Paroles de lecteursProduire moins de lait pour vivre mieux, prêts à adopter la stratégie du Civam !

| par | Terre-net Média

En analysant les résultats des fermes laitières conventionnelles et celles en agriculture durable du Grand Ouest, les lecteurs de Web-agri arrivent à la même conclusion que le Civam : même si la production laitière est plus faible, les systèmes herbagers sont plus performants et durables. Pour beaucoup d'entre eux, « la course au volume est un leurre » à condition de ne pas être rattrapé par « la réalité de celle aux hectares » !

paroles de lecteurs vaches laitieres dans unes prairie« Produire avec ce qu'on a sur l'exploitation est généralement plus rentable ! », lance steph72. (©Terre-net Média) 

Selon Lau, « cet article devrait être repris dans toutes les formations agricoles spécialisées en production laitière et surtout auprès des futurs éleveurs afin de leur faire prendre conscience que la course au volume est un leurre » !

Chris ironise : « Je lui dis à mon jeune voisin, qui vient d'installer quatre robots de traite et qui maintenant garde ses vaches en stabulation tout le temps ? »

steph72 estime que « faire du volume à pas cher avec des intrants qui le sont de plus en plus, ça ne marche pas malgré la propagande des économistes pro filières », mais que « produire en valorisant ce qu'on a sur l'exploitation, quel que soit le système, est généralement plus rentable. »

fabien 53 raconte : « Je suis adhérent au Civam 53 depuis cinq ans. Grâce à cette structure, j'ai changé mon système et je ne regrette pas. Tous les ans, nous suivons une formation technico-économique. On met tous les chiffres sur la table et on se compare. Et là, tu prends une vraie claque. Ces données te font réfléchir et montrent que le système pâturant fait gagner de l'argent en travaillant moins. »

Tu prends une vraie claque...

« La maîtrise des charges, la planche de salut des éleveurs »

Massol raconte son expérience, similaire à celle de fabien 53 : « J’ai assisté à un compte-rendu d’étude similaire menée par le Civam de Vendée il y a 10 ans. Je me doutais un peu des résultats mais j’ignorais l'ampleur de la différence. Effectivement, tu prends une claque. Puis, tu vois ce que tu peux faire en fonction de ta situation. Après la sécheresse de 2003, nous étions déjà passé en agro-écologie et en 2009, nous nous étions convertis à l'agriculture bio. Enfin, nous avions conclu une clause de sauvegarde (réétalement de la dette) pour sauver la ferme. Les conclusions des travaux du Civam m'ont confirmé que la route choisie était la bonne. 10 ans plus tard, c'est toujours le cas ! Nous sommes maître de la situation : la maîtrise des charges est plus importante pour obtenir de bonnes performances économiques que le volume produit, c’est une certitude. Alors pourquoi de nombreuses organisations agricoles ont emmené les paysans dans le mur ? Toutes les enquêtes récentes démontrent la même chose et rien ne change malheureusement... »

Franck15 est du même avis : « (...) La maîtrise des charges en production laitière est la planche de salut des producteurs. »

Pas étonnant que cette stratégie soit payante !

Solarfarmer renchérit : « Pas étonnant que cette stratégie soit payante et impacte moins environnement ! Ajoutons-y quelques panneaux photovoltaïques sur les toits des bâtiments et le tour est joué. Ceci dit tant qu’il y aura des gourmands prêts à se lever la nuit pour traire, le prix du litre de lait restera à un niveau médiocre... »

«  Ça ne fait pas l'affaire des marchands, ni des banquiers ! »

Patrice Brachet se réjouit : « Cela fait déjà quelque temps que je dis la même chose dans les commentaires. J'en ai même choqué certains. Mais aujourd’hui, c'est un organisme agricole qui le prône et se place à contre-courant de beaucoup d'autres, qui font tout pour nous faire produire plus en nous proposant le super produit : les techniciens pour garder leur emploi, les laiteries pour avoir de la matière première pas chère et surtout l'automatisation sensée limiter la pénibilité du travail en élevage laitier mais qui oblige à produire plus pour amortir les investissements. (...) Le plus compliqué reste de convaincre les OPA, opposés en majorité à ce système. (...) »

Convaincre certaines OPA.

