Paroles de lecteurs« Du temps libre et du revenu, n'est-ce pas réussir en élevage laitier ? »

| par | Terre-net Média

Le témoignage de Fabrice Charles, éleveur dans les Côtes-d'Armor, paru il y a une quinzaine de jours sur Web-agri, a fait couler de l'encre auprès des lecteurs producteurs de lait. Selon certains en effet, son système présente de nombreux avantages, le principal étant de dégager du revenu en travaillant moins. Pour d'autres, son inconvénient majeur est de ne pas être « transposable partout », notamment dans les zones sensibles à la sécheresse. Quelques-uns en viennent même à opposer bio et conventionnel...

paroles de lecteurs temoignage fabrice charles eleveur dans les cotes d armor « Ce n'est pas le niveau d'étable qui fait l'efficacité économique ! », résume Moty. (©Terre-net Média) 

Gérard : « (...) Je suis en monotraite actuellement, pas toute l'année, mais qu'en automne. La semaine dernière, mes vaches étaient à 10 l de moyenne et le taux cellulaire du lait à 246 000. Avant de passer à ce système, il est important d'avoir un troupeau sain et de sélectionner les animaux qui y sont adaptés. Autrement, le nombres de cellules peut vite déraper. »

rebelle : « (...) Vu l'astreinte de la traite, autant élever des vaches allaitantes que des laitières à 3 000 l ! »

Plusieurs avantages à la monotraite

Tintin : « Des vaches à 3 000 l se remplissent plus facilement grâce à leur bon état corporel. Sinon impossible de fermer la salle de traite deux mois par an ! Et le taureau suffit pour faire 3 000 l/VL/an. Le progrès génétique à 35 € la dose, laissons-le aux autres !! »

steph72 : « Rebelle, les vaches du reportage produisent peut-être 3 000 l mais pas de la flotte ! Les taux butyreux et protéiques du lait sont souvent élevés. »

rebelle : « Aucun problème, je veux bien comparer mes résultats de qualité du lait avec ceux de l'éleveur en question. »

Et surtout un meilleur revenu !

steph72 : « La coop laitière, le fabricant d'aliment, etc. ont mis dans la tête des éleveurs qu'il fallait produire plus pour gagner plus. En réalité, c'est plutôt l'inverse. Ils veulent juste vendre davantage d'aliment, de levures, de cures d'hépatos car la ration est riche en ensilage... Si celle-ci en contenait moins, les vaches produiraient peut-être moins mais elles auraient aussi beaucoup moins de problèmes métaboliques, tels que les acidoses, et de troubles reproducteurs, les frais vétérinaires seraient bien moins élevés et les bêtes vieilliraient mieux. Surtout le coût alimentaire pour l'élevage baisserait suite à la réduction des d'achats d'aliment. D'où plus d'argent dans la poche de l'éleveur... »

tintin : « Tout à fait d'accord avec steph72 ! On se fiche du volume par vache, l'important, c'est le revenu !! Fabrice est pourtant clair dans son témoignage : il diminue la charge de travail et double son revenu !!! Et puis, les vaches allaitantes rapportent moins que le lait !! Les systèmes d'élevage basés sur l'herbe permettent à la Nouvelle-Zélande et à l'Irlande de produire du lait en gagnant de l'argent. En France, il faut déjà trouver une laiterie qui soit d'accord pour ne pas collecter le lait de l'exploitation deux mois par an et d'avoir un pic de production au printemps. C'est sûr que si tous les producteurs pratiquent de la sorte, ça risque de coincer. »

Gérard : « tintin, j'ai adopté ce système et je connais plusieurs laiteries qui acceptent ses contraintes. C'est sympa de te soucier des laiteries mais crois-tu qu'elles se préoccupent du revenu des producteurs laitiers ? »

Le 100 % pâturage « pas transposable partout »...

hub : « 70 VL et la suite sur 53 ha, ça fait rêver ! Par chez moi, c'est plutôt 53 vaches et génisses sur 70 ha si tu veux faire un maximum de stock d'herbe au printemps... Par ailleurs, pour les sceptiques, on peut très bien être en 100 % herbe ailleurs qu'en Bretagne, il faut juste adapter le chargement... »

Gérard : « En effet, on peut produire du lait à l'herbe sans faire n'importe quoi en termes de chargement et d'intrants, et en ayant réalisé la mise aux normes de son élevage. Les exemples ne manquent pas... »

Patrice Brachet : « (...) Parfait si le pâturage toute l'année fonctionne mais ce n'est pas transposable partout. (...) »

bzhgrassland : « Chez lui, c'est facile alors que chez moi, ce n'est pas possible et bla bla bla et bla bla bli... »

... En raison notamment de la sécheresse

steph72 : « bzhgrassland n'a sans doute jamais connu la sécheresse ! Faudrait qu'il change de région pour voir un peu !! »

hub : « steph72, tout le monde a été impacté par la sécheresse ! Même les Bretons ont eu moins d'herbe et quand tu vois leurs chargements, la situation a dû être tendue aussi pour eux, même si elle l'a été bien davantage dans certaines régions qui ont vraiment "morflé". (...) »

steph72 : « On a quand même eu 40°C pendant plusieurs jours cet été : le maïs ensilage a cramé, les prairies sur des terres superficielles ont été entièrement grillées et ont eu du mal à repartir. Sur notre secteur, la sécheresse 2019 a été pire que celle de l'année d'avant : très peu d'eau en juillet et en août, elle n'est arrivée qu'à la fin du mois ! (...) »

« L'autonomie alimentaire, le nerf de la guerre »...

