Fiche pratiquePartager un salarié sur plusieurs fermes, comment ça marche  ?

| par | Terre-net Média

Qui de mieux placé, pour parler du partage de salariés en agriculture, qu'un groupement d'employeurs ? Surtout lorsqu'il porte aussi la casquette de "service de remplacement" comme Sdaéc-Terralliance. Marie Couillaud, chargée de l'activité et développement dans le Finistère, nous en dit plus sur le fonctionnement, les avantages et exigences à respecter, côté employeurs et salariés.

salaries et partage du travail en elevageAlléger la charge de travail et l'astreinte sans gréver son budget : pourquoi pas partager un salarié avec un autre agriculteur ? (©Terre-net Média) 

Sdaéc-Terralliance connaît bien le partage de salariés en agriculture puisque cet organisme est un groupement d'employeurs, et même deux réunis au sein de la même structure ! Le Sdaéc est spécialisé dans le service de remplacement depuis 40 ans et Terralliance dans le travail à temps partagé depuis presque 15. Les deux entités mettent à disposition 330 salarié(e)s auprès de 6 000 agriculteurs(.rices) adhérent(e)s, dans trois départements bretons : les Côtes-d'Armor, l'Ille-et-Vilaine et le Finistère.

Sdaéc-Terralliance en chiffres
  • 2 groupements d'employeurs : Sdaéc (service de remplacement depuis 40 ans) et Terralliance (travail à temps partagé depuis 2006).
  • 3 départements (22, 35 et 29)
  • 330 salariés (200 pour Sdaéc et 130 pour Terralliance).
  • 6 000 agriculteurs(.rices) adhérent(e)s.
  • 2 500 mises à disposition de salariés pour Terralliance en 2018

Chargée dans ce département de l'activité et du développement de Terralliance (130 salariés, dont 77 % d'hommes et 23 % de femmes), Marie Couillaud insiste :

« Le travail à temps partagé repose sur une relation tripartite entre :

  • le groupement d'employeurs,
  • l'employeur
  • le salarié.

Mais aussi tridimensionnelle :

  • d'emploi entre Terralliance et le salarié reposant sur un contrat de travail,
  • de service entre le groupement et l'agriculteur adhérent via une convention,
  • de travail entre l'exploitant et son employé basée sur une lettre de missions. »

Côté agriculteur : Un appui du groupement d'employeurs

Terralliance, entre autres, réalise :

  • l'analyse des besoins de l'agriculteur,
  • le profil du salarié souhaité,
  • le recrutement (notamment l'entretien d'embauche),
  • la présentation du candidat à l'employeur, en étant transparent sur ses forces et faiblesses.
  • la gestion administrative et sociale de l'employé (paie, formation...),
  • son suivi de l'arrivée au départ de la ferme.

Les bénéfices pour l'exploitant sont multiples :

  • Apport de conseils et d'expertise (notamment les primo-employeurs).
  • Possibilité de se décharger de certaines tâches pour se concentrer sur une ou plusieurs activités.
  • Libération de temps au niveau personnel et professionnel (pour réfléchir sur son système d'exploitation, son organisation du travail, etc., se former, s'engager...).
  • Embauche d'une personne de confiance, formée à l'agriculture (gain de temps, pas d'impact négatif sur les performances technico-économiques, remplacement plus facile si besoin).
  • Main-d'œuvre disponible pour les périodes de forte activité agricole.
  • Rôle de médiation (intervention d'un tiers neutre de Terralliance) en cas de problème.
  • Aide à la réalisation du Duer (document unique d'évaluation des risques). Terralliance dispose d'ailleurs d'un animateur "santé et sécurité au travail".
  • Délégation des missions administratives et de ressources humaines  (recrutement, contrat de travail, période d'essai, fiches de paie, planning de travail, congés, entretiens individuels, fin de contrat), qui sont relativement lourdes pour l'agriculteur employeur. Chez Terralliance, un service RH gère ces différents dossiers.
  • Encadrement juridique du partage de salariés. 

Partager des compétences et des ressources humaines entre exploitants pour assurer la continuité du travail dans les fermes ( charge, ↓ astreinte).

« Les groupements d'employeurs tels que Terralliance apportent leur expérience en matière d'emploi et de ressources humaines. En outre, ils connaissent bien le terrain. Ainsi, ils permettent d'assurer la continuité du travail dans les exploitations des agriculteurs(.trices) adhérent(e)s », met en avant Marie Couillaud.

Témoignage : « C'est très avantageux. Le salarié connaît bien la ferme et on peut partir en vacances l'esprit tranquille. Il suffit de s'arranger avec l'autre agriculteur employeur et en général, cela se passe très bien. »

Antoinette (un salarié 2,5 jours/semaine avec une autre ferme).

Côté salarié : simplicité administrative et aptitudes requises

Travailler en temps partagé, c'est : être employé sur au moins deux exploitations agricoles, le total des missions représentant au maximum un plein temps.

Des aptitudes spécifiques sont nécessaires :

  • Des connaissances et/ou une expérience agricoles pour être à l'aise au sein de plusieurs fermes qui n'ont pas les mêmes cultures/élevages, pratiques, etc. 
  • L'envie d'apprendre afin de se familiariser avec chaque ferme, ses productions, ses méthodes de travail... Ce 2e point prime sur le 1er car des salariés motivés se forment facilement sur le terrain. De plus, les groupements d'employeurs proposent souvent, aux novices, un accompagnement (entretien approfondi et/ou tutorat par exemple pour évaluer les points forts et de vigilance) et/ou des formations qui « rendent le salarié plus efficace donc plus facilement employable », souligne Marie Couillaud. 
  • La motivation car cette manière de travailler est particulière.
  • L'adaptabilité parce qu'on change rapidement d'exploitation, de type d'atelier, d'employeur, de façon de faire, etc.
  • Le permis B puisqu'il faut se déplacer entre les divers lieux de travail (chez Terralliance, la distance entre ces derniers et le domicile du salarié est généralement inférieure à 20 km).
  • Le goût du travail en équipe avec l'employeur, ses autres salariés éventuels et ceux du groupement d'employeurs (alors que les services de remplacement, eux, recherchent plutôt l'autonomie).

Mais administrativement parlant, rien de plus simple : un seul contrat de travail et bulletin de paye, une prise en charge des démarches, un suivi régulier, une médiation avec l'employeur en cas de souci...

Combien ça coûte ?

En général, seul le temps de travail effectif sur l'exploitation est facturé.

À titre d'exemple : 908 € HT/mois, toutes charges comprises (les congés aussi), pour un agriculteur embauchant un ouvrier spécialisé, 2 jours/semaine (soit 10 893 € HT/an).

+ une cotisation (130 €)

+ un droit d'entrée (500 € HT pour une embauche à 100 %, 375 € pour un temps partagé) 

Ainsi, le partage de salariés entre agriculteurs permet d'embaucher à temps partiel, dans un cadre juridique défini, quand :
- on n'a pas les moyens financiers
- et/ou pas suffisamment de travail
pour un poste plein.

N.B : Source : visio-conférence de Sdaéc-Terralliance "Le travail à temps partagé, vous y avez pensé ?" organisée lors de l'édition 2020 du Space, 100 % digitale à cause de la pandémie de Covid-19.

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