Formation des prix et des margesPas d'amélioration nette sur les prix à la production en 2019

| par | Terre-net Média

Dans son rapport remis tous les ans au Parlement et présenté le 18 juin, l'Observatoire de la formation des prix et des marges ne constate pas d'amélioration radicale sur la situation de la production agricole en 2019. Son président, l'économiste Philippe Chalmin, estime par ailleurs que la loi issue des États généraux de l'alimentation n'a pas eu d'effet sensible, pour l'instant, sur les prix payés aux producteurs.

L'observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires n'a pas constaté d'amélioration réelle sur les prix payés à la production en 2019L'observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires n'a pas constaté d'amélioration réelle sur les prix payés à la production en 2019. (©Pixabay)

« Il n’y a pas eu de modification radicale en 2019 au niveau de la production agricole », estime Philippe Chalmin, président de l’Observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires (OPFM), organisme consultatif créé en 2010 et dépendant des ministères de l’agriculture et de l’économie. Dans son dernier rapport, présenté le 18 juin, l’Observatoire constate une hausse moyenne de 1,8 % des prix à la production par rapport à 2018, mais cette hausse est parallèle à celle du coût des moyens de production qui a augmenté de 1,6 %.

Des améliorations sans lien avec la loi Égalim

Observe-t-on déjà des effets de la loi issue des États généraux de l’alimentation, et donc les textes ont été promulgués début 2019 ? « Non, très franchement non, c’est trop récent », estime Philippe Chalmin. Une réponse légèrement tempérée par le secrétaire général de l’Observatoire, Philippe Pacotte, pour qui « les lois ont peut-être permis, lorsqu’il y a de différences de prix, que la formation des marges se fasse de manière normale, conformément à ce qu’on pouvait attendre ».

Ainsi, si la situation s’est améliorée dans certaines filières, la loi n’y est pas pour grand-chose. C’est notamment le cas pour le porc (+ 21,9 %), qui a bénéficié positivement des conséquences de la peste porcine africaine sévissant en Chine. Les cotations des carcasses E+S ont ainsi atteint 1,65 €/kilo de carcasse, contre 1,36 €/kilo en 2018. En revanche, concernant la viande bovine, la situation reste difficile avec un coût de production réel qui n’est toujours pas couvert par les prix payés aux producteurs, qui ont reculé de - 1,3 %.

Du côté des céréales, les cours à la production du blé dur ont progressé de + 9,7 % en raison de la bonne qualité de la récolte française de 2019, associée à des volumes restreints. Le prix du blé meunier a en revanche reculé (- 0,9 %) en 2019 par rapport à 2018.

Enfin, les producteurs laitiers ont obtenu des prix qui couvraient leurs coûts de production, à l’exception des éleveurs de montagne qui ont vécu une année plus difficile. Philippe Chalmin regrette par ailleurs, de la part de l’industrie laitière, « un manque d’enthousiasme à peu près total quant à participer à nos travaux » et espère cette année encore pouvoir progresser sur le sujet et lever ce qu’il considère comme un « blocage psychologique » des industriels privés comme coopératifs.

La crise Covid « va laisser des traces sur certaines productions »

Philippe Chalmin a également consacré un chapitre préliminaire à un premier bilan de la crise liée au coronavirus et à l’impact du confinement, qui s’est traduit par « un bouleversement incontestable dans les circuits de consommation », avec une forte augmentation de la consommation dans les grandes surfaces (mais une diminution du chiffre d’affaire de - 8 % dans les très grandes surfaces), une explosion du e-commerce et des drives, le recours à ces derniers passant de 6 % à 10 %.

« Les circuits industriels et commerciaux ont su s’adapter pour continuer à assurer l’approvisionnement des populations. Cette crise sanitaire sans précédent a renforcé les efforts de coopération et de dialogue au sein des filières », indique l’Observatoire.

Néanmoins, pour Philippe Chalmin, il faut être conscient que « la crise va laisser des traces sur certaines productions agricoles, pour lesquelles un arrêt total de la demande a pu impliquer des dégâts irréversibles ».


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DÉJÀ 3 RÉACTIONS


lolo
Il y a 144 jours
Le lait ç est plus rentable pour les producteurs, on bosse pour des clopinettes..
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Jonathan
Il y a 166 jours
Je cite l'article :"Enfin, les producteurs laitiers ont obtenu des prix qui couvraient leurs coûts de production" il est fou lui. Dans certaines ferme d'accord, mais ceux qui on des annuités sur le dos certainement pas. Et même le coût de production d'accord....mais le REVENU il est où.....???? Il oubli l'essentiel est ce que ce monsieur travail juste pour mettre du gasoil dans sa voiture ????
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Olmer
Il y a 166 jours
On le savais depuis longtemps. Il faut mettre un bazar de ouf !
Arrêtons de payer les fournisseurs qui vivent grassement sur notre dos.
Tout TRAVAIL MÉRITE SALAIRE
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