Production laitièreProduire écolo et gagner plus : le double défi de la ferme de Trévarez

| par | Terre-net Média

Depuis début 2018, la chambre d'agriculture de Bretagne et l'Institut de l'élevage ont donné une mission de taille à la ferme expérimentale de Trévarez : réduire de 20 % son empreinte carbone d'ici cinq ans tout en améliorant les performances économiques. Le tout avec un « tiroir » de solutions concrètes qui, si elles font leurs preuves, pourront être directement appliquées par les éleveurs laitiers conventionnels.

[Interview] Allier performances économiques et environnementales : le double défi de la ferme expérimentale de Trévarez

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Produire écolo sans y perdre des euros : tel pourrait être le slogan, le leitmotiv de la station expérimentale de Trévarez, au centre du Finistère. Depuis début 2018, la ferme du pôle herbivore des chambres d’agriculture de Bretagne, avec le concours de l’Institut de l’élevage, s’est donnée une double mission : réduire de 20 % son empreinte carbone d’ici cinq ans sans impacter les résultats économiques de son système de production conventionnel. Mieux : il s’agit d’en profiter pour les améliorer et ainsi prouver – ou non – que c’est à la fois techniquement possible, mais aussi économiquement intéressant pour les éleveurs. Allier économie et écologie, donc.

« Au-delà de cet objectif, il s’agit de proposer des solutions aux éleveurs pour permettre de mettre en pratique un schéma vertueux de production », explique Pascal Le Coeur, le responsable du site.

Un premier vêlage à 24 mois, du soja « made in France »

L’élevage expérimental de Trévarez a ainsi mis en place plusieurs actions visant à réduire l’empreinte carbone de l’atelier laitier, tout en surveillant de très près leur impact économique. « Pour la conduite du troupeau par exemple, nous cherchons à réduire au maximum le nombre d’animaux improductifs », en diminuant à la fois leur nombre et leur durée de présence. L’élevage cherche à atteindre un âge moyen de premier vêlage à 24 mois, contre 26 actuellement. « Pour y parvenir, nous devrons amener des génisses à vêler dès 22 mois pour compenser des vêlages plus tardifs. »

« Nous cherchons aussi à revoir le taux d’élevage des génisses pour le maintenir à seulement 30 %, correspondant ni plus ni moins au taux de réforme. » L’élevage n’élève plus systématiquement toutes les génisses, « mais seulement celles nécessaires au renouvellement ».

[Vidéo] Zoom sur le projet Bas Carbone à la station expérimentale de Trévarez

En alimentation du troupeau, trouver une alternative au tourteau de soja importé, au très mauvais bilan carbone, reste un effort financier certain. « Nous le remplaçons par du tourteau de soja métropolitain en essayant d’en limiter le besoin, via des régimes hivernaux mixtes d’ensilage maïs et d’ensilage d’herbe d’excellente qualité. » Pour réduire le coût alimentaire, l’exploitation se passe de concentrés, hormis du correcteur azoté pour le maïs ensilage. Au pâturage, les vaches disposent chacune d’une surface de 25 ares d’herbe, « ce qui correspond à la moyenne des élevages laitiers bretons ».

Pour capter plus de carbone sur l’exploitation, « 440 m de haies linéaires ont été implantées durant l’hiver 2018-2019 pour créer des puits de carbone », ce qui représente aussi un investissement non négligeable. « Nous allons aller plus loin en faisant vieillir nos prairies temporaires plus longtemps, de 5-6 ans actuellement à 7-8 ans. »

Produire écolo : coûteux ou économique ?

Pour compenser les surcoûts alimentaires liés à l’achat de soja « made in France » plus cher et les investissements réalisés, Pascal Le Cœur reste persuadé qu’une production laitière plus économe en carbone peut être économiquement intéressante. « La commande qui nous a été faite est claire : l’économie de l’exploitation doit suivre et les solutions proposées doivent être économiquement intéressantes. Si les solutions mises en œuvre fonctionnent, les éleveurs pourront se les approprier. » Réponses autour de 2023.


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DÉJÀ 9 RÉACTIONS


Fabien 53
Il y a 34 jours
Heureusement qu'elle communique ses chiffres sinon qu'elle intérêt. Je l'ai visite c'est quand même pas extraordinaire et par rapport a nous beaucoup de personnel.je n'y vois pas un grand intérêt l'échange entre Agri est plus intéressant , pour moi
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tintin
Il y a 35 jours
bonjour a tous il ne faut pas mettre tout le monde dans le même sac,la station de trevarez fait du bon boulot et communique facilement ses chiffres.si la profession veut évoluer il faut quelle s'ouvre un peu et il faut arreter de croire que seuls les agris savent travailler!!
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Patrice Brachet
Il y a 35 jours
Monsieur pendant le temps des mesures et du chiffrage ceux qui ont déjà démarré et communiquent leur expérience heureuse et malheureuse certains de vos collègues descendent ces pionniers au lieu de les soutenir cdlt
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Conseiller Fourrage BZH
Il y a 35 jours
A tous ceux qui souhaitent commenter.
Un conseil : renseignez-vous sur les travaux de la station de Trévarez depuis 50 ans. Les mots changent on parle plus d'agroécologie et de bilan carbone, mais réduction des intrants et efficacité économique (à court et long terme) ont toujours été la ligne directrice des essais de la station. Le travail sur les prairies, la réduction des concentrés, la gestion des rotations culturales, la monotraite, les vêlages groupés et bien d'autres ont été et sont des sujets de recherche de la station depuis des dizaines d'années. Aujourd'hui l'angle de vue bilan carbone et agroécologie est juste mis en priorité dans une région d'élevage où bocage et prairies dominent encore le paysage.
L'objectif d'une station n'est pas forcément de courir dans tous les sens après l'innovation, mais de mesurer/chiffrer afin d'apporter des conseils et repères techniques facilement utilisable par les paysans.
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vik
Il y a 36 jours
Les chambres ne servent pas au monde agricole sauf la juriste
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Terres et plantations WAAGA-DA
Il y a 36 jours
Très intéressant ! Le modef, plusieurs ONG telles que les amis de la terre- Oxfam -attac, associations vers de Terre production -ACS et couverts végétaux etc.
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Fink
Il y a 36 jours
Les chambres d’agr ne servent qu’à reprendre les idées défendues par la confédération, le modef, plusieurs ONG telles que les amis de la terre- Oxfam -attac, associations vers de Terre production -ACS et couverts végétaux qui eux bossent sans relâche, et ce avec 25 ans de retard....
Donc avec tout le gouffre financier que sont les chambres cet argent public ferait mieux d’être versé directement aux ong ; on avancerait bcp plus vite et la panète s’en porterait pas plus mal.
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Fabien 53
Il y a 36 jours
Bonne initiative mais trop tardive.beaucoup d'agriculteurs ont pris le virage bien avant eux.c'est le problème des chambres d'agriculteurs souvent a la traine.je me demande toujours a quoi elles servent ?
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Patrice Brachet
Il y a 36 jours
Quand d autres l’ont fait avant eux ils étaient dans le faux aujourd’hui que c est eux qui l expliquent ils ont découvert le fil a couper le beurre Avec ça on avance
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