Et Solarfarmer d'ajouter : « J’ai choisi cette voie sans regret. Mon produit/marge brute lait = 70 %. Tant pis pour le para-agricole ! Je capte la plus-value à sa place !! »

Limousi87 témoigne : « Je suis à l'aube de la retraite et cela fait déjà plus de 40 ans que j'entends parler de ce type de système, qui marche plutôt bien. Sûr que ça ne fait pas l'affaire des marchands de compléments alimentaires, de semences, de phytos, ni celle du banquier ! C'est simple : plus tu coupes de parts dans un gâteau, plus elles sont petites !! À méditer... Un paysan libre du Limousin. » 

« La rareté fait la cherté »

steph72 explique : « (...) Je connais des éleveurs avec un troupeau à 6 000 l de lait de moyenne, qui gagnent bien leur vie malgré des sols ingrats. Il suffit de s'adapter au potentiel pédo-climatique de son exploitation ! »

C'est la loi de l'offre et de la demande, base de l'économie.

Olmer relance : « La rareté fait la cherté, c'est la loi de l'offre et de la demande, base de l'économie. (...) »

ST n'est pas d'accord : « Depuis que je produis plus je gagne plus. » « Jusqu'à quel niveau ? », s'interroge-t-il néanmoins.

Maec fait remarquer : « (...) Si une partie de l'argent public gaspillé pouvait servir à promouvoir cette façon de produire, les territoires français ne deviendraient à l'avenir un triste désert ! »

Rattrapés par « la réalité du terrain »

tintin est sceptique : « La réalité du terrain reste tout de même la course aux hectares et aux gros matos, qui coûtent le prix d'une maison et qu'il faut amortir sur plus de surface, une spirale infernale... »

The germs également : « Depuis le printemps, mon troupeau est en ration tout herbe. Avec le Covid-19, j'ai fait au plus simple. Quel plaisir ! Je suis d'accord avec vous tous sur la rentabilité des systèmes pâturants, il n'y a pas photo !! Par contre, je ne crois pas à une augmentation du prix du lait en baissant la production. Pour moi, tout sera fait pour que le lait reste un aliment pas cher, quitte à importer ou à mélanger avec des jus végétaux... »

Le lait restera un aliment pas cher...

titian met en garde : « Il y a 10 ans, on était nombreux sur le forum de Web-agri à penser qu'il était possible de produire moins pour gagner plus. Il est vrai que dans le Sud-Ouest, la suppression des quotas laitiers a eu un impact immédiat alors on a peut-être pris plus vite conscience des limites de l'agrandissement des élevages laitiers. J'avais même utilisé le néologisme de "vivabilité". Attention cependant à l'excès inverse, il faut produire un minimum pour vivre, à moins de miser sur les seules subventions pour "réserve à indien"... »

Sur Facebook, les éleveurs sont moins convaincus par les arguments du Civam :

post facebook article web agri produire moins de lait pour vivre mieux (©Page Facebook de Web-agri)


Tous droits de reproduction réservés - Contactez Terre-net

A lire également

   Rechercher plus d'article

DÉJÀ 2 RÉACTIONS


debutant
Il y a 35 jours
du volume dans un seul but faire tourner les usines maintenir des emplois creer un peu de valeure ajoute pour le pays .Que les mecs crevent c est pas grave... ceux qui ont un melon bien rempli se posent les bonnes questions et deviennent par la meme occasion libre ! a tous niveaux et quand on pousse plus loint on englobe le bilan carbone donc .....
Répondre
Agri...
Il y a 35 jours
Les organisations agricole se font de l argent sur notre dos, le reste elles s en fiche.
Répondre