Massol : « Ce qu’il faut voir dans ce reportage, c’est principalement la maîtrise des charges opérationnelles, de mécanisation notamment. L’autonomie alimentaire est le nerf de la guerre, en bio comme en conventionnel ! L'année où l'efficacité économique a été la meilleure dans notre élevage est celle où nous n’avons rien acheté faute de moyen. (...) »

Solar farmer : « Un bon indice : le produit lait sur la marge brute en pourcentage. Ce ratio donne une bonne idée de l’autonomie d'un système d'élevage. Je suis passé à un maximum de pâturage en conventionnel, avec une baisse drastique des achats extérieurs (et aussi au passage de la production de lait par vache), et le produit sur marge brute est de 70 %. Je ne fais pas fortune mais je ne suis plus une vache à lait pour mes fournisseurs et j'ai le sentiment de respecter l’environnement ! »

... En bio comme en conventionnel ?

rebelle : « Le but de ce genre de reportage est de discréditer l'agriculture conventionnelle pour avoir le plus possible de conversions bio, ce qui risque de faire baisser le prix du lait bio, c'est tout de même ballot ! Les agriculteurs conventionnels bossent deux fois plus pour gagner deux fois moins, avec la bénédiction de tout l'agroalimentaire et des distributeurs qui s'en mettent plein les poches !! Et des chambres d'agriculture et cie qui ont trouvé là un nouveau business pour occuper leurs techniciens en attendant la prochaine mode !!! »

Chris : « Allez les gars, tous en bio !! Il y aura moitié moins de production, mais aussi moitié moins d'usines de transformation ! Bref, un beau plan de licenciement en vue !!! »

Massol : « rebelle, ce système marche aussi en conventionnel, il faut juste vérifier le volume contractualisé avec la laiterie et voir combien coûterait la pénalité pour ne pas l’avoir produit. »

Sur l'éternelle opposition bio/conventionnel, retrouvez le Paroles de lecteurs :
Faire du bio ou non : le choix appartient aux producteurs !

tintin : « rebelle, le but de ce reportage est plutôt de te démontrer que chercher davantage d'autonomie et réduire les charges sont souvent bénéfiques, sinon tu gaves tes fournisseurs et il ne te reste pas grand-chose à la fin. L'éternel débat conventionnel/bio n'a pas sa place ici ! Ces deux modes de production peuvent coexister sans s'opposer et de toute façon, chacun fait comme il veut !! (...) »

hautot nicolas : « Le point commun des producteurs de lait bio quand on discute avec eux : un coût alimentaire bas et un prix du lait élevé en travaillant moins. Mais ils ont souvent de gros problèmes de reproduction et de cellules... »

Tintin : « Nicolas, je peux te rassurer au sujet de l'élevage laitier bio. Il est possible de ne pas avoir beaucoup de cellules car on utilise moins d'antibiotiques qu'en conventionnel. Il suffit juste d'être plus attentif et d'avoir recours à l'homéopathie pour les petits soucis sanitaires. »

En conclusion, « bravo à ce couple d'éleveurs heureux ! »

Patrice Brachet : « Chers collègues, bio ou conventionnels, ce qui compte c'est d'acheter le moins possible d'intrants possible. Je pense que personne n'avait prévu que les systèmes d'élevage autonomes feraient des émules : même si tout le monde préconise l'autonomie fourragère, alimentaire, etc., peu y croient réellement... (...) » 

PàgraT : « (...) C'est sûr que la recherche d'autonomie va bousculer tous ceux qui vivent bien à nos dépens ! En résumé, bravo, fallait oser !! Le revenu, il n'y a que ça qui compte !!! Nos concitoyens sont tellement capricieux aujourd'hui que se battre pour la souveraineté alimentaire paraît dérisoire... »

Moty : « Merci en effet pour ce sympathique reportage et félicitation à ce couple heureux !! Qui en plus, en termes d'emploi, est très bien placé. Comme quoi 2 UMO pour 155 000 l de lait en bio ou 200 000 l en conventionnel, c'est encore possible ! Comme quoi aussi, ce n'est pas le niveau d'étable qui fait l'efficacité économique !! Si avoir du revenu et du temps libre, ce n'est pas réussir en élevage laitier, qu'est-ce qu'il faut alors ?? »


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