En ProvencePrécautions renforcées pour les ouvriers agricoles détachés face au Covid-19

| AFP

La préfecture des Bouches-du-Rhône, un département où s'est déclaré un important foyer de coronavirus parmi des travailleurs agricoles étrangers embauchés via une société d'intérim espagnole, a annoncé vendredi avoir renforcé les mesures de précaution pour les nouveaux arrivants.

Deux cent cinquante-huit cas positifs ont été détectés au cours des trois dernières semaines parmi des ouvriers agricoles détachés venus ramasser fruits et légumes dans ce département du sud de la France, a indiqué vendredi le directeur de l'Agence régionale de santé, Philippe de Mester. « Il apparaît clairement que c'est dans les lieux d'hébergement de Terra Fecundis que le plus grand nombre de cas ont été trouvés », a déclaré une des médecins de l'ARS, Christine Ortmans, en faisant référence à une société d'intérim espagnole qui fournit des travailleurs détachés aux agriculteurs français.

Désormais, 134 d'entre eux ont été déclarés guéris, mais les inquiétudes autour de ce « cluster » avaient forcé ces dernières semaines la préfecture des Bouches-du-Rhône ainsi que de deux départements voisins - Gard et Vaucluse - à mettre en place une vaste campagne de dépistage pour ces hommes et femmes logés pour certains dans des conditions sommaires voire indignes. Ainsi, 150 arrêtés de mises en isolement ont dû être pris par la préfecture, les conditions d'hébergement de ces saisonniers ne permettant pas à ceux qui étaient positifs de passer une quatorzaine dans de bonnes conditions. Certains ont été logés dans deux lieux d'hébergement trouvés par les autorités françaises.

La préfecture des Bouches-du-Rhône a également pris des arrêtés exigeant des travaux d'urgence dans certains hébergements ou leur fermeture pure et simple. Ces ouvriers agricoles, souvent sud-américains ou africains, étaient envoyés sur plusieurs exploitations par la société d'intérim, ce qui a multiplié le risque de contamination.

« On ne peut pas interdire l'arrivée de nouveaux salariés détachés, sinon on prendrait une décision qui serait contraire aux décisions européennes », a rappelé le préfet des Bouches-du-Rhône Pierre Dartout lors d'une conférence de presse. Mais cette venue sera assortie « de conditions qui feront l'objet de contrôles: la qualité de l'hébergement, le fait d'avoir une attestation de négativité » au Covid-19 et une quatorzaine obligatoire, a-t-il ajouté en précisant avoir écrit avec l'ARS à une société d'intérim - qu'il n'a pas nommée - le 15 juin pour « exiger » le respect ces nouvelles conditions.

La saison des fruits et légumes ayant déjà largement débuté, il n'est pas clair à ce stade combien de détachés pourraient être soumis à ces nouvelles mesures. Par ailleurs, les autorités chargés des contrôles des conditions de travail ont indiqué qu'elles étaient « en train de saisir le procureur de la République » au sujet de cas de logement indignes pour ces travailleurs agricoles, sans mentionner quelle société était visée. Terra Fecundis, principal fournisseur de salariés agricoles détachés dans les Bouches-du-Rhône, fait déjà l'objet de plusieurs procédures judiciaires.


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DÉJÀ 5 RÉACTIONS


phil47
Il y a 120 jours
on parle de travailleurs détachés, mais on s'approche plus d'esclavage quand une société "espagnole " fait venir en France des personnes d'amerique latine ou Afrique , population au aboit a qui on fait croire mont et merveille.
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Dnnt
Il y a 121 jours
Certes on ne peut pas empêcher la venue de main d'œuvre détachée comme le dit le Préfet des Bouches du Rhône, mais comment se fait-il que pendant le confinement le traffic de main d'œuvre ait continué ? Terra Fecundis faisait entrer sur le sol français des cars de travailleurs toutes les semaines, sans qu'un seul contrôle soit effectué ? Quels sont les appuis dont bénéficient tous ces exploiteurs de la misère humaine pour ne jamais être inquiétés ?
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fodeva
Il y a 121 jours
pourquoi?????l Etat ne peut pas tout Il y a eu dans cette affaire les agissements de 3 ou 4 agriculteurs voyous( pas plus ) qui jettent le discrédit sur toute la production de Provence
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Grochat
Il y a 121 jours
Heu excusez-moi mais l'état ne se sentirait il pas un peu responsable ??
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Stefano
Il y a 122 jours
Ca sent le bon scandale sanitaire !!! Des gens entassés a qui on interdit de se faire depister sous peine de perdre leur Job... elle est ou la responsablilite penale de l'employeur ??!!
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