque la selection nous tirait de l avant il etait aise de vendre dans ses meilleures vaches pour faire de la tresorerie 5000 voir 6000 euros l animal aujourd hui la meilleure vache du troupeau ne trouve pas preneur ......on brade des super genisses pour 1300 euros et il faut s estimer heureux de les voir partir .Nous avons cette chance de vendre le lait au groupe Bel quand beaucoup de nos collegue galerent avec leurs acheteurs ,nous devons notre salut a cette remonte de prix qui dure depuis deux ans maintenant car avec la qualite incluse nous couvrons nos couts de production ,mais les annees de disettes pesent ,Sans cela je ne vois pas l interet de continuer dans le metier car on perd trop d argent, avec des prix inferieur aux couts de production une exploitation est un aspirateur a fric et rien d autre .Alors on ne peut pas vivre que de la pation car cette carte de credit ne fonctionne pas pour faire les courses .Il est completement absurde de voir ceux qui produisent la nourriture dans une telle situation financiere et humaine
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Terminé
Il y a 7 jours
Passionné motivé on trouve toujours des solutions c est faut juste faut. Je suis un passionné j ai utilisé tout ce qu'il existait pour pouvoir m en sortir au final c est liquidation je perd tout, je dois quitter les lieux et vite retrouver autre chose et j espère cette fois une passion qui me fera vivre.
La passion le courage la volonté ne suffisent plus quand vous êtes dans cet environnement ce rouleau compresseur qui vous écrase le meilleur y laisse sa peau de la même façon. L environnement tout ce qui entoure actuellement l agriculteur l amont l aval est en sa totale défaveur, vous luttez dans le vide, vous pouvez pas lutter contre un contexte agricole mauvais comme il ne l à jamais été !!! Des secteurs d activités marchent très bien surfent sur la vague PAS celui de l agriculture, cela se saurait et se verrai, la génération d avant pendant la croissance avec des taux d emprunts à 15% construisait et remboursait.Elle en avait encore pour construire une autre maison pour ses beaux jours. Aujourd'hui ce plus le même décor, les agriculteurs ont perdus total pouvoirs et leurs biens avec c est un drame social économique.
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ceres
Il y a 7 jours
perso, c est tres simple J INTERDIS a mes enfants d envisager un avenir dans l agriculture .La ferme deviendra ce qu elle deviendra ,je m en moque .Je leur interdit de sacrifier leur vie ,leur santé pour gagner un demi salaire ,pour etre jeté en pature a une societé bien nourrie mais qui n a pas la reconnaissance du ventre ,pour bosser et prendre des risques financiers et ne voir que les autres maillons de la chaine profiter de leur labeur.Tous ces profiteurs commencent a avoir peur pour leurs avenirs s ils n ont plus d esclaves pour leur fournir ,non pas la matiere premiere(ils iront la chercher a l est )mais l image de qualité du producteur francais ,pour mieux ecouler la m... qu ils importeront
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debutant
Il y a 7 jours
mais c est tres bien ca ! le probleme n est pas la , dans une filiere tout le monde doit vivre de son travail tout simplement
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