Paroles de lecteursRobot de traite : pour vous, le changement, c'est pas maintenant  !

| par | Terre-net Média

Coûteux, d'une durée de vie trop courte, avec des vaches qui ne s'y rendent pas forcément d'elles-mêmes... pour les lecteurs de Web-agri, investir dans un robot de traite n'est pas automatique ! Même si certains reconnaissent que cela peut permettre de prendre des week-ends et des vacances, et d'éviter les contraintes physiques de la traite.

paroles de lecteurs web agri robot de traite Contrairement au robot, « produire du lait dans des salles de traite fonctionnelles permet de maîtriser ses charges en contrôlant ses investissements, le volume produit et donc la charge de travail », avance débutant. (©Terre-net Média)

« Il faudrait arrêter de comparer le prix d’une salle de traite avec celui d'un robot, estime Massol. Une salle de traite dure au moins 30 ans contre 10 pour un robot. »

JB est du même avis : « Tout à fait ! Je rajouterais même que des salles de traite d’occasion, il y en a des centaines à prix cassé ! Bien sûr ça n’arrange pas les vendeurs de matos... »

Poly témoigne : « À mon installation, j'ai demandé une salle de traite d'occasion à mon fournisseur. Sa réponse : aucun problème, je ferai deux clients heureux. Huit ans après, elle est finie de payer, avec quasi 0 entretien. »

Deux clients heureux avec une salle de traite d'occasion.

Aucune longévité

débutant insiste : « Produire du lait dans des installations fonctionnelles en maîtrisant ses charges permet de contrôler ses investissements mais aussi le volume produit donc la charge de travail en élevage. Le piège du robot de traite conduit à une fuite en avant car ce matériel n'a aucune longévité. En plus, la majorité des exploitations par chez nous s'orientent vers le hors sol afin de rembourser cet achat. »

Marre de refaire la stabu tous les 10 ans...

stan reprend de plus belle : « À mon sens, les grands troupeaux laitiers vont en avoir marre de refaire leurs stabulations tous les 10 ans ! Si la taille des cheptels augmente si vite, c'est que de nombreux éleveurs arrêtent leur activité, faute de rentabilité car la technologie évolue très vite. (...) »

Retrouvez un autre Paroles de lecteurs sur les robots de traiteUn robot de traite vaut-il le coût (de l'investissement) ? En 2017 déjà, les lecteurs de Web-agri étaient partagés sur la question.

Diminuer plutôt la production laitière

Traire 100 VL/UTH, c'est de l'esclavage !

Maec propose plutôt de « réduire la production laitière pour ne pas recréer de nouvelles annuités et pour ne pas être tenu par les marchands de rêves ».

Moty est d'accord avec Maec : « Effectivement, diminuer le volume de lait produit et/ou le nombre de VL me paraît une bonne alternative. Cela peut permettre de baisser les charges de l'élevage et donc d'avoir du revenu avec moins de travail ! (...) Traire 100 VL/UTH : pour moi, c'est de l'esclavage !! »

titian rejoint Moty (et donc Maec) : « + 1 Moty. Dans la marine à voile, avec un équipage en effectif réduit et par gros temps, il n'est pas du tout imbécile de réduire la voilure. Libre à chacun de faire des choix. Par contre, écarter ou omettre des options possibles est idiot voire malhonnête... »

Se diversifier ?

Nicolas Hautot acquiesce : « C'est sûr que restreindre sa production est une solution pour se soulager au niveau boulot. » Tout en nuançant : « Dans mon coin, ceux qui n'ont pas fait le choix d'augmenter la production laitière se diversifient pour améliorer leur revenu en cultivant du lin, des pommes de terre, ou en transformant leur lait. Et ils courent après la main-d'œuvre ! Impossible malheureusement de se faire aider par un robot... »

Avantage du robot : les week-ends et les vacances.

Jp, quant à lui, reconnaît un avantage du robot de traite, pratique pour « avoir des week-ends tranquilles et prendre quelques jours de vacances ». « On y a bien droit et on le mérite ! », ajoute-t-il.

Voir arrêter le lait...

Pipo1er se montre plus radical : « Si on arrête tous, plus d'annuité pour être esclave des vaches et se faire emm... par les vendeurs de rêves ! Mais il est sans doute plus facile de continuer et voir où on ira que de prendre des décisions lourdes de conséquences... »

Ne plus être esclave des vaches !

Moty est plus optimiste : « Je suis désolé, je ne comprends pas le message de Pipo1er. Je suis en production laitière depuis 25 ans, dont 15 ans avec un petit élevage en couple. Ça fonctionne bien, nous sommes heureux et pas débordés par le travail. Je ne vois pas pourquoi j'arrêterais ! Par contre, ici en Bretagne, quand j'observe autour de moi, il y a encore des excités de l'agrandissement de troupeau, même si ça se tasse. Je remarque que certains ont des vies de fous au niveau professionnel et que d'autres sont en difficultés : financières, sociales, familiales,  physiques...

