Crise du laitDifficiles négociations "de la dernière chance"... toujours en cours vers 20h

| AFP

Producteurs et industriels poursuivaient mardi vers 20h leurs négociations "de la dernière chance" sur le prix du lait pour 2009, sous la pression des éleveurs toujours mobilisés sur le terrain, tandis que le gouvernement n'écartait pas l'éventualité d'un échec des discussions.

Les professionnels du lait se sont retrouvés mardi en début d'après-midi, en présence des deux médiateurs nommés par le gouvernement, dans un lieu tenu secret à Paris. Rien n'a filtré de cette rencontre.

Jeudi, une première réunion avait abouti à un échec sur le prix du lait pour l'ensemble de l'année 2009, comme l'avait souligné la fédération nationale des producteurs laitiers (Fnpl). Les industriels avaient insisté pour leur part sur la reprise des négociations après plusieurs semaines de silence.

Le gouvernement reconnaît qu'un échec est possible

"La négociation continue mardi et j'espère (...) qu'un accord sera trouvé" mais on n'en "est pas certain", a admis ce week-end le ministre de l'Agriculture, Michel Barnier. "Je fais appel à la responsabilité de toutes les parties pour trouver un prix juste et rémunérer le travail des éleveurs correctement", a-t-il ajouté, refusant toutefois de préciser le montant de ce "prix juste". C'est la première fois que le gouvernement reconnaît qu'un échec est possible. La semaine dernière, le Premier ministre, François Fillon, était monté au créneau, insistant sur la nécessité de trouver un prix équitable pour les producteurs, tout en demandant une issue rapide au conflit.

Si la rencontre de jeudi dernier a permis de rapprocher les points de vue sur quelques points, elle a achoppé sur le plus délicat, celui du prix du lait pour l'ensemble de l'année 2009. Dans un premier temps, les producteurs ont demandé un prix moyen pour l'année 2009 de 305 euros pour mille litres avant de revoir leurs exigences à la baisse à 290 euros. De leur côté, les industriels ont maintenu leur position à 267 euros.

La réunion de mardi, qualifiée de "la dernière chance" par la Fnpl, seul syndicat à représenter les éleveurs, devait être consacrée exclusivement à la question du prix. Et il y a urgence puisque le prix du lait collecté en mai n'est toujours pas fixé. La Fnpl met en garde contre des débordements si aucun accord n'est conclu avant le 5 juin, date à laquelle les entreprises vont commencer à préparer les payes pour les livraisons de mai.

Accusés de faire des marges trop élevées

Les industriels pourraient, comme ils l'ont fait pour le lait d'avril, fixer eux-mêmes le prix, une décision qui a débouché sur une baisse de 30% des prix par rapport à l'an dernier. Pour justifier cette chute, les entreprises ont avancé la dégringolade des cours mondiaux des produits industriels (poudre de lait et beurre) et une consommation peu dynamique.

Très remontés contre cette décision, les producteurs, mobilisés depuis près de trois semaines, n'ont pas relâché la pression ce week-end et encore ce mardi. Les agriculteurs ont particulièrement ciblé l'industriel Lactalis, deuxième groupe laitier mondial, ou des hypermarchés, accusés de faire des marges trop élevées sur les produits laitiers. De 3.500 à 2.000 producteurs de lait, selon les sources, se sont invités au siège de Lactalis, à Laval. "Les entreprises ont très peu bougé (dans les négociations de ce jour). Tout peut arriver aujourd'hui. C'est le round de la dernière chance", selon Joël Limouzin, président de la Frsea des pays de Loire. Dans le Cantal, à Riom-ès-Montagnes, des producteurs ont aussi bloqué la laiterie Lactalis dont il font le siège depuis lundi soir.


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