Voir le témoignage chez un éleveur partisan, lui, du robot de traite : Un robot de traite pour le bien-être des vaches mais aussi de l'éleveur

Qu'en pensent les lecteurs sur les réseaux sociaux ?

Et sur Facebook, les commentaires sont plutôt en faveur de la salle de traite :

post facebook paroles de lecteurs web agri robot de traite (©Page Facebook de Web-agri) 

Sur Twitter en revanche, @CedricGarnier68 met en avant les atouts de robot :

Et du passage du pipeline au robot au Gaec du Bois des saules ?

paroles de lecteurs web agri passage de la traite au pipeline à celle au robot « Le vendeur de robots de traite s’assure son avenir mais pas forcément celui des éleveurs », fait remarquer Rêveur. (©Terre-net Média) 

Fink pense « qu'au niveau charges et conditions de travail dans l'élevage, ça va être un grand changement ». Comme en termes « de remboursements » ! « Au fait, quid des prélèvements privés ? », se demande-t-il craignant « que ça tienne dans le temps... »

Gagnants au niveau pénibilité, mais en autonomie financière...

Fabien 53 est également dubitatif : « Très beau projet sur le papier. Le père de l'éleveur aura certainement gagné de l'argent. Pour le fils, on en reparlera. La salle de traite aura fonctionné pendant 34 ans. Lui, il lui faudra au moins deux robots pour sa carrière ! Lely pourra le remercier !! Concernant le système, la race normande valorise très bien l'herbe. Alors pourquoi laisser les vaches en bâtiment toute l'année ? Je pense que s'il veut transformer son lait un jour, il devra revoir sa copie... »

Que robotiser, la traite ou l'alimentation ? Les bons critères pour se décider.

Plutôt dubitatifs

Un très beau projet... sur le papier.

Rêveur poursuit : « Sur le papier, c'est toujours un beau projet. En réalité, le vendeur de robots de traite s’assure son avenir mais pas forcément celui des éleveurs. Il faudra un jour comprendre que ce n'est pas en intensifiant un maximum que l'on gagne mieux sa vie. Après c'est sûr, on a beaucoup de "copains" dans l'agrofourniture qu'on fait vivre quand, nous, on se serre la ceinture d'un cran encore ! Même dans la famille et parmi les amis, on est bien considérés parce qu'on a la robotique et qu'on a su prendre le tournant. Tant pis si on ne peut plus vivre... »

Mais la satisfaction d'évoluer !

Pour grrr, « (...) Ce qui compte aussi, c'est d'évoluer et la satisfaction pérenne qu'on en retire. »

Retour à la salle de traite, prônée en début d'article

steph72 juge que les éleveurs « passent d'un seul coup du tout ancien au tout moderne » ! Il met en garde : « C'est sûr que les producteurs vont gagner en pénibilité mais ils perdront aussi en autonomie financière. Ils auraient mieux fait d'investir dans une bonne salle de traite d'occasion, beaucoup moins coûteuse !! »

D'un seul coup, du tout ancien au tout moderne ?

Maec se réjouit « qu'une ferme laitière soit préservée dans ce secteur car la patate et le lin font beaucoup de mal à l'élevage ». Il doute néanmoins du bénéfice réel sur les conditions de travail : « Aller chercher les vaches va prendre du temps ou alors il faudra augmenter la quantité de concentré pour les inciter à se rendre seules au robot. »

Selon Moty, « la laiterie pousse à produire plus et donc à s'endetter ». « Effectivement, une salle de traite 2 x 5 serait déjà un gros plus et peut-être même suffisant pour améliorer les conditions de travail sans pénaliser le revenu », conclut-il.


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DÉJÀ 4 RÉACTIONS


rv29
Il y a 107 jours
Ça c'est de l'article de journaliste ?
on dirait les ragots de comptoir, il est vrai qu'ils viennent de ré-ouvrir...
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debutant
Il y a 111 jours
ils vont les payer comment les robos les jeunes car c est bien le soucis numero UN ? des prix ne couvrant toujours pas les couts de production une pac qui baisse etc moi je vois ce qui se passe autour de chez nous les retraites continuent de travailler pour payer .Du confort pour les jeunes le bagne pour les anciens un peu de logique
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jeje50
Il y a 112 jours
Au moins 50% de paturage dans la ration , sorti jour et nuit, merci
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jeje50
Il y a 112 jours
Apres c est un choix, les robots gagnent en fiabilite, les lycees agricole s'equipent de plus en plus, les jeunes ne voudront plus descendre dans une fosse,
La redaction , pouvez vous trouvez des eleveurs en robot avec paturage , pour changer un peu les avis